‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 234 sur 351 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

des hébertistes et de celui des dantonistes. Le Comité de Salut public ne se méprit point sur la joie que la mort de tant de républicains avait causée aux contre-révolutionnaires. Aussi, voyant la réaction en tirer de coupables espérances et s'agiter de toutes parts, jugea-t-il à propos de faire rendre contre elle de redoutables mesures. Comme dans les grandes occasions où la question politique était en jeu, ce fut Saint-Jusl qui, le 26 germinal, fut l'organe du Comité; et en quels termes magnifiques et solennels, on va en juger.

« Il ne suffit pas, citoyens, dit-il en commençant, d'avoir détruit les factions ; il faut encore réparer le mal qu'elles ont fait à la patrie. Comme elles voulaient relever la monarchie, elles avaient besoin de faire haïr la République et de rendre les citoyens très-malheureux pour les préparer au changement. »

Il présente alors, à larges traits, le tableau de toutes les misères subies par le peuple français depuis le ministère de Necker, et en décrit admirablement les causes. L'agiotage, les accaparements, les abus auxquels a donné lieu le mode de payement des biens nationaux, tout cela est flétri avec justice.

« Cependant, poursuit-il, il faut assurer tous les droits, tranquilliser les acquisitions ; il faut même innover le moins possible dans le régime des annuités pour empêcher de nouvelles craintes, de nouveaux troubles; il faut réparer les crimes des factions, mais il faut le faire avec sagesse et bonté. »

11 dépeint les ennemis de la Révolution portant toutes

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