II
à la Commune pour la faire sauter de vive force, la délibération continuait, ardente et animée, au sein du conseil général qu'entouraient de rares défenseurs. Au lieu de délibérer, il eût fallu agir. Au moment où les assassins montaient, Robespierre donnait une dernière preuve de son respect pour la Convention. Couthon,qui, rentré chez lui en sortant de la Bourbe, s'était, malgré les instances de sa femme, rendu à la Commune sur un billet très-pressant de Robespierre et de Saint-Just, venait de proposer d'adresser une proclamation au peuple et à l'armée. « Au nom de qui ? demanda Robespierre. — Au nom de la Convention, elle est partout où nous sommes, » répondit Saint-Just. Lui, au moins, voulait mourir en combattant, et il engagea son ami à signer un appel rédigé par un des membres de la Commune. Mais, dans sa déférence pour une assemblée qui les avait condamnés, lui et ses amis, sans les entendre, Robespierre refusa, après une courte hésitation, et rejeta la plume avec laquelle il avait commencé de signer trois lettres de son nom. « Nous n'avons plus qu'à mourir ! » s'écria alors Couthon.
Au même instant des pas précipités se font entendre, des crosses de fusil retentissent sur les marches des escaliers, et bientôt une foule de gens armés pénètrent dans la salle de l'Égalité où siégeait le conseil général de la Commune. Aussitôt le Bas, ne voulant pas tomber vivant au pouvoir des assassins, arme un de ses pistolets et se tue. Ce fut la mort de Caton. Robespierre jeune se jette par une fenêtre; mais, moins heureux que son ami, il se blesse seulement, et est ramassé tout sanglant sur le pavé. Un gendarme du nom de Merda, à qui l'on avait désigné Maximilien Robespierre, venait de lui tirer à bout portant un coup de pistolet, et lui avait brisé la