‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 300 sur 351 · II · texte numérisé non relu

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un instrument de contre-révolution par la malveillance qui voudrait en abuser, et qui en abuserait au point que tous les citoyens s'en croiraient menacés (1). »

Enfin la lutte inégale et acharnée entreprise par Robespierre contre les représentants en mission qui avaient dilapidé les finances de la République, qui avaient noyé à Nantes, fusillé à Marseille, mitraillé a Lyon, contre ces Fréron, ces ïallien, ces Fouché, cesRovère, qui avaient inondé la France de sang, comme ultra-révolutionnaires, en attendant qu'ils l'en inondassent comme modérés, ne prouve-t-elle pas le désir qu'il avaient d'arrêter ce débordement de passions insensées et féroces. C'est lui qui, dénonçant les misérables agents dont se servait le Comité de Sûreté générale, disait : « En vain une funeste politique prétendrait-elle environner les agents dont je parle d'un certain prestige superstitieux : je ne sais pas respecter des fripons ; j'adopte encore moins cette maxime royale, qu'il est utile de les employer. Les armes de la liberté ne doivent être touchées que par des mains pures. » En même temps, il attaquait violemment Fouché, le digne collègue de Collot-d'Herbois à Lyon, de ce Collot-d'Herbois qui s'était plaint de Couthon parce qu'il avait été trop modéré lors de la prise de Lyon par l'armée républicaine; il attaquait Bourdon (de l'Oise) qui, disaitil ; « s'est couvert de crimes dans la Vendée et joint la perfidie à la fureur; » il attaquait Rovère et Tallien, qui ne lui pardonnait pas son rappel, et Carrier, dont son jeune ami Julien lui avait décrit les sanglantes turpitudes et qu'il avait également fait rappeler.

(1) Discours de Robespierre jeune aux Jacobins. Voyez le Moniteur du 9 tbermidor an il, n° 309.

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