II
De plus, l'entrée des camps fut sévèrement interdite aux femmes, et les officiers qui donnaient aux soldats l'exemple d'une vie licencieuse en introduisant leurs maîtresses dans leurs tentes, furent obligés de revenir à des mœurs plus rigides et plus pures. Pour donner plus de force à ces arrêtés, et prévenir les conséquences désastreuses de la débauche, Saint-Just et le Bas décrétèrent des peines assez rigoureuses contre les hommes atteints de maladies vénériennes. Les soldats et les officiers furent donc obligés, sous peine de mort, de renvoyer sur-le-champ les femmes de mauvaise vie qu'ils menaient avec eux, et un soldat de la 36e division de gendarmerie ayant gardé sa maîtresse, malgré l'arrêté des représentants, la commission militaire le fit fusiller.
Mais il ne suflisaitpas de rétablir la discipline, il fallait encore délivrer l'armée du brigandage des fournisseurs, et empêcher les traîtres de se faufiler parmi les troupes ; en conséquence, le 15 floréal, les commissaires généraux arrêtèrent que « les agents ou partisans de l'ennemi qui pouvaient se trouver soit dans l'armée du Nord, soit dans les environs de cette armée, et les agents prévaricateurs des diverses administrations militaires, seraient fusillés en présence de l'armée. » Le tribunal militaire séant à Réunion-sur-Oise fut érigé en commission spéciale et révolutionnaire et, pour juger dans les cas ci-dessus mentionnés, dispensé de la formalité du jury et des autres formes de la procédure ordinaire.
Ces mesures ne tardèrent pas à produire d'excellents résultats. Elles étaient, d'ailleurs, parfaitementconformes aux instructions que presque chaque jour les commissaires recevaient de leurs collègues.