X. ^ Foi du comte de Montfort. M ne Ûuit pas dbculer
avackiJiiill.
Le saint roi me conta que plusieurs gei» d'entre
les Albigeois vinrent au comte de Montfort, qui gardait alors la terre d'Albigeois pour le roi, et lui dirent qu'il vtnt voir le corps de Notre-Seignenr; qui était devenu en sang et en chair entre les mains du prêtre. £t il leur dit : « Allez le voir, vous qui ne le croyez pas ; car moi, je le crois fermement, tout comme la sainte Église nous raconte le sacremeiît de Tautel. El savez-vous ce que j'y gagnerai, \ fit le comte, de ce que je le crois en cette vie mor- • tèlle tout comme la sainte Ëglise nous renseigne? J'en aurai une couronne dans les cieux plus que les anges, qui le voient fEu^e à Cace ; à cause de quoi il faut qu'ils le croient. »
Il me conta qu'il y eut une grande conférence de
clercs et de Juifs au monastère de Cluny. Il y eut
là un chevalier à qui Tabbé avait donné le .paia en ce lieu pour Tamour de Dieu ; et il démoda à Tabbé qu'il lui laissât dire la première parole, et ou le lui octroya avec peine. £t alors il se leva et s'appuya sur sa béquille, et dit qu'on lui Ht venir ' le plus grand clerc et le plus grand maître des Juifs; et ainsi iirent-ils. £t il lui lit une demande qui fut telle : « Maître, fit le chevalier, je vous demande si vous croyez que la vierge Marie, qui porta Dieu en ses flancs et en ses bras, ait enfanté vierge et qu'elle soit mère de Dieu. » Et le Juif répondit que de tout cela il ne croyait rien. Et le ehevalier lui répondit qu'il avait vraiment agi en fou quand, ne croyant en éUe m ne Taimant, il était entré en son église et en sa maison. « Et yraiment, fit le chevalier, vous le payerez. » Et alors il leva s& béquiUeetft^ipa te Juif près de l'oreille, et le jeta parterre. Et les Juifs se mirent en fuite, etemportèreat leur maître tout blessé : et ainsi finit la conférenoe. Alors f abbé vint au chevalier, et hii dit qu'il avait iait une ^ande folie. Et le chevalier répond que f abbé avait ftut une plus grande folie
encore d'assembler une t^jlle conférence ; car avant que la conférence fût menée à lin^ il y avait céaus grande foison de bons chrétiens qui fussmt partit
de là tous mécréants, parce qu'ils n'eussent pas bien entendu les Juifs. < Aussi vous dis-je, ûi le
roi, que nul, s'il n'est très-bon clerc, ne doit disputer avec eux ; mais un laïque quand il entend médire de la loi chrétienne, ne doit pas défendre la loi chrétienne sinon avec l'épée, dont il doit donner dans le ventre autant qu'elle y peut en- . trer*. «
N XI. — Habitudes de saint Louis. Un eordelier lui prêche la justice.
Le gouvernement de sa terre fut réglé de telle
sorte que tous les jours il entendait ses heures avec chant, et une messe de Reguim sans chanl^ et puis, s'il y avait lieu, la messe du jour ou du saint avec chant. Tous les jours il se reposait dans son lit^ après avoir mangé ; et, quand il avait dormi et reposé, il disait dans sa chaml)re premièrement Votfice des morts, lui et un de ses chapelains, avantqu'il entendit ses vêpres. Le soir il entendaitsescomplies.
Un eordelier vint à lui au château dliyères, là où nous quittâmés la mer ^, et pour enseigner le roi il dit en son sermon qu'il avait lu la Bible et ' les livres qui parlent des princes mécréants; et il
1. Je dois faire observer que loin de mettré cette théorie en pratique, saint Lonis a converti beaucoup de Juifo par la persua* sioni et se les est attachés par ses bienfaits.