LIVRE CINQUIÈME
vention qui se répandaient dans les sections et essayaient de les tromper sur la véritable cause des événements du jour. D'autre part, une proclamation de la Commune invitait les bons citoyens à se réunir à leurs magistrats et à les aider à sauver la patrie et la liberté. Mais il eût fallu, pour soulever les faubourgs, pour réveiller le patriotisme de la multitude et lui montrer ses vrais ennemis , des hommes jouissant d'une haute influence populaire, et surtout un chef militaire qui inspirât une grande confiance. Payan, Fleuriot-Lescot et Coffinhal déployèrent une rare énergie, mais ils ne purent suffire à tout, et Henriot n'était pas à la hauteur des circonstances. Le peuple, qui semblait avoir donné sa démission, et qui pour longtemps se trouva frappé avec Robespierre et Saint-Just, ne bougea guère. D'ailleurs, des émissaires du Comité de Sûreté générale étaient allés colporter dans les faubourgs le bruit que les députés proscrits étaient des conspirateurs royalistes et qu'on avait trouvé chez eux des cachets à fleurs de lis. Une colonne du faubourg Saint-Marceau, se rendant à l'appel de la Commune, avait rétrogradé, trompée par cet ignoble mensonge. C'est ce qu'Amar appelait « éclairer le peuple. » Quant à la garde nationale, composée d'une foule de gens dès longtemps fatigués de la Révolution, il ne fallut pas grand effort aux thermidoriens pour qu'elle abandonnât son général et se donnât tout entière à la réaction.
Cependant la Convention était rentrée en séance à sept heures du soir; elle venait de mettre hors la loi les officiers municipaux et tous ceux qui, décrétés d'arrestation ou d'accusation, se seraient soustraits au décret. Tandis que Léonard Rourdon et Rarras, à la tête des forces imposantes qu'ils étaient parvenus à gagner, se rendaient