‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 322 sur 351 · II · texte numérisé non relu

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Ml HISTOIRE DE SAINT-JUST

vérité vous était due, offerte avec prudence, et qu'on ne pouvait rompre avec pudeur rengagement pris avec sa conscience de tout oser pour le salut de la patrie.

» Quel langage viens-je vous parler ? Gomment vous peindre des erreurs dont vous n'avez aucune idée ? et comment rendre sensible le mal qu'un mot décèle, qu'un mot corrige ?

» Vos Comités de Sûreté générale et de Salut public m'avaient chargé de vous faire un rapport sur les causes de la commotion sensible qu'avait éprouvée l'opinion publique dans ces derniers temps. La confiance des deux Comités m'honore ; mais quelqu'un, cette nuit, a flétri mon cœur, et je ne veux parler qu'à vous... »

Au moment où il prononçait ces derniers mots, Tallien l'interrompit brusquement et demanda la parole pour une motion d'ordre. C'était le premier coup de poignard. Malgré la protestation de Saint-Just, Thuriot, complice des hommes de thermidor, et dont la mémoire sera souillée dans l'avenir pour sa conduite dans cette journée, Thuriot, qui occupait le fauteuil, donna la parole à Tallien. Mais, avant de poursuivre la description de cette lamentable séance, arrêtons-nous un moment sur la dernière production où palpita le génie de Saint-Just. Bien que, dans les chapitres précédents, nous ayons déjà fait connaître les plus importants passages de ce discours, il nous reste à l'analyser dans son ensemble. Nos lecteurs pourront se rendre compte ainsi de l'impression qu'il eût produite sur l'Assemblée si la voix de l'orateur n'avait pas été étouffée dès le début.

Saint-Just continuait ainsi :

« J'en appelle à vous de l'obligation que «quelques-uns

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