‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 107 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

UB ÉUrvf E FAR Shlfn PERPÉTUE SUR LE TOMBBAU DE

SAIIfT HARTm.

/^^lE^endant , Téglise univetselle avait commencé, pres-

^ ^^^«ifôt a^rès la mort du saint, à lui rendre un culte

T? *^ici: Il ne fiit pâte , H vrai dire, partout également hoûoré

, 1^^ ^^ €aules 6ù sa vertu avait excité , de son vivant , la

^ ^^"^fe de quelques évêqlies. C'est ce dont nous avons vu la

*V ^^A'e dans les dialogues de Sulpiee. Sa fête , néanmoins , ne

^^ pas à être ré^ue de toutes les églises. Elle fiit même

^ ^'^tôt célébrée ï»ar les Grecs qu'on sait n'avoir pas toujours

^ "trop dé vénération jiour les saints de l'Occident. Leur

m^^'^^ologe de saint Basile fait mention de saint Martin et leurs

^^^ ^ées lui donnent le titre de ITiaumaturge. •Sozomène ,

-iir grec du v® siècle , raconte en abrégé la vie de saint

^^i*tin , dans son lystoire ecclésiastique.

. Comme il a été le premier confesseur dont TÉglise latine ;ut solennisé. la fête , les plus anciens martyrologes parlent de lui , entr*autres, ceux qu*on attribue à saint Jérôme et & Bède. En 490, le.pape Gélase, imité plus tard par saint Grégoire le Grand, fai^it une honorable mémoire de saint Martin dans son Sacramentairô et le plaçait, dans le Canon de la niesse , au rang des apôtres et des plus célèbres martyrs.

Le rit mozarabe ordonne trois jours de jeûne en préparation à la fête de saint Martin , comme pour celle de l'Epiphanie, usage qui fut introduit, quelques siècles après, en Hongrie , par saint Ladislas , son huitième roi. Les plus anciens missels des Gaules et le mozarabe où saint Martin est le seul confesseur nommé , nous fournissent un office propre au jour de sa fête. Son nom s'y trou?e aussi dans le sacré Canon.

Cette dévotion générale prenait sa source dans les miracles qui s*opéxaient continuellement à son tombeau. Les princi- {)aux nous sont rapportés par un contemporain' . Les voici:

Souvent . les énergumènes qu'on amenait à la sainte basilique pour y être délivrés . étaient emportés en Tair par-dessus les griUes du temple et précipités par le démon dans un puits ronfenué dans son enceinte. Ils en furent retirés sains ei sjLiUs ^ b vue îles peuples. ?(ous avons vu , ajoute l'historien du VI* siècle, le même bit se produire de nos jours au Uk^Uk^ puiis.

Tn autxt' deuKUi s étant enipané d*aii vase, c'est-à-dire vlu corps dim lK>nwk\ Tentnina vers le fleuve pour Ty iK\\xT^ L1iit<vrtu;;e alU;; périr : su^ le bienheureux confess<^r lie hù uuuq'^' ^vjks dnus vY péril. Le possédé entre dans l\Niu . ^v^' I au;iv Kyvi oe la Uxn^ ii s«jrt du fleuve sans

k \\\x%,. r^ . Mît :^ 3l4X L i. i. ^

^ Souffert le moindre mal ni même mouillé ses habits.

.. ^^>i à la cellule du saint, à Mannoutier, il se trouva

^ ^^é^ Dans son état de possession, cet homme faisait sou-

^^ ^ entendre un grand nombre de pàroleà étranges ,fe'expri-

ïD^XX dans^ la langue de nations inconnues , prédis^iit Vàvenir

^^ ^nfessait ses crimes. Mais ; comme nous TâVons dit , sitôt

fl^*il eût touché le seuil de la cellule sacrée, il se retira sain

d'esprit. '

Ëgidius , alors maître de la milice dans les Gaules , était assiégé , dans la ville d*Àrles , par les Yisigoths. Il n'avait aucun espoir de leur échapper, lorsqu*invoquant saint Martin , il fit uoe sortie et mit en fuite les ennemis. A Thèure où se passait ré vénement, un démoniaque, au milieu de la basilique de Tours , déclara qu*il était dû à Tintercession de saint Martin. Cette victoire , qui rendit la sécurité à l'empereur Majorien et procura la paix à la Gaule , est rapportée à Tan

Une jeune fille était atteinte de paralysie , et , qui pis est, livrée aux erreurs d*un culte fanatique. Elle se rend au tombeau du bienheureux , y célèbre des veilles et recouvre la santé. Mais étant revenue à son vomissement d'idolâtrie , elle retomba dans Tinûrmité dont l'avait délivrée rmtercession du bienheureux pontife.

Une couronne d'or, hommage offert au méri^ du saint, décorait son tombeau. Un soldat de l'armée des Huns, qui alors avaient fait irruption en Gaule, ose l'en arracher. Soudain, il perd la v.ue. Contraint par la douleur, il restitue son vol et recouvre en même temps la lumière. . Un autre homme de la même nation , poussé par le tentateur, poursuivait quelqu'un , Tépée à la main, et était près de le tuer, dans le parvis même du saint confesseur. Tout à coup, retournant sa rage contre lui-même et frappé d'un soudain

jugement île Dieu , il so perce d- outre en outre. Enfin» un jour le |k^uple plein de joie se disposait à transporter des colonnes |)our ToruLMuent du temple du bienheureux. Un honune, qui viiyait d un ceil jaloux cette entreprise , proféra de^ grandes uienai'os contre sa femme, coupable seuleaienl; d'avoir prêté ilei» iu&truments demandés pour ce travail ; ea? • tous deux habitaient une maison de campagne voisine de Tendcoit où il avait lieu. Le châtiment de cet impie ne se fit pas attendre. Monté sur un cheval , il le frappait, l'animal le jeta âans un ruisseau pou pi*ofond , mais où , cependant , la malheureiux se noya en se pressait lui-même le visage contre le sable. Quant aux colonnes, elles furent portées, escortées par le peuplei jusqu'au bienheureux teniple.

On raconte aussi que toujours on vit croître l'huile déposée iur le saint toml^eau. L*évèqiie Perpétue, troisième suoœsseur du grand suint , et qu'on peut à juste titre , dit Thistorien , préconiser commo son disciple, y porta nu jour une fiole avec de l'huile pour qu'elle fût sanciitiée par la vertu du juste. Avant ûvkyiS un peu de poussière du marbre qui couvrait le saint i^orps, il la mêla à cette liqueur. L'huile, alors, se rc|>andit au dehors en tili*' abondance, que les vêtements de révoque on furent inond'j-s et se trouvèrent en même temps imprègnes ù*i;n pnùi!:! r.eliiiïnx. Cette huile, aussi, rendit la s.mté «^ un grand bom-re de makdes. Souvent, même, ollo eut la vertu d'éioi^aer les or..^i-s des champs purifiés par '^on movciK

V\\ i\ô\ci\ . plein de t>i . s iiitît rendu au temple : désirant anîi'i.inu^'.u iwriicMW ;u:\ î':)ve::rs ou saint, il chercJiait dans vi jvrswMV mil jvuv'wiî i:v:iV'v;<^; o.e ce lieu sacré pour <o;i Ss-^li.t î er;i<M ii <*.;rrrxl;i A\i ;ombeâu, et supplie le jianhen de Ini i^Mv*:er u '; :v:; l'e la cirt Wnite qui y brûle. S,\n devir sAïïstait , ;; s. îvùro pkin dejoio- M avait un champ

fl

CQsemencé. Animé d'une sainte confiance , i{ y dépose un peu

àe cette cire. Survient un orage terrible , semblable à celui

9^i 9 les années précédentes, avait ravagé tout ce canton.

Grâee à cette bénédiction , il ne touche point au champ sanc*

tàRé où, dans la suite, il ne fit plus aucun dégât.

Or ^ poursuit Thistorien , la magnifique et tant désirée fête d^ I^âques étant arrivée, le peuple s'était rendu dévotement ^ la cellule , sanctifiée jadis par la présence du bienheureux ^^ ses nombreuses communications avec les anges. Là, les ^^^les couvraient de leurs baisers et arrosaient de leurs * ^■^•'^^es les lieux où autrefois il s'était assis , où il avait prié , avait pris sa nourriture , où , après de nombreuses fati- , il avait accordé à ses membres un moment de repos, pieux devoirs remplis , ils se disposent à repasser le sur les bateaux qui les attendent , afin de visiter aussi ienlieureux tombeau , de s*y prosterner devant le confes- • et d'y implorer avec larmes la clémence divine, Tandis sont sur Teau , le tentateur soulève une bourrasque , arcation est submergée et les passagers des deux sont emportés par le courant de la Loire. Ils roulaient ^i au milieu des flots sans espoir de salut. Alors , toutes réunies ne poussent qu*un seul cri : a Miséricordieux n , délivre de ce pressant danger tes serviteurs et tes » Aussitôt le souffle d'une brise tranquille les fait des ondes, et secondé par Teau elle-même, les rend et saufs au rivage. Aucun d'eux ne périt, mais tous Tèrent iivec allégresse la fête de Pâques. ^ — - '^i^ pèlerinage à Marmoutier , dès le matin de Pâques , était ?^ ^^ déjà en usage à cette époque , le peuple le faisait à la * ^" de révoque. Il resta jusqu'à la fin quelques vestiges de coutume. Au xviii® siècle, le clergé de saint Martin allait ^ -e tous les ans visiter ca saint lieu, le lundi après

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, disparaît et le laisse en parfaite sauté. Même

s'opéra sur la fille que le neveu de Paulin devait

et qu'une fièvre maligne avait aussi réduite à

vertueux poëte considéra cette guérison comme la use du soin qu'il avait pris d'écrire en vers la vie t Martin , d'après l'ouvrage en prose de Sulpice Sévère, travail de Paulin de Périgueux » malgré une versin peu châtiée , étincelle de grandes beautés littéraires, nous connaîtrons le second des deux poètes à qui nc>cis avons fait souvent des emprunts dans là première partie ^^ «ette histoire.

int Perpétue, qui avait succédé à saint Eustoche, suc-

r de saint Brice, était, comme nous l'avons dit,

In des miracles journaliers de samt Martin. Voyant

uîté de la chapelle qui renfermait les saintes reliques ,

jugea indigne de si grandes merveilles ^ Il la fit donc

, et, avec le concours des personnes pieuses , contruisit

^"^^ôine lieu une grande basilique. On travailla sans inter-

n à cet édifice, pendant plus de sept ans. Le zèle intel-

avec kquel Perpétue pressa l'ouvrage fut couronné

inagaifique succès. La nouvelle basilique, éloignée^e la

d'environ cinq cent cinquante pas , avait en longueur

^ soixante pieds et soixante en largeur. Sa hauteur jusqu'à

'Voftte était de quarante-cinq pieds. Elle' avait trente-deux

^^tres dans le chœur, vingt dans la nef et quarante-une

*^^nBes. On comptait dans tout l'édifice cinquante-deux

^ '^^ très » cent viagt cdonnes et huit portes, dont trois dans

^ ^lioeur et cinq dans la nef.

^ - Creg. Tur. Dist., 1. 2, c. 44 et 1. 10, c, 50.— Ven. Fort., 1. 4. ' Sifion. Ep. 18, ad Luc.

Les mur#es et lesf colpmies * éuient incrustées d^ worbre^ 4^ différentes copieurs. A.u-deddD$ et au del^qrs , le ^epiple était orB^ de courcmoes et de festpns, relevés eo bosse et faits de porphyre, de criflrtaux et d'autres pierres éijlfitao^, Saiift ËHfrâiQe 4'Autuo eovqya k To^rs» avec grapde dévotioQt le mar4>re qui fut p^aeé sur le tombeau sacré *. Safo^ Sidpiqe de Qeri^ont et P^i^lia de Périgueux composent , à la louange de fiaint Martin, des vers qui furent gravée en caractèiFes d'or sitr \^ niurs de sou église.

Au-dessus de 1 -autel, sur Tarcade de la priocipale voûte, était gravée aussi eu lettres d'or cette inscription ^ : « Que ce lieu est redoutable , c'est vraiment le teipple de Dieu et la porte du cie). i» Et plus bas, un vers, dont le iseus est celui-ci i « Corps de Martip , vénéré du monde entier» » Bur un côté du tombeau on ^sait ; « Ici est renfermé Martin, éyéque de sainte m&nqire : son &ntô est dans la main de Pieu, mais il ^st tont entier pré^nt ici , oii il sq manifeste p^f tqute grâce de vertus. » Et sur l'autre côté ; « Il a çoiqbattu un bon combat, il ^ consommé sa course, il a conservé sa foi; du reste, il attend la couronne de justice que lui ren* dra en ce jour le Seigneur , juste juge. » Âu-degsus du tombeau étaient inscrites ces lignes : « Confesseur par les mérites • martyr par la croix , apôtre par Taction , Martin se distingue dans le ciel par son rang, ici, par son tombeau. Puisse-rt-il se souvenir de nous , effacer les péchés de notre vie , et avec ses mérites , cacher nos crimes. »

Enfin , arriva le temps si désiré du pontife , où il devait faire la dédicace du temple , et y transporter le saint corps

i. Odo Clan., serm. de Gombust. S. Basil.

a. Greg. Tur., Hist., 1. B, c. 37. — Siden, 1. 4, Ep. i8.

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