LXXXVIII INTRODUCTION
lors on en reconnut le charme et le prix. Saint Ceraune, évêque de Paris, recueillit soigneusement es plus belles de ces vies et commença ainsi la Légende dorée !, C'est l'aurore de nos poésies nationales. Ces actes glorieux passent aisément à une poésie dont la forme simple et franche se joue des régles de l'ancienne prosodie et crée des mètres nouveaux. ll y a tout une mine inexplorée de trésors enfouis dans ces poémes légendaires. Sous une transcription qui souvent n'accuse aucun métre, on est tout étonné de rencontrer des stances régulières et rimées, qui n'ont besoin que d'un appel vigilant pour reparaître telles que les peuples les chantaient?. Les plus anciens de ces curieux monuments appartiennent sûrement au septième siècle. D'ailleurs, les traditions classiques ne sont point en+ core entiérement oubliées. Le biographe de saint Valery cite Horace 5; celui de saint Vandrille , Tite-Live *; celui de sainte Salaberge mêle les réminiscences de la Bible et de Virgile 5. La vie de saint Ermenfroi sent son érudit et accuse cà et là quelques imitations de Salluste et de Tacite 6. D'autres Actes ont une forme dra: matique et semblent inspirés des dialogues de Cicéron et de Platon, ou si l'on veut de Sulpice-Sévère , le Salluste chrétien 7. Saint Ouen se met en scéne et parle de lui comme César et Xénophon 5. Toute cette fleur des lettres antiques passait aux mains et sur les lévres des
» Hist. littér. de la Fr., t. III.
*? Voir la note 2 à la fin de l'ouvrage.
3 Vita S. Valerici, n° 4. Sec. n Bened.
4 Vita S. Vandregisili posterior, no 1x, ibid.
5 Vita S. Salabergæ, n? 15, ibid.
6 Acta S. Hermenfredi. Boll, xxv sept.
7 Greg. Dialog., lib. vv. — Vita S. Joh., abb, Reom, Sæc. 1 Bened. 8 Vita S. Elig. laudata,