‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 282 sur 351 · II · texte numérisé non relu

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pour le salut de la patrie opprimée et envahie. Ah ! si beaux que soient les lauriers d'Austerlitz et de Wagram, combien sont plus sacrées et plus belles les palmes de Jemmapes et de Fleurus !

Certes, grande et légitime dut être la joie deSaint-Just, car la prise de Charleroi, la victoire de Fleurus, c'était à lui, c'était à son opiniâtre persévérance qu'on les devait. Sur la Sambre, comme sur les bords du Rhin, il avait trouvé une situation à peu près désespérée; en quelques jours, sous sa puissante main, tout avait changé comme par enchantement. Comme il le dit avec tant de concision et d'énergie dans son discours-testament : « Il fallait vaincre; on a vaincu. » Ce double triomphe fut le glorieux couronnement de ses missions. Les auteurs des Victoires et conquêtes avaient bien mal étudié l'importance de ces événements quand ils ont écrit que Saint-Just s'était montré trop prodigue du sang français en faisant repasser cinq fois la Sambre, autrement ils eussent gardé ce reproche pour ceux qui l'ont encouru à plus juste titre. Ah ! combien la France serait heureuse si le sang de ses enfants n'avait jamais été plus inutilement répandu !

Deux jours après la bataille de Fleurus, Saint-Just quitta l'armée du Nord, qu'il ne devait plus revoir, et partit pour Paris. Son voyage fut une longue ovation. Les courriers qui l'avaient précédé avaient annoncé nos succès, et partout sur son passage retentissaient les cris de : Vive Saint-Just ! Qui pouvait prévoir qu'à un mois de là, jour pour jour, ce victorieux jeune homme tomberait victime d'une sorte de guet-apens, et que ses assassins essayeraient de le faire passer pour un traître et pour un tyran, lui qui fut la fidélité, le dévouement même à la patrie et au peuple?

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