‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 260 sur 351 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

« Nous ne douions pas, leur écrivait Carnot à la date du 15 floréal, que la perte de Landrecies ne soit l'effet de la trahison ou de l'ignorance, au moins, de plusieurs des chefs. Nous vous invitons à prendre, à ce sujet, des renseignements exacts, et à les remplacer le plus promptement possible par des hommes dignes de votre confiance. Hâtez-vous de remettre l'ordre dans cette partie de l'armée du Nord, dont vous vous plaignez avec tant de raison. Il faut que la désorganisation ait été bien grande pour n'avoir pu exécuter une opération qui paraît aussi facile que l'était la levée du siège de Landrecies... Ce qu'il faut faire, c'est de rétablir l'ordre dans l'armée ; d'empêcher toujours le passage de la Sambre depuis Beaumont jusqu'à Landrecies; de presser l'ennemi sur son flanc gauche pour empêcher qu'il ne puisse se porter du côté de la Capelle, et assurer vos commucations qui sont, en ce moment, de la plus haute importance ; couvrir Cambrai, pousser l'ennemi, s'il est possible, comme vous le proposez, jusque sous les murs de Valenciennes, et marcher sur Bavay... Comment parviendrez-vous au quartier général de l'armée ennemie si vous n'enlevez d'abord les postes avancés? Commencez donc par ceux-ci ; mettez les Autrichiens en déroute, et poussez-les ensuite aussi loin que vous pourrez aller. 11 est certain que ce n'est pas à nous d'attendre l'ennemi, que c'est à nous de l'attaquer sans cesse; mais il faut que vos opérations soient fortement secondées par celles qui sont entamées dans la Flandre maritime et celles qui doivent s'exécuter par l'armée des Ardennes. Celleci est trop faible et à peine en état de rester sur la défensive. Il faut que Pichegru tâche de la renforcer. Nous croyons qu'il le peut avec les forces immenses qui sont à sa disposition. Conférez-en avec lui ; prévenez-le que

nous avons donné l'ordre à Jourdan de marcher sur Namur avec toutes ses forces disponibles... La prise de Landrecies n'est qu'un échec qui sera bientôt réparé par l'impétuosité des troupes républicaines réorganisées et encouragées par vous. Nous ne croyons pas vous flatter en comptant sur les succès les plus certains et les plus prompts. »

Saint-Just et le Bas, impatients de justifier la confiance de leurs collègues et d'obtenir des résultats décisifs, résolurent de hâter le passage de la Sambre parles divisions de la droite de l'armée du Nord et celles de la gauche de l'armée des Ardennes, à la tête desquelles étaient les généraux Charbonnier, Desjardins, Schérer, Kléber et Marceau. Franchir la Sambre pour bloquer ensuite Namur et se porter sur Mons, tel était le plan du Comité de Salut public dont les commissaires extraordinaires poursuivaient l'exécution.

« Toutes les troupes sont rassemblées, mandaient-ils à Carnot le 20 floréal ; l'attaque aura lieu demain, a deux heures du matin. Nous allons délibérer sur le mouvement que pourraient faire les troupes du camp retranché pendant demain et après pour faire diversion. Nous vous envoyons copie de la lettre que nous écrivons à Pichegru. »

Dans cette lettre, ils informaient Pichegru de l'attaque décidée pour le lendemain et l'invitaient à les prévenir des mouvements qu'il ordonnerait à l'aile gauche de l'armée.

Le 21 floréal (10 mai), tandis que, sous les ordres de Souham et de Moreau, les divisions de la gauche refou-^

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