‹ Histoire de Saint LégerChapitre 78 sur 179 · INTRODUCTION. CV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CV

dont il est écrit : « Qui sont ceux qui volent comme les nues et courent à leurs nids comme des colombes !? »

: Mais à ces initiations, assez souvent pleines de grâce, succédent d'ordinaire de rudes et terribles épreuves. Le Christ n'a-t-il point grandi en gráce et en sagesse par un humble et dur travail, par l'abjection d'un labeur de mercenaire, par les fatigues sans nombre, par la sueur de sang, la croix, les larmes, les grands cris du calvaire ? Ne fallait-il pas qu'il souffrit ces choses avec les saints, et qu'ils entrassent ainsi dans leur gloire? Or, nous avons vu le saint pape Martin renouvelant jour par jour les dates commémoratives de la Passion, l'interrogatoire du sanhédrin, la flagellation du prétoire, l'Ecce homo, le délaissement et l'angoisse, tout ce chemin de la croix, où il marchait à demi nu, le carcan au col. Colomba dort sur le roc et a une pierre pour oreiller ©. Cutbert passe les nuits entières dans un étang glacé ; Adhelme, dans une fontaine, en chantant les saintes psalmodies*. Audomar se repose de son immense apostolat en passant les nuits en priére, et quand le sommeil trop violent rompt ses divius cantiques , il fléchit le genou et dort sur la terre froide *. Saint Gall , à quatre-vingt-quinze ans, meurtrissait encore sa chair par une flagellation et des chaînes sanglantes 5. Méde-

! Jam vero Deo opitulante, amba conjunctæ in unitate Spiritu sancti et vinculo pacis... Ceu duz volucres in ipsis passibus junctis alis ad astra properantes , adsimilantur his de quibus Dominus dicit : Qui sunt isti qui ut nubes volant et quasi columbæ ad fenestras suas? Vita S. Aldegond,, n° v , auctore zquali. —Vita S. Waldetrud , no 6, 1, sæc. n Bened.

^ Vita S. Columbae, sæc. 1 Bened.

? Vita S, Cutberi, in opp. V. Bed., t. IV, p. 240. — Elog. S, 4dhelmi, n° 4, szc. m Bened., p. 1.

4 Vita S. Audomari, sec. n Beued.

5 Fita S, Gulli, cap. 32, ibid, sic,

cvi INTRODUCTION.

ric, caché dans une gorge du Morvan, ne mange que deux fois par semaine du pain d'orge trempé dans l'eau. Amatus de Nevers, retiré comme Méderic dans un creux de rocher, vit en caréme de cinq noix par jour, et pleure si abondamment ses péchés, queses yeux donnent des larmes comme les grappes pressées d'un raisin?. L'héroique et délicate Radegonde, à chaque caréme, s'entoure les bras et le cou de trois cercles de fer et le corps detrois chaines qui entrent profondément dans la chair , sur laquelle elle imprime encore en stigmates une croix de métal rougie au feu’. La noble Austreberte, retirée en son monastére de Pavilly, ne mange pendant quarante jours, chaque année, que trois fois la semaine *. Angadresme consent à demeurer vierge à condition d'étre lépreuse 5. Sylvin pendant quarante ans n'a d'autre aliment que l'Eucharistie et quelques herbes 5. Cependant sur les voies de Rome, de Jérusalem, d'Éphèse , de Compostelle, de Tours, d'infatigables pèlerins marchaient bardés de fer et portant des chaînes et des meules énormes, qu'ils avaient fait vœu de porter jusqu'au terme de leur route 7. L'amour de la croix semble opérer déjà ses plus insignes prodiges. On trouve sur les bras d'Ansbert, à sa mort, un signe de croix tracé en couleur rose, afin , disent ses Actes,

1 Vita S, Mederici , sæc. i Bened., p. 1.

2 Ad instar racemi guttas lacrymarum ab illius oculis defluere videres. Vita S. Amati, n° 20, szc. n Bened.

3 Vita S. Radegundis , auct. Fortunato, sæc. 1 Bened., t. 1, p. 587.

# Vita Austrebertæ, n° 14 , sec. m, p. 1.

5 Vita S. Angadrismæ, sæc. n Bened.

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