‹ Histoire de saint Louis (volume 2)Chapitre 62 sur 126 · LVI. — De la Halca ou garde du Soudan · texte numérisé non relu

LVI. — De la Halca ou garde du Soudan

Parce qu'il nous iitut poursuivre notre matière, il nous la faut un peu entremêler pour faire comprendre comment les soudans tenaient leurs troupes en ordre et ên arroi. Et il est certain qu'ils

avaient composé la plus grande partie de leur cavalerie d'étrangers que des marchands prenaient en terres étrangères pour les vendre; et ils les achetaient très-volontiers et chèrement. Et ces gens que les marchands menaient en Ëgypte, ils les prenaient en Orient, parce que quand Tun des rois d'Orient avait déconût Tautre, il prenait les pauvres gens qu'il avajt conquis, et les vendait aux marchands ; et les marchands les revenaient vendre en Égypte.

La chose était tellement ordonnée que le Soudan élevait les enfants dans sa maison jusques à tant que la' barbe leur venait ; de telle manière que selon ce qu'ils étaient, le soudan leur faisait faire des arcs à leur taille ; et sitôt qu'ils se fortifiaient^ ^ ' ils jetaient leurs arcs dans l'arsenal du soudan, et' le maître artilleur leur baillait des arcs aussi forts qu'ils les pouvaient tendre. Les armoieries du Soudan étaient d'or \ et les armoiries que le soudan

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portait, ces jeunes gens les portaient aussi ; et ils étaient appelés bahariz^

Dès que la barbe leur venait, le Soudan les faisait chevalîenu £t ils portaient les aimoiries du Soudan, excepté qu'il y avait une différence^, c'est à savoir des pièces vermeilles, des roses, ou des bandes vermeilles, ou des oiseaux, ou d'autres pièces telles qu'il leur plaisait, qu'ils ajoutaient sur les armoiries d'dr. £t ces gens qae je vous nomme, s'appelaient^ laHaka*; car les bahariz couchaient dans les tentes du Soudan. Quand le Soudan était au camp, ceux de la Halca étaient logés autour de la demeure du soudan , et établis pour garder le corps du soudan. A la porte de la demeure du soudan, étaient logés dans une petite

• tente les portiers du soudan et ses ménétriers, qui avaient des cors sarrasinois, des tambours et des timbales; et ils faisaient un tel bruit au point du jour et à la nuit que ceux qui étaient près d'eux ne se pouvaient entendre l'un l'autre ; et on

• les entendait clairement parmi le camp. Et les ménétriers n'auraient pas été si hardis que de sonner de leurs instruments pendant le jour, sinon

1 . C'est-à-dire maritimeSj du mot bahr, mer ou fleuve; ils occupaient une caserne, sur les bords du Nil, dans Tlle de Rauda^ en face du Caire.

2. La différence ou hrisure consistait dans une pièce accessoire ajoutée aux armoiries principales.

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