‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 253 sur 351 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Retour à l'armée du Nord. — Jaint-Just el Bonaparte. — Les lettres de le Bas. — Prise de Landrecies. — Premières mesures des commissaires. — Désorganisation de l'armée. — Arrêtés sévères de Saint-Jusl et de le Bas. — La discipline est rétablie. — Lettre de Carnot. — Combat sur la Sambre. — Échec et succès. — Lettre au Comité de Salut public. — Le représentant Levasseur (de la Sarlhe). — Combats des 2 et 3 prairial.— Nos troupes repassent la Sambre. — Décret de la Convention. — Inquiétudes du Comité de Salut public. — Retour de le Bas. — Apparition de Saint-Just à Paris.

Retournons à l'armée du Nord, où, dans les derniers jours d'avril, le Comité de Salut public crut devoir envoyer de nouveau Saint-Just et le Ras pour rétablir la discipline altérée, écraser la trahison sans cesse renaissante et forcer les troupes républicaines à la victoire. Aussi bien ces grandes missions, qui suffiraient à immortaliser ceux qui les ont remplies, servent-elles à prouver notre ingratitude envers ces hommes tant décriés. Ah!

s'ils n'ont pu nous léguer celte république digne, libre et forte que la fureur des partis ne leur a pas permis de fonder, ils nous ont du moins conservé une patrie intacte et glorieuse.

De toutes nos frontières, la plus importante, la plus vulnérable et la plus menacée était certainement celle du Nord. En donnant à Saint-Just des pouvoirs illimités sur l'armée chargée de défendre cette partie du territoire, les membres du Comité de Salut public témoignaient de la haute idée qu'ils avaient de leur collègue. Que si plus tard, dans son lâche et mensonger rapport, le représentant Courtois traite d'écolier le héros de Charleroi et de Fleurus, il ne faut voir dans cette niaise injure que la boutade d'un envieux se vengeant après coup d'une influence qui lui avait longtemps pesé. C'était le coup de pied de l'âne.

Saint-Just avait près de 27 ans lorsqu'il accomplit sa seconde mission dans le Nord, l'âge de Bonaparte courant à la conquête de l'Italie, et, certes, le génie de l'un ne le cédait pas à celui de l'autre. Si celui-ci avait une spécialité militaire plus accentuée et plus étendue, celui-là s'entendait autrement aux institutions civiles et aux rapports sociaux qui doivent exister entre les hommes. Le second réorganisa merveilleusement le monde ancien, à l'aide de quelques-uns des principes révolutionnaires ; le premier eût résolument constitué le monde nouveau sur les bases de l'égalité, de la morale et de la justice.

Au reste, Carnot, qui n'a pas laissé la mémoire d'un flatteur et d'un courtisan, et dont l'opinion fait autorité en pareille matière, appréciait alors hautement Saint- Just; toute sa correspondance avec son jeune collègue en fait foi.

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