‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 249 sur 351 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Si l'atrocité mise, dans ces Mémoires, à la charge du duc d'Orléans, est invraisemblable, celle attribuée à Saint-Just l'est mille fois plus encore; là" fausseté peut en être démontrée mathématiquement. Dans ce libelle, il n'est presque point question de Saint-Just; un seul passage lui est consacré, et son nom ne figurait certainement pas dans les pièces envoyées par Senar à Cambon. Cependant on ne pouvait laisser debout cette réputation d'honnêteté encore intacte; une note de police, relative à madame de Sainte-Amaranthe, et trouvée, après la mort de Saint-Just, dans ses papiers, fournit, à coup sûr, l'idée de la calomnie infâme à l'aide de laquelle on se flattait de ternir sa mémoire. Voici cette dénonciation anonyme, et non point de la main de Saint-Just, comme l'avance mensongèrement M. Éd. Fleury :

« La citoyenne veuve Amaranthe demeure à Paris, rue Vivienne, n° 7. 11 y a longtemps qu'elle n'y est venue. Elle demeure maintenant à une campagne, à S..., près de B..., route de Maisons. 11 est certain qu'il s'y fait un rassemblement, soit pour le jeu ou toute autre chose. J'observe qu'il n'est pas besoin de passe-port pour se rendre chez elle, et que cela facilite soit les joueurs, soit les conspirateurs qui s'y rendent journellement.

» Sart... fils, pour n'être point soupçonné, demeure rue Caumartin, chez Bourlier, et c'est là qu'on suppose qu'il voit les différentes personnes qui vont journellement chez la citoyenne Amaranthe, sa belle-mère, et qui les instruit de tout ce qui se passe (1). »

Les membres des Comités de Salut public et de Sûreté

(1) Voyez Papiers trouvés chez Robespierre , Saint-Just, Payan et autres, collection Baudoin.

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