LIVRE QUATRIÈME
système des Girondins. « Marquons à l'avance une place aux traîtres, s'était écrié Guadet, et que cette place soit l'échafaud (1) ! » Elles sont d'Isnard ces paroles passionnées :
« Nous ne punissons pas les chefs des rebelles, et nous avons détruit la noblesse !... Il est temps, il est temps que le grand niveau de l'égalité, placé sur la France libre, prenne son aplomb. La colère du peuple, comme celle de Dieu, n'est trop souvent que le supplément terrible du silence des lois... Je vous dirai que, si nous voulons vivre libres, il faut que la loi gouverne, que sa voix foudroyante retentisse et qu'elle ne distingue ni rangs, ni titres, aussi inexorable que la mort quand elle tombe sur sa proie. On vous a dit que l'indulgence est le devoir de la force... et moi je dis que la nation doit veiller sans cesse, parce que le despotisme et l'aristocratie n'ont ni mort ni sommeil, et que si les nations s'endorment un instant, elles se réveillent enchaînées; et moi je soutiens que le moins pardonnable des crimes est celui qui a pour but de ramener l'homme à l'esclavage, et que, si le feu du ciel était au pouvoir des hommes, il faudrait en frapper ceux qui attentent à la liberté des peuples (2). »
Est-ce Isnard ou Saint-Just qui parle ainsi? Et cette loi, votée sur les inspirations des Girondins, quelle était-elle?
« Les Français rassemblés au delà des frontières du
(1) Voyez le Moniteur du 15 janvier 1792, n° 15, séance du 13.
(2) Voyez le Moniteur du 2 novembre 1791, n° 30G, séance du 31 octobre.