‹ Histoire de Saint LégerChapitre 68 sur 179 · INTRODUCTION. LXXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXIX

peuples. C'étaient les anneaux qui unissaient deux civilisations. Quant au neuvième siècle, les disciples d'Alcuin et les lettrés de Charlemagne recueillirent les gestes et les chants des héros populaires; les métres confus de la tradition orale tantót furent encadrés dans une forme plus historique, et tantôt insérés, sans étrerompus, dans le tissu d'un récit plus uniforme et plus savant !. Il se peut que ces remaniements postérieurs aient quelquefois atteint légérement le fond des faits. Aussi, dans toutes ces études sur le septiéme siécle, nous n'avons fait que rarement usage des documents postérieurs d'un siècle, bien que la critique la plus sévère ne doive point pousser jusque là le scrupule.

Nous nous sommes encore plus discrétementabstenus des légendes proprement dites. Il peut se faire pourtant qu'officiellement promulguée, proposée à la piété des clercs et des fidéles, soumise au contróle de l'Eglise et des peuples, la légende s'éléve au rang des pièces d'un procés de canonisation. On a vu des églises conserver dans les lecons de l'office le texte méme des actes proconsulaires des martyrs ?. Cependant, les variations des

! Vita S, Faronis, ep. Meld. n° 88, ibid. auctore, ut videtur, Hildegario Meld. ep. regnante Carolo Calvo imperatore: € ex qua victoria carmen publicum juxta rusticitatem per omnium pene volitabat ora ita canentium , femisæque choros inde plaudendo componebant :

De Chlotario est canere rege Francorum,

Qui ivit pugnare in gentem Saxonum:

Quam graviter prævenisset missis Saxonum,

Si non fnisset inclytus Faro de gente Burgundionum.

Et in &ne hujus carminis :

Quando veniunt missi Saxonum in terram Francorum , Faro ubi erat princeps,

Instinctu Dei transeunt per urbem Meldorum, Ne interficiantur a rege Francorum.

? Les Bollandistes parlent d'un office de saint Symphorien, tiré del'égliee de

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