‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 293 sur 351 · II · texte numérisé non relu

II

Sirven, des Labarre, des Montbailli et de tant d'autres victimes avaient laissé un trop funeste exemple de partialité, de rigueur et de barbarie, et Ton n'était pas encore assez loin d'eux, pour que leurs successeurs pussent être bien doux et bien cléments, surtout en présence des machinations de toutes sortes qui, chaque jour, se dressaient contre la République.

Si les individus traduits au Tribunal révolutionnaire n'ont pas été tous consciencieusement jugés, terrible et profond mystère ! la faute n'en a certainement pas été au Comité de Salut public, qui s'en liait à l'honnêteté du Tribunal et qui indemnisa généreusement les accusés dont la justice nationale avait proclamé l'innocence en les acquittant. Parmi une foule d'arrêtés concernant ces sortes d'indemnités, je trouve, à la date du 28 messidor, celui-ci, écrit de la main de Saint-Just :

a Le Comité de Salut public arrête qu'il sera délivré au citoyen Claude Thirion, juge de paix du canton d'Halsein, département de la Meurthe, acquitté par le Tribunal révolutionnaire, un mandat, sur la trésorerie nationale, de quinze cents livres, à titre d'indemnité.

» Signé : Saint-Just, Carnot, Barère, Collotd'Herbois, Billaud-Varennes. ))

Ce gouvernement provisoire du Comité de Salut public savait donc mieux que beaucoup d'autres concilier avec les rigueurs qui lui semblaient indispensables, la juste réparation des erreurs commises et les droits de l'humanité.

Ce mot d'humanité nous force de revenir à Barère. Dans ses Mémoires, il accuse Saint-Just, dont il fait le bouc émissaire de toutes les rigueurs du Comité, d'avoir proposé qu'on n'accordât aux détenus qu'une allocation

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