‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 324 sur 351 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

quelques-uns de ses membres, il présente Collot-d'Herbois et Billaud-Varennes comme livrés depuis quelque temps à des intérêts et à des vues plus particulières. « Quand celui-ci prend la parole, dit-il, c'est pour déclamer contre Paris, contre le Tribunal révolutionnaire, contre les hommes dont il paraît souhaiter la perte (1). » Il lui reproche sa dissimulation et son amour de dominer; il lui reproche d'avoir appelé tel homme absent Pisistrate, tandis qu'il le flattait présent.

« Mais, poursuit-il, si on examine ce qui pourrait avoir donné lieu à la discorde, il est impossible de le justifier par le moindre prétexte d'intérêt public. Aucune délibération du gouvernement n'avait partagé les esprits; non pas que toutes les mesures absolument eussent été sages, mais parce que ce qu'il y avait de plus important, et surtout dans la guerre, était résolu et exécuté en secret. Un membre s'était chargé, trompé peut-être, d'outrager sans raison celui qu'on voulait perdre, pour le porter apparemment à des mesures inconsidérées, à se plaindre publiquement, à s'isoler, à se défendre hautement, pour l'accuser ensuite des troubles dont on ne conviendra pas qu'on est la première cause. Ce plan a réussi, à ce qu'il me paraît, et la conduite rapportée plus haut a tout aigri. »

Puis, après avoir critiqué la manière dont, à l'intérieur,

(1) Quand Billaud parlait contre le Tribunal révolutionnaire, c'élait évidemment pour lui reprocher son modérantisme. Que voulait-il de plus? M. Michelet a pensé le contraire. (T. VII, p. 407.) Mais il n'y a, pour s'en convaincre, qu'à se rappeler la fameuse discussion delà nuit, dans laquelle Saint-Just reprochait à ses collègues d'improviser la foudre à chaque instant. (Voyez le chapitre précédent.)

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