‹ Histoire de Saint LégerChapitre 73 sur 179 · INTRODUCTION. XCIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XCIX

Il faut tout un livre ou quelques mots pour répondre à cette synthèse, déjà usée, des mythes et des types, aussi opposée à la vraie science historique qu'à la seule religion véritable.

Il y a ici question de principe et question de fait.

En principe, l'erreur suppose la vérité, l'ombre appelle la lumiére. C'est la vérité qui est premiére, c'est l'ombre qui vient aprés. Qu'importe donc que vous trouviez plus ou moins d'analogie entre nos dogmes et les plus vieux besoins de l'homme? Vous avez d'autant mieux prouvé que le christianisme est universel, pris mitif, nécessaire, et que le Christ n'est pas d'aujourd'hui seulement , mais d'hier et de tous les siécles.

Au fond , admettons dans les figures légendaires des types, des analogies, des traits de famille. Vous viendriez un peu tard défendre à Dieu de faire à son image et à sa ressemblance l'homme et le monde, l'ange et l'élu. S'il lui a plu de mettre sur le front de ses saints quelques signes de commune grandeur, le traiterezvous de plagiaire ? Nierez-vous le firmament, parce que rien ne ressemble plus à une étoile qu'une étoile? Les types sont en Dieu , et il est le copiste sublime qui réalise dans la création visible son invisible éternité. Tout a été créé dans le principe. Aprés nos cinq mille aus, et plus, de christianisme, on n'invente pas; on ne crée rien à neuf, les saints moins que toute autre chose : on regarde en haut, on imite, Le Christ lui-méme n'a rien improvisé; ila fait ce qui était écrit et prédit de lui, de Moïse à Jean-Baptiste ! : il a fait et n'a pu faire que ce qu'il avait vu opérer par

! Luc., xxv, 27

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