‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 229 sur 351 · II. 1o · texte numérisé non relu

II. 1o

vrer Robespierre comme un pantin Cela est tout à fait inadmissible. On a beau dire : « Saint-Just ne céda jamais, » son discours du 9 thermidor est là pour attester que, plus que Robespierre, il était disposé à des concessions.

Sans doute, Robespierre « se leva comme un furieux » le jour où, pour la première fois, Billaud dénonça Danton au Comité; niais quand il lui parut que Danton abandonnait la bonne voie et qu'il pouvait servir d'avant-garde à la contre-révolution, il n'hésita pas à le sacrifier ; et une fois décidé à ce sacrifice, il y mit une sorte d'acharnement, il faut le dire. Ne fut-ce pas lui qui, si habilement, disposa l'Assemblée à accueillir avec faveur le rapport de Saint-Just? Et ce rapport n"élait-il pas basé sur des notes de Robespierre ? Si calomnie il y a dans les accusations dont Saint- Just se fit l'écho, la responsabilité en doit bien plus peser sur Robespierre que sur lui. qui dut croire de bonne foi à toutes les assertions de celui que, dans une lettre fameuse, il avait appelé un dieu.

Maintenant, que le lecteur compare le projet, ou, si l'on aime mieux, les notes de Robespierre avec le discours de Saint-Just : il verra que toutes les accusations contenues dans le rapport émanent de Robespierre, que Saint-Just en a même négligé quelques-unes comme insoutenables, et qu'enfin il n'y a vraiment de lui que les considérations générales qui forment comme le cadre de ces notes. En conséquence, est-il permis de dire, en parlant du projet de Robespierre : « La pièce n'est, à proprement parler, qu'un recueil de souvenirs personnels que Saint-Jnst, qui s'était ehnrgé du rapport, demanda à Robespierre de lui fournir. (Histoire de la Révolution française, par M. Louis Blanc, t. X, p 355.) Avouons plutôt, nous qui regrettons la mort de Danton comme impolitique, que Robespierre et Saint-Just se sont trompés, le jour où ils ont consenti aie sacrifier, et ne cherchons pas à décharger l'un au détriment de l'autre de la responsabilité d'un acte dans lequel ils ont également trempé.

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