INTRODUCTION. XV
mouvement qui poussait toutes les tribus arabes vers l'unité religieuse. On ne sait ce qu'il fût advenu de grandiose, si l’Arabe eût préféré l'Evangile au Coran, et rétabli dans l'orient l'unité sociale et religieuse, comme elle le fut en occident. Aaroun-al-Raschid ,. chrétien en même temps que Charlemagne, saint Louis et Soliman se rencontrant sur la Confession de saint Pierre , les deux civilisations se croisant ensemble autour du Tombeau du Christ, la pensée s'arréte éblouie devant ce beau réve. Qui sait si, aprés mille ans d'antagonisme , le moment n'est pas venu oà Dieu mélera ensemble le génie franc et le génie arabe, et; reprenant l'œuvre commencée au huitième siècle, réalisera de l'orient à l'occident l'unité du moyen âge!
Quoi qu'il en soit, et bien que la conquête arabe fût un progrès providentiel pour ces populations de l'orient , engourdies dans le bouddhisme et le fétichisine, et méme pour ces races syriennes et grecques, gangrenées par l'arianisme qui aboutit aux ignominies du Dalai-lama, l'invasion musulmane n'en fut pas moins un immense péril pour l'Eglise. Ce fut l'épée de Damoclés suspendue sur sa téte pendant plus de mille ans.
Un peuple dévoué, chevaleresque et sacerdotal, devenait nécessaire : ce sera le peuple franc. A lui sera confié l'honneur de sauver la chrétienté. |
Ce choix se fait au septiéme siécle. Pourquoi , comment ce grand dessein se révèle-t-il alors ?
I y a dans les jeunes années de l'homme des moments décisifs qui tranchent la vie : c'est l'heure où, sur le seuil de la vie, il délibére entre la famille qui finit, etle monde qui commence. Les désirs fermentent, les pensées abondent, le cœur se débat... Heureux qui,