XXIV NOTIONS SUR LA GRAMMAIRE
sans lequel l'articulation de la consonne précédenle serait presque impossible. On terminait par une s la première personne du singulier, quand cette consonne appartenait au radical du verbe, et qu'elle devait par ce motif reparaître au pluriel avant la désinence ons : c'est-à-dire qu'on écrivait je connais et je fais, à cause de connoissons et faisons, tandis qu'on écrivait je cousant elje promet avec un t,3i cause de consentons elprometons. 11 y avait des exceptions à cette règle : par exemple, /e di et nous disons. A la troisième personne du singulier on écrivait aime et commande, parce que la désinence de cette troisième personne en latin {at), comparée à celle de la première (o), avait laissé plus de traces dans la prononciation. Dans des textes plus anciens, cette désinence at est représentée par et plutôt que par un simple e muet : on avait commencé par écrire il commandet avant d'écrire, il commande.
Imparfait et conditionnel. Dans ces deux temps, la première personne dusingulier se terminait par oie, la seconde par oies, et la première personne du pluriel par iens : c j'avoie, tu avoies, nous aviens î. Pour le verbe être, il faut signaler, à la troisième personne singulier de l'imparfait, l'emploi simultané de la forme estoit, empruntée à l'imparfait latin d'un autre verbe [stabat), et d'une forme plus ancienne ère ou iere, qui n'a pas survécu, quoiqu'elle dérivât régulièrement du type latin erat.
En dehors de celte exception, il existait alors comme aujourd'hui tout un imparfait emprunté, ainsi que les participes estant et esté ou estei, au verbe latin stare (en français ester), qu'il faut distinguer du verbe être proprement dit : Joinville, qui employait le mol estoit comme synonyme de ère ou eraf à l'imparfait du verbe et?'e, l'employait aussi, dans une autre acception, comme imparfait du verbe ester (§ 207), dont il se servait d'ailleurs à l'infinitif (§§ 325 et 385), et au gérondif (§§ 60 et 526).
Prétérit dé^ni. Ce temps est aussi rare dans leg chartes