X INTRODUCTION
surnaturelle , évangélisent partout, aux pieds des autels , dans les chaires , dans leur double tribunal, dans les hospices , dans les prisons, au palais des rois, dans les synodes où ils s'occupent des plus capitales questions de l'ordre spirituel et temporel, fixent les coutumes sociales , et les habitudes catholiques, protégent et sanctifient les ámes et les corps, sauvent l'Église et la cité.
Il fallait aux papes et aux évêques de nombreux auxiliaires, et Dieu dit aux familles monastiques : Croissez et multipliez-vous ! — Et partout se répandeut les enfants du Patriarche de la vie cénobitique , nombreux comme les sables de la mer, comme les étoiles du firmament. De tous les áges monastiques, le second siècle bénédictin, sans excepter celui de saint Bernard, est le plus fécond, et de toutes les provinces monastiques, sans excepter lile des moines et des saints, la France est la plus richement dotée.
Mais le plus beau titre du septiéme siécle à une réhabilitation, c'est le nombre considérable de saints qu'il a produits; c'est là son insigne auréole; c'est le secret de la fécondité des cloitres, de l'immense activité de l'épiscopat , de la puissance des papes et même de la prépondérance naissante des Francs. Aucun siècle n'a été ainsi glorifié, sauf l'âge des martyrs dont Dieu s'est réservé de compter le nombre ; chaque année fournit sa moisson, chaque jour a sa gerbe; chaque cité a ses familles saintes qui par troupes et par tribus montent à la maison du Seigneur. Pour sa part l'Eglise gallicane a plus d'auréoles que tout le reste du monde; et, qu'il nous soit permis de le dire encore à sa gloire, ces phalanges de Francs qui font violence au royaume de