‹ Histoire de Saint-Just, député à la convention nationaleChapitre 59 sur 351 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Discussion sur un plan de réorganisation du ministère de la guerre. —

Rapport deSiéyès, au nom du comité de défense générale. — Opinion de

Saint-Jusl. — Son discours sur l'organisation de l'armée. — Critique

historique. — Saint-Jusl et les députés des sections de Paris admis à la

barre de la Convention, le 12 février 1793.

Malgré les éloges prodigués à Saint-Just par un des principaux chefs de la Gironde, le jeune député montagnard ne répondit pas aux avances des Girondins, qui déjà se laissaient égarer par leurs rancunes personnelles, et qui bientôt, quoiqu'ils fussent animés, pour la plupart, d'un pur et ardent patriotisme, allaient involontairement, pour ainsi dire, servir de rempart et de prête-nom à tous les ennemis de la République.

Au milieu de ces accusations réciproques, au milieu de ces scènes orageuses où des adversaires imprudents se jetaient l'injure au visage, Saint-Just, calme et triste sur

son banc, déplorait des discussions menaçant parfois de dégénérer en pugilat, et de nature à déconsidérer la représentation nationale. Scènes douloureuses, éternellement invoquées par les ennemis de la liberté, trop disposés à oublier que de ces violences mêmes jaillit parfois la vérité flamboyante qui éclaire et guide les peuples.

Étranger à toutes ces querelles de personnes, Saint- Just reparaissait aussitôt qu'il s'agissait d'un intérêt général. Travailleur infatigable, il avait minutieusement étudié, dans le silence de ses veilles laborieuses, les rouages, les besoins et les nécessités de l'administration. Il s'occupait surtout des affaires militaires , comme le prouve un petit volume, relié en maroquin rouge, portant la date de 1793, trouvé chez lui après le 9 thermidor, et tout rempli de notes écrites de sa main, sur l'organisation des armées de la République.

Dans la séance du 26 janvier 1793, il développa, à la tribune de la Convention, une partie de ses vues sur ce sujet.

Les plus intolérables abus régnaient alors dans l'administration de la guerre. Des employés concussionnaires, des fournisseurs sans entrailles, volaient, à qui mieux mieux, les sommes destinées à l'entretien du pauvre soldat qui, dénué detout, manquant de souliers, de linge et d'habits, n'en combattait pas moins héroïquement pour la patrie en danger.

Afin de remédier à ces désordres, le comité de défense générale, obéissant à un décret de la Convention, chargea Siéyès de présenter un plan de réorganisation du ministère de la guerre. Siéyès avait divisé son rapport en trois parties : la fourniture des hommes et des choses ; l'organisation du ministère de la guerre; le commandement, dans ses rapports avec l'administration.

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