‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 243 sur 351 · II · texte numérisé non relu

II

du Comité de Salut public? Saint-Just a-t-il fait usage de la note dont il s'agit? Ce qui porterait à admettre le contraire, c'est qu'elle était encore, au 9 thermidor, dans les papiers qui furent saisis à son domicile, et que le rapport sur la conspiration du baron de Batz et de l'étranger, où furent enveloppés madame de Sainte- Amaranthe et ses enfants, fut rédigé et présenté à la Convention, non par Saint-Just, mais par Élie Lacoste, un des vainqueurs du 9 thermidor.

» Prétendra-t-on que Saint-Just se cachait derrière le rapporteur? Mais une pareille lâcheté n'était pas dans le caractère de celui qui, six semaines auparavant, dans son rapport du 11 germinal contre les dantonistes, n'avait pas craint de reprocher au chef de ce parti ses dîners avec l'infâme Sainte-Amaranthe, le fils de Sartines et Lacroix.

» Pour ma part, monsieur, je ne puis me persuader que les faits sur lesquels reposait l'accusation d'Élie Lacoste étaient entièrement dénués de fondement, quand je songe que les conclusions du rapport de ce conventionnel furent approuvées par l'Assemblée, quand je me rappelle le rôle que de Batz, le principal accusé, a joué dans cette circonstance, et pendant toute la durée de la République, et quand, enfin, je vois que, sous la Restauration, sans jamais avoir été militaire, il obtint le grade de maréchal de camp et fut chargé, en cette qualité, de commander le département du Cantal. Entièrement dévoué a la cause royaliste, Batz déploya une activité infatigable pour la faire triompher. Tous les moyens, tous les agents lui étaient bons, et un lieu de plaisir, comme la maison de madame de Sainte-Amaranthe, était pour lui et pour ses complices le quartier général le plus commode, puisqu'ils pouvaient s'y voir et s'y concerter sans trop craindre d'exciter les soupçons du gouvernement. Il

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