‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 271 sur 351 · II · texte numérisé non relu

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pour tout délit contre la République, ne prononçant qu'une seule peine, la mort. Évidemment dirigée contre les quelques membres corrompus dont Robespierre eût voulu purger la Convention, elle fut vivement combattue par eux et passa malgré leur opposition. Rédigée, dit-on, à l'improviste, pour ainsi dire, par le président du Tribunal révolutionnaire, Dumas, et présentée par Couthon, au nom des Comités de Salut public et de Sûreté générale, elle fut résolument soutenue par Robespierre. Mais avait-elle été conçue, comme ose l'affirmer Rarère dans ses Mémoires, en dehors de toute participation des autres membres présents des deux Comités? 11 n'y a qu'à ouvrir le Moniteur pour se convaincre du contraire. « J'en demandai en vain l'ajournement (1), » a écrit Rarère, et nous lisons au Moniteur :

« Ruamps. Ce décret est important; j'en demande l'impression et l'ajournement. S'il était adopté sans l'ajournement, je me brûlerais la cervelle.

» Lecointre (de Versailles). J'appuie l'ajournement indéfini que l'on demande.

» Rarère. Ce n'est pas, sans doute, un ajournement indéfini que l'on demande?

» Quelques voix. Non, non !

» Rarère. Lorsqu'on propose une loi toute en faveur des patriotes et qui assure la punition prompte des conspirateurs, les législateurs ne peuvent avoir qu'un vœu unanime. Je demande qu'au moins l'ajournement ne passe pas trois jours. »

Le 23 prairial, Merlin (de Douai) ayant proposé la

(1) Mémoires de Barère, t. II, p. 202.

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