Voy. chap. xcm
paix ni trêve avec les Sarrasins. Gomment les messagers du roi de France furent reçus, je vous le dirai ainsi qu'ils le contèrent eux-mêmes au roi; erdans
ce qu'ils rapportèrent au roi vous pourrez ouïr beaucoup de nouvelles^ lesquelles je ne veux pas conter maintenant, pârce qu'il me faudrait interrompre ma matière que j'ai commencée et qui est telle.
Moi qui n'avais pas mille livres de rente en terre, je me chargeai quand j'allai outre-mer de moi dixième de chevaliers, et de deux chevaliers portant bannière; et il m'advint ainsi que, quand j'arrivai en Chypre, il ne m'était demeuré de reste que deux cent quarante livres tournois, mon vaisseau payé. A cause de quoi quelques-uns de mes chevaliers me mandèrent que si je ne me pourvoyais pas de deniers, ils me laisseraient. Et Dieu, qui jamais ne me faillit, me pourvut en telle manière que le roi, qui était à Nicosie, m'envoya quérir, et me retint à sesgages, et me mithuit cents livres dans mes coflOres; et alors j'eus plus de deniers qu'il ne m'en fallait.