‹ Histoire de Saint LégerChapitre 44 sur 179 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

prières se multipliant, le monde entier sera purgé de ses fléaux!. »

C'est, en d’autres termes, cet axiome fondamental de l'économie chrétienne : les fléaux de la terre sont en raison inverse des associations de priére et de pénitence.

Et ceci résulte d'un ensemble de principes qui sont la substance de l'Evangile et de l'bistoire.

L'homme déchu et vendu à l'encan du pécbé doit payer, pour s'affranchir, une dette qui ne peut étre remise que par le sang. Le salaire du péché, c'est la mort?. Mais l'homme eût en vain répandu tout le sang de son cœur, si l'Ágneau divin n'eüt été immolé dès le commencement. Toutefois, il nous reste encore à accomplir en nous notre part du sacrifice spirituel 5, en versant abondamment le sang de l'âme, les pleurs de la pénitence, la souffrance librement acceptée et offerte à Dieu. Avant comme après l'immolation du Calvaire , il faut que chacun prenne la croix et achève cn soi ce qui doit être ajouté aux passions du Christ.

La loi du sacrifice pese donc sur l'homme à tous les temps : aussi, à toute époque, a-t-elle suscité nonseulement des dévouements privés, des holocaustes isolés qui montaient à Dieu, en odeur de suavité, comme les sacrifices d'Abel, d'Enoch, de Noé et des

! Conc. Augustod, sub S. Leodeg., can. xv, Si enim hzc omnia fuerint legitime apud abbates et monasteria conservata, et numerus monachorum Deo propitio augebitur, et mundus omnis, per eorum orationes assiduas , malis carebit contagiis.

* Sine sanguinis effusione, non fit remissio. Hebr., xix, 22, Stipendia enim peccati mors, Rom., vi, 23.

3 Adimpleo ea que desunt passionum Christi, in carie mea, pro corpore ejus, quod est Eccelesia,

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patriarches, comme la douloureuse passion du saint homine Job; mais encore, et dés les premiers temps, il y eut l'association du sacrifice , la communauté de la priére et de la pénitence. Les Juifs eurent des Réchabites, des Nazaréens, des vierges consacrées, des colléges de prophétes, préludes manifestes des corporations monastiques sous la loi nouvelle. Le peuple juif lui-même, avec ses observances austères, ses purifications légales, ses viandes pures et impures, son temple unique, sa théocratie sacerdotale, son isolement au milieu du monde, sa clóture nationale , offre l'aspect d'un immense monastère au milieu des anciens peuples. Image des biens futurs, figure de l'avenir, il est la portion choisie du Seigneur, son oblation la plus agréable, il est offert à Dieu comme le premier-né d'entre les peuples, comme les prémices des nations; il souffre plus peut-étre que les autres peuples : car il est, par toute sa prophétique histoire, le précurseur de son Messie et comme un Christ anticipé; il est l'holocauste permanent des générations antiques. Sacrifice imparfait toutefois ; aussi la loi de mort prévalait ; le sang coulait abondamment, et quatre mille ans durant, un ange exterminateur passa par l'ancien paganisme , allant d'un bout du monde à lautre, immolant sans fin les peuples, les dynasties et les races : toute contestation devenait guerre; toute guerre, une extermination; tout champ de bataille, un échafaud oü les générations étaient exécutées de haute main par les Alexandre et les César !.

' Tout le monde connait les amples développements de cette thèse, dans les Soirées de Saint-Pétersbourg, de Joseph de Maistre, et spécialement dans son magnifique opuscule sur les Sacrifices. ll a paru surle méme sujet de remar-

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