‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 43 sur 126 · Cenddl, dans le texte originaL · texte numérisé non relu

Cenddl, dans le texte originaL

•DE SlINT LOUIS. 63

L'impératrice vint demander du secours au roi pour 15011 seigœur, qui était demeuré à Gonstantinople, et elle négocia tant qu'elle emporta cent paires de lettres et plus, taat de moi ({ue desautres «mis qu'elle avait là; dans lesquelles lettres nous étions tenus par nos serments, si le roi ou le légat voulaienit eiiYO;er trois cents chevaliers à Gonstantinople après que le roi serait parti d'outre-mer, nous étions tenus , ^dis-je^ par nos serments d'y aller. Et moi, pour acquitter mon serment, au moment où nous partîmes, je requis le roi, pardevant le comte d'Ëu, dont j'ai la kitre, disant que s'il y voulait envoyer trois cents chevaliers, j'irais pour acquitter mon serment. £t le roi me répondit qu'il n'avait pas de quoi, et qu'il n'avait si boa "trésor qu'il n'eût vidé jusqu'à lalie. Après que nous fûmes arrivés en ^pte, l'impératrice s'en aUa en France, et emmena avec elle monseigneur Jean d'Aere, son irère^ le<}uel elle maria h la comtesse de^ontfortK

1. Jean d'Aéré^ firère de rimpéiatrieè Ifaiie^ épousa ea 1251 JeaTiir« CbAlMidtoy fettf e ê» Jean: tioatte éé Montfbrt, mort en Chypre en 1249. Il avait éfpouaê ea preoilèrea noce» Marie da Coucy^ Teuve d'Alexandre 11 roi d'£co»e«

XXXI. — Du s judan dlconium , du roi d'Arménie et du Soudan de Babylone.

En ce temps que nous vînmes en Chypre, le Soudan dlcpnium était le plus riche rOi de toute la contrée païenne, et il avait fait une merveille; car il avait fait fondre une grande partie de son or en pots de terre, et il fit briser les pots; et les masses d'or étaient demeurées à découvert au milieu d'un sien château, si bien que chacun qui entrait au château y pouvait toucher et voir; et il y en avait bien six ou sept. Sa grande richesse apparut en un pavillon que le roi d'Arménie envoya au roi de France, qui valait bien cinq cents livres; etle roi d'Arménie • lui manda qu'un ferrais du Soudan dlconium le lui avait donné. Ferrais est celui qui tient les pavillons du Soudan et qui lui nettoie ses maisons.

Le roi d'Arménie, pour se délivrer du servage du Soudan dlconium, s'en alla au roi des Tartares, et se mit en leur servage pour avoir leur aide ; et il ramena une si grande foison de gens 'd'armes qu'il put combattre le Soudan dlconium. £t la bataille dura longtemps, et les Tartares tuèrent tant d'hommes au soudan que depuis on n'ouït plus de ses nouvelles. A cause de la renonomée qui était

grande en Chypre de la bataille qui devait avoir lieu, des sergents à nous passèrent en Arménie

pour gagner et pour être à la bataille ^ et jamais nul d'eux n'en revint.

Le Soudan de Babylone*, qui s'attendait que le roi viendrait en JÉgypte auprintemps, eut la pensée d*aller renverser .le soudui d'Émesse*, qui était son ennemi, et Talla assiéger dans la cité d'iimesse. Le Soudan d'Ëmesse ne savait comment venir à bout du Soudan de Babylone; car il voyait bien que ce Soudan, s'il vivait longtemps^ le renverserait, liât tant négocier avec le ferrais* du Soudan que le ferrais l'empoisonna. Et la manière de Tempoisonnement fut tellei,que de ferrais s'avisaque le Soudan venaittousles jours jouer aux échecs, après dîner, sur .la natte qui était au pied de son dit; laquelle natte, jsur quoi il sut que le soudan.s^asseyaittous les jours, il l'empoisonna. Or il advint ainsi, que le Soudan, qui était sans chausses, se tourna sur une écorcliure qu'il avait à la jambe; tout aussitôt le venin se jeta dans le ¥i|,^et lui ôta tout mouvement de la moitié du corps, de ce côté vers le cceur. Il

1. Cette Babylone, dont il sera souvent parlé dans la suite du récit, e^t celle d'Êgypte, aujourd'hui le grand Caire. Le Soudan dont il est qqestiûZL ici, se uoiomait Malak-^aleh Nagem-eddin Ayoub.

2. Malek-îs'asser, prince d*AIep, qui s'était emparé d'Émesso, ?ille de Syrie située sur l'Oronte et dépendant de l'Égypte.

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