‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 252 sur 351 · LIVRE CINQUIÈME 22o · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME 22o

intrigante sur le retour; l'accusation tombe par son absurdité même.

C'est ce qu'a parfaitement compris M. Edouard Fleury : aussi, pour réparer la maladresse de Senar ou plutôt celle de Dumesnil, auteur de Y Esprit des religions, a-t-il essayé de faire prendre le change aux lecteurs et mis la fille à la place de la mère, madame de Sartines au lieu de madame de Sainte-Amaranthe.

Si M. Edouard Fleury procède quelquefois du père Loriquet, comme, par exemple, lorsqu'il se demande si les gentilshommes français qui combattaient dans les rangs des Prussiens et des Autrichiens étaient bien l'ennemi (4), il procède ici de Basile. Lisez plutôt, je ne voudrais pas priver mes lecteurs des grâces de ce style prime-sautier et galant : « Saint-Just livrera aux baisers de ta guillotine la jeune madame de Sartines, qui a repoussé son amour. » Et plus loin : « Saint-Just aime mademoiselle de Sainte- Amaranthe, se voit repoussé et jure de se venger {%. » Nous voilà loin des Mémoires de Senar. Que dire d'une pareille impudence? Je laisse au lecteur le soin de la flétrir, ne trouvant pas de flagellation assez forte.

Ah! grand calomnié que je défends aujourd'hui avec la conscience d'un homme de bien, si la justice n'est pas un vain mot sur la terre, tu seras vengé de ces calomnies par le mépris déversé sur les calomniateurs, et

(1) Voyez Saint-Just et la Terreur, t. II, p. U. M. Éd. Fleury, qui a reproché à Saint-Just quelques fautes d'orthographe échappées à la plume dans la rapidité de l'exécution, écrit : « des genlilhommes, » t. II, p. 14; et, plus loin, p. 271, en parlant des thermidoriens : « avant qu'ils n'eussent, » etc., etc.

(2) Voyez Saint-Just et la Terreur, par M. Éd. Fleury, t. II, p. 9 et 22G.

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