LIVRE CINQUIÈME
meux par la valeur française. Nous vous adressons les détails delà victoire. L'ennemi avait ramassé toutes ses forces; il est en déroute, après douze heures d'efforts et de combats ; on le poursuit (1).
La Belgique ouverte de toutes parts ; Maubeuge dégagé; les Autrichiens en fuite; l'ascendant delà République porté au plus haut degré: tels furent les résultats de la bataille de Fleurus. Ah ! glorieuse et mémorable journée, qui as immortalisé Jourdan, reste à jamais dans nos souvenirs, comme une des plus pures de nos victoires ! Ils ont droit à notre éternelle gratitude, ceux qui, sous les yeux de Saint-Just, t'ont pour toujours illustrée. Ils ne combattaient pas pour le contentement d'une ambition fatale et sans bornes ; ce n'était pas pour quelque couronne à distribuer ou quelque province à conquérir, qu'ils tombaient fiers et joyeux : non, c'était pour la plus sainte des causes, la seule qui légitime ces immenses hécatombes humaines, et qui fasse de la victoire un objet digne de l'admiration des hommes, c'était
(1) M. de Barante, fidèle à son système de dénigrement envers la Convention, et avec cette bonne foi que nous avons déjà signalée, travestit indignement le rôle de Saint-Just. H accuse Barère d'avoir mensongèrement exagéré les forces de l'ennemi, et place à la dale du 8 messidor une lettre adressée à Saint-Just et à le Bas par Joseph le Bon, le 23 floréal, non pas en réponse à une lettre de Saint-Just et de le Bas (il n'y a pas de lettre à le Bon signée Saint-Just et le Bas), mais à propos d'un arrêté de ces conventionnels. On voit qu'en fait de mensonge M. de Barante n'est pas en reste. Mais puisqu'il en veut à Barère d'avoir trop fait mousser la victoire, au moins aurait-il dû rendre justice à Saint-Just, qui voulait qu'on se contentât de lire purement et simplement à la Convention le rapport de Jourdan. A la manière dont cet historien gentilhomme parle des triomphes de la République, on serait tenté de croire son livre écrit par une plume autrichienne.