Voy. chap. cxxxiv
3. Le manuscrit donne ici Descranges ou d'Escranges ; expliqué plus luuit (obap. gudoi) pourquoi j*ai- «dopté la fonnt 4'Eêcrain€i.
monde qu'il croyait le plus, et ce fut aux dépens du roi ; et le roi fit tant qu'ils furent réconciliés.
Au sujet de ces étrangers que le roi avait réconciliés, aucuns de son conseil lui disaient qu'il ne faisait pas bien de ne pas les laisser guerroyer; car s'il les laissait bien s'appauvrir, ils ne lui courraient pas sus aussitôt que s'ils étaient bien riches. Et à cela le roi répondait et disait qu'ils ne parlaient pas bien : « Car si les princes voisins voyaient que je les laissasse guerroyer, ils se pourraient aviser entre eux et dire : c'est par méchanceté que le roi nous laisse guerroyer. Alors il en adviendrait qu'à cause de la haine qu'ils auraient contre moi, ils me viendraient courir sus et j'y pourrais bien perdre, sans compter que j'y gagnerais la haine de Dieu, qui dit : ' Bénis soient tous « les paciOques. » D'où il advint ainsi , que les Bourguignons et les Lorrains, qu'il avait pacifiés, l'aimaient et lui obéissaient tant que je les vis venir plaider par-devant le roi, pour des procès qu'ils avaient entre eux, à la cour du roi à Reims, à Paris et à Orléans.
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C5Ui-iVIU. — Horroiir de saint Louis et de Joiuviile pour les blasplxèmes.
Le roi aimait tant Dieu et sa douce Mère que tous ceux qu'il pouvait convaincre d'avoir dit sur Dim ou sa Mère chose déshonnéte ou vilain jurement^ ' il les faisait punir grièvement. Ainsi je vis qu'il ût mettre un orfèvre à l'éciielle à Cèsarée, en caleçon et en chemise^ les boyaux et la fressure d'un porc autour du cou ^ et eu si grande toison qu'ils lui arrivaient jusqu'au nez. .J'ai ouï dire que depuis que je revins d'outre-mer il fit brûler pour cela le nez et la lèvre k un bourgeois de Paris ; mais je ne le vis pas. Et le saint roi dit : ^ Je voudrais être marqué d'un feor chaud à condition que tous vilains jurements fussent ôtés de mon royaume* »
ie fus bien vingt-deux ans en. sa compagnie sans que jamais je. Taie ouï jurer par Ueu^ sa Mère ou ses saints ; et quand il voulait affirmer quelque . chose y il disait : « Vraiment, cela fut ainsi, ou vraiment cela sera ainsi. »
Jamais je ne lui. ai ouï nommer le diable, si ce
1. Ceftit est rapporté dans plusieurs chroniques, notamment dans te chapitre zxxiu de la Vie de saint Louis, par Geoffroy de Beaulieu, sou confesseur.
DE SÂIMT LOUIS. Sli
n'est en qiïelipie livre là où il convenait de le nommer, ou en la vie des saints de quoi le livre parlait. Et c'est grande honte au royaume de France ^ et au roi qnand il le souffre, qu'à peine on puisse parler qu'on ne dise : « Que le diable y ait parti » £t c'est un grand péché de langi^e, qpaand on 19proprie au diable rhomme ou la femme qui sont donnés>à Dieu dès qu'ils furent baptisés, fin l'hôtel dé JhHnville, qui dit une telle parole reçoit un soufflet ou une fepe, et ce mauvais langage y est preishque toutsupjo'imé.
CXXXIX. — Amour de saint Loais pour les pauvres; comment U instruisait aes- ecfants; de ses aumônes et de ae» ùmàâÂim^ de ses scrupules dans la collatiou des bénéfices*
Il me demandai sL j.e lavais les pieds aux paavxes le jeudi saint' ; et je lui répondi&que non^car cela
ne me semblait pajs bien. £til me dit que je ne le devais pas avoir en dédain » car Dieu l'avait fait. « Car alors vous feriez bien malgré vous ce que fait le iroi d'Angleterre , qfû lave les pieds aux lépreux et les* bûse. »
Avant q^ili se cauchAt en. son lit^ il faisait venir