CXXI. — Joinville eondiiit U rdne à Sur
EmJbarçjueiBffiK du loii
Après ces choses, le i^oi me manda que je m'al-
lasse armer, moi et mes chevaliers. Je lui demandai pourquoi, et il me dit que c'était pour mener la reine et ses enfants jusques à Sur, qui était bien à sept lieues de là. Je ne lui répliquai pas une parole; et pourtant le commandement était ' très - périlleui , car nous n'avions alors ni paix ni trêves avec ceux d'Ëgypte,i ni (lycc ceux de Damas. Par la miséricorde de Dieu, nous y arrivc\mes tout en paix, sans nul empêchement et à la tombée de la nuit, alors qu'il noue avait fallu deux fois descendre de cheval sur la terre de nos ennemis ï^our faire du feu et cuire des alivients, pour nourrir et allaiter les enfants.
Ouandle roi partit de la cité de Sayette, qu'il avait fortifiée de grands murs et de grandes tours^ et de grands fossés curés dehors et dedans, le pa- Ibiarche et lee barms du pays vinrent à lui et lui parlèrent en telle manière. « Sire,vousavez fortifié là cité de Sayette, et celle de Gésarée, et le bourg
de Jaffa, ce qui est un grand profit pour la Terre
sainte; et vous avez beaucoup renforcé la cité d'Acre par les murs et les tours que vous y avez Ifaits. Sire, nous avons considéré entre nous , et nous ne voyons pas que votre séjour puisse apporter de profit au royaume de Jérusalem; c'est pourquoi nous vous donnons avis et conseil d'aller en Acre au carême qui vient, et de préparer votre passage, afin que vous puissiez vous en aller en France après Pâques. » Par le conseil du patriarche et des barons, le i^oi partit de Say ette et vint à Sur, là où la reine était ; et de là nous vînmes à Acre à rentrée du carême S ^
Pendant-tout le carême, le roi fit préparer ses vaisseaux pour revenir en France ; il y en avait treize, tant vi^sseaux que galères. Les vaisseaux et les galères furent préparés en telle manière, que le roi et la reine s'embarquèrent sur leurs vaisseaux la veille * de saint Marc, après Pâques, et nous eûmes bon vent au départ. Le jour de la saint Marc, le roi me dit qu'à pareil jour il était . né ; et je lui dis qu'il pouvait bien dire aussi qu'il était rené| quand il échappait de cette périlleuse