LXVIII | INTRODUCTION
ses pénitents et ses apôtres, et qui à cette heure encore évangélise les peuplades océaniennes !.
A ceux qui veulent embrasser d'un coup d'œil la place occupée par cet institut dans le mouvement de l'esprit humain, et qui aiment à rattacher les grands faits aux lois générales de l’histoire et à la marche de l'humanité , nous pourrions faire remarquer encore que le monachisme oriental et occidental a suivi les voies lumineuses tracées par la civilisation et par le christianisme.
Ainsi, ces traditions des premiers áges que l'on nomme la civilisation antique, longtemps errantes dans l'Orient , passèrent par les îles méditerranéennes en Grèce, à Rome, puis en Gaule, en Espagne, en Bretagne, en Irlande; et de là, reprenant la méme voie et achevant un vaste cercle, elles ont remonté, avec les lettrés irlandais, dans le Nord et la Germanie.
Le christianisme prit cette route frayée pour parcourir le monde. Parti de Jérusalem, se levant à la fois sur tous les points de l'Orient, à Antioche, à Alexandrie, à Ephése, admis dans l'aréopage d'Athènes, maître à Rome , il lança de là son irrésistible apostolat sur les cótes de la Provence, lelong de nos fleuves, au coeur de nos contrées , en Espagne, en Bretagne; là il suscita les missionnaires irlandais qui portérent devant eux, dans toutes les ombres du paganisme germanique, le double flambeau de la science et de la foi.
L'Évangile est partout accompagné de l'inévitable cortége des moines. On dirait que Dieu prend à tâche
* Mgr Polding, archevêque de Sidney, de l'ordre de S. Benoît, avec plusieurs Bénédictins de la congrégation anglaise, prêche l'Évangile dans la Nouvelle-Hollande. Il a établi, dans un diocèse nouvellement créé par ses travaux,
un monastère, uti noviciat, un séminaire, comme faisaient les anciens apôtres sortis de l'Angleterre.