LX INTRODUCTION
niers pagus idolátres, la dispersion des populations romaines aprés l'invasion, les morcellements de Ja conquête , avaient presque partout détruit les communautés cléricales formées dès les premiers jours.
En Orient, elles périrent entièrement , et le dernier coup fut porté au concile in Trullo (680), qui sanctionna le honteux isolement du prêtre, lentoura de femmes et d'enfants, et le sépara stérilement de son église et de son peuple. Mais en Occident la vie cléricale s'épure, se fortifie, se concentre, au point de se confondre avec la vie monastique. L'invasion raméne les temps apostoliques; l'Église semble rentrer au cénacle de Jérusalem , pour recommencer la conquéte du monde. La communauté des premiers jours réapparaít; moines et clercs échangent leurs noms, leurs vétements , leurs fonctions, leur discipline, ils partagent jusqu'à leurs habitations !. Saint Augustin, dans les jardins de l'évéque Valére, saint Eusébe de Verceil, à son retour de l'Orient, donnent à ce mouvement deux directions parallèles qui, au septième siècle, se développent concurremment et se croisent avec l'oeuvre de saint Benoît. À quelques expressions des conciles et des Actes des saints, l'institut des chanoines ou des clercs réguliers semblerait avoir commencé un siècle avant Chrodegang , son fondateur, qui, du reste, emprunta presque toute sa régle à celle des moines. L'obéissance à l'évéque et à l'abbé différaient peu : la stabilité dans une Église équivalait à celle du monastére?; la continence était attachée aux ordres majeurs,
' I, ibid,, p. 11, liv. », p. Let suiv.
? Thomassin, Discipl. de l'Eglise, p. 1, liv. t, chap. 39, 40; liv. in, ehap. 12 ; liv. ww, chap. 1, n^ 6, 7, 8.