LIVRE CINQUIÈME
commettre. Il écrira une lettre d'excuses aux représentants du peuple près l'armée de Sambre-et-Meuse. »
Nous trouvons, en passant, l'ordre d'arrestation, pour actes vexatoires et oppressifs, du jeune ami de Danton, Rousselin, depuis Rousselin de Saint-Albin , qui a eu tort d'attribuer plus tard sa captivité à Saint-Just et à Robespierre. L'ordre de son arrestation est signé : Billaud- Varennes, Carnot, Couthon, Collot-d'Herbois et Barère. Il est du 27 messidor.
Il n'est ici question que du Comité de Salut public, et non du Comité de Sûreté générale, qui, ayant plus spécialement dans ses attributions toute la police de la République, a eu bien plus d'arrestations à ordonner. Puisque j'ai prononcé le mot de police, il est important de dire quelques mots du bureau de police générale organisé au sein même du Comité de Salut public, peu après la loi du 22 prairial, et qui datait à peine de quelques jours lorsque Robespierre abandonna les comités.
Quand, après thermidor, les anciens membres des comités furent accusés à leur tour, ils prétendirent que par Couthon et Saint-Just Robespierre avait continué de diriger ce bureau, auquel ils attribuaient tous les excès commis. Mais le girondin Saladin, un des soixante-treize sauvés par Robespierre, proscrivant a son tour, et prenant cette fois en main la défense de leurs victimes, leur répondit avec raison :
« Robespierre présidait-il, dirigeait-il ce bureau pendant le temps que, de l'aveu des membres dénoncés, il était absent du Comité de Salut public? ou si, sans y paraître, son esprit y vivait, son influence y régnait, pourquoi le souffrait-on ? A-t-on oublié d'ailleurs que, pendant