‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 330 sur 351 · II · texte numérisé non relu

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33 i HISTOIRE DE SAINT-JUST

de Saint-Just, je demande aussi l'arrestation. » Jamais pareil cri de la conscience n'était sorti d'une poitrine humaine. Cherchez dans les âges héroïques, cherchez dans les temps modernes, cherchez partout l'exemple d'un acte semblable, vous ne le trouverez pas. Tout ce que la terre promet de sérénité et de bonheur attachait ce jeune homme à la vie. Ni l'amour d'une jeune femme adorée, ni les premiers sourires de son fils , de cet enfant destiné à devenir une des illustrations de notre pays, ne purent entrer en balance contre ce qu'il considérait comme un devoir, ni l'empêcher de provoquer un décret qui équivalait à un arrêt de mort. Certes, il fallait que la cause à laquelle il se dévouait ainsi fût bien celle de la vertu, de la justice et de la patrie ; l'amitié ne venait qu'en seconde ligne. Ce dévouement ne sera pas perdu pour l'avenir, et la postérité, ratifiant la conduite de ce doux et illustre Philippe le Bas, refusera comme lui de partager l'opprobre d'un décret qui a conduit au tombeau les grands citoyens à la vie desquels tenait le triomphe de la République.

Saint-Just, Couthon, le Bas, Maximilien Robespierre et son frère, décrétés d'accusation, descendirent à la barre ; la première partie de l'horrible tragédie était jouée.

S'il faut en croire le compte rendu du Moniteur, arrangé par les thermidoriens, et par conséquent plus que suspect, Saint-Just n'ouvrit plus la bouche depuis le moment où il fut interrompu par Tallien jusqu'à la fin de la séance. Supposons donc que, en présence de la formidable coalition, il jugea son parti perdu, qu'il ne voulut pas s'abaisser a réfuter des calomnies auxquelles leurs auteurs mêmes ne croyaient pas, et rappelons seulement l'attitude calme, altière et méprisante que lui a prêtée la tradition ; aussi bien, quand la lutte est impos-

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