LIVRE QUATRIÈME
Il peint alors les trahisons qui ont mis le pays en feu; il peint la Vendée triomphante; Toulon, Valenciennes et le Quesnoy livrés a l'ennemi ; l'étranger maître de nos banques et de notre industrie; nos vaisseaux incendiés; nos monnaies avilies; et il continue en ces termes :
« Vous maîtrisâtes la fortune et la victoire, et vous déployâtes enfin contre les ennemis de la liberté l'énergie qu'ils avaient déployée contre vous ; car, tandis qu'on vous suggérait des scrupules de défendre la patrie, Précy, Charette et tous les conjurés brûlaient la cervelle à ceux qui n'étaient pas de leur avis et refusaient de suivre leurs rassemblements, et ceux qui cherchent à nous énerver ne font rien et ne proposent rien pour énerver nos ennemis. On croirait, à les entendre, que l'Europe est tranquille et ne fait point de levées contre nous. On croirait, à les entendre, que les frontières sont paisibles comme nos places publiques... On croirait que chacun, épouvanté de sa conscience et de l'inflexibilité des lois, s'est dit à lui-même : Nous ne sommes pas assez vertueux pour être si terribles ; législateurs philosophes, compatissez à ma faiblesse ; je n'ose point vous dire : Je suis vicieux ; j'aime mieux vous dire : Vous êtes cruels.
» Ce n'est point avec ces maximes que vous acquerrez de la stabilité. Je vous ai dit qu'à la détention de l'aristocratie le système de la République était lié. En effet, la force des choses nous conduit peut-être à des résultats auxquels nous n'avons point encore pensé. L'opulence est dans les mains d'un assez grand nombre d'ennemis. Concevez-vous qu'un empire puisse exister si les rapports civils aboutissent à ceux qui sont contraires à la