‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 58 sur 351 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

La Convention vota à l'unanimité l'impression de ce remarquable discours, dont quelques erreurs, suivant nous, l'impôt en nature entre autres, vieux remède déjà proposé par Vauban, n'altèrent point la haute portée.

L'homme qui le prononça, à un âge où si peu de nous se sont familiarisés avec ces grandes questions économiques, avait dû faire de sérieuses études, et n'était point le frivole écolier du xvme siècle dont parle je ne sais plus quel biographe.

Des hommes éminents, contraires à Saint-Just, lui ont rendu cependant une meilleure justice. Le lendemain même du jour où avait été prononcé ce discours, Brissot, dans le Patriote, l'apprécia en ces termes : « Saint- Just traite la question à fond, et sous tous les rapports politiques et moraux ; il déploie de l'esprit, de la chaleur et de la philosophie, et honore son talent en défendant la liberté du commerce. »

« Ce juge législateur de vingt-quatre ans, s'est écrié un écrivain royaliste, discutait dans un même temps à la tribune les questions les plus importantes et les plus difficiles de l'administration et de la politique. Dans un discours du 29 novembre 1792, il avait dit des choses véritablement étonnantes sur les assignats et les subsistances (t). »

Quant à nous, lorsque nous lisons de tels éloges échappés a des adversaires de Saint-Just, nous déplorons plus amèrement encore la destinée cruelle qui le frappa si jeune, et nous songeons avec tristesse aux services qu'eût rendus à la République ce talent si énergique, si élevé et si pur.

(1) Biographie universelle, h l'article Saint-Just.

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