‹ Histoire de Saint LégerChapitre 35 sur 179 · INTRODUCTION. XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIX

à sajnt Léon; la foi du Siége apostolique est acceptée pour régle, sans étre augmentée ni diminuée ; tout le concile abandonne ses actes au jugement de l'éváque de l'Éclise universelle, dont les lettres sont proclamées divinement inspirées, vraiment écrites par le chef des apôtres !. 0

Ainsi le centre de la catholicité s'éléve ; la double puissance des papes grandit; bientót Rome n'a plus d'autres maîtres; toute intervention impériale dans l'é« lection pontificale s'efface , et quand le dernier empe+ reur monothélite, Léon l'iconoclaste, ose attenter à saint Pierre, deux armées se lévent spontanément : sans la médiation des pontifes persécutés , il y aurait eu déjà un second empire d'Occident et une croisade contre Byzance. « Sachez, disait Grégoire II à Léon l'Isaurjen, « que nous sommes le mur médiateur, le boulevard en- « tre l'Occident et l'Orient, les arbitres et les modéra- « teurs de la paix du monde ?. »

Elle est donc inaugurée la royauté sociale du Pontificat ; elle porte déjà sa triple couronne de roi , de prétre et de père. L'Orient et l'Occident se souviendront de ses magnanimes exemples : l'Orient y puisera dans sa précoce vieillesse un épanouissement inespéré de virilité qui enfantera de nombreux martyrs dans la persécution dgs iconoclastes. L'Occident aura aussi ses ]égiong décimées par le cimeterre maure; ses pontifes sans peur en face de la colère des rois; ses misgignpaires semant, la bonne et féconde semence de lgur sang; des papes enfin qui, dans leurs grandes douleurs, penseront à leurs devanciers du septiéme siécle, et

' Mansi., conc. Const. 1n, epist. Syn, ? Greg. 11, Dialog. ad Leon. Isaur., apud Baron. post ann. 726.

NL INTRODUCTION.

diront comme Grégoire II : « Plaise à Dieu que, par « sa grâce, nous reprenions le chemin de Martin !; ; « ou, comme Grégoire VII : « J'ai aimé la justice, et « c'est pourquoi je meurs dans l'exil 3, »

Ces vuesrapides surla Papauté contemporaine de saint Léger ne sont point étrangéres à sa vie plus modeste et à son obscure passion. Léodégar est un anneau d'une longue chaíne qui, avec d'autres pontifes-martyrs , Ennemond de Lyon, Lambert de Tréves , Préject de Clermont , Ragnebert de Cologne , Théodore de Maëstricht, Ferréol de Grenoble, remonte jusqu'aux liens sacrés de Pierre ; ils mouraient ensemble au méme poste, pour Ja liberté de l'Église opprimée par le despotisme séculier. C'est la sainte cause qui agita tout le moyen áge et qui ébranle encore le monde en ses profondeurs. Il importait, avant d'aborder le martyre de Léodégar, de montrer ses maîtres, ses devanciers, ses frères, le but commun et le principe de tout cet héroisme.

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