‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 115 sur 155 · Greg. Tur., Hist., l iO, c · texte numérisé non relu

Greg. Tur., Hist., l iO, c

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le& |Bpl'<U)d« actes par lesquels cette dévotion s>st inaBife$té« et i;»<si.sseF sous signée ces miracles , c'est s'en tenir aux aflfets 'occuper de la cause,

us retracerons donc quelques-uns des faits merveilleui ra|^ ^portés par saint Grégoire. Voici le plus célèbre de ceux qui la matiire du premier livre. U eut lieu en Tannée 560. araric, nommé par d'autres Théodemir , était alors roi da ^ Suèves de la Galice. Son fils , tombé dangereusement i^^lsi^^e , se trouvait dans un tel état de langueur qu'il n'avait pl*^ ^ que le souffle. Or , le père de cet enfant professait l'hé- ^é^î^ arienne avec tout son peuple. En outre, ce pays était i^fscs^té de la lèpre plus que toutes les autres provinces. Le ^^i "voyant son fils à l'extrémité, dit à ses courtisans: «Ce in qui fait, à ce qu'on rapporte , tant et de si éclatants iges dans les Gaules, de grâce, de quelle religion était- " ^ 3^ Ils lui répondirent : « De la religion catholique. Tant 9^* * il. vécut et gouverna le peuple coipme évéque , il assura 9** * dfcn devait vénérer le Fils avec le Père et le Saint-Esprit ,

e ayant avec eux une même substance et une égale -puissance. Maintenant, assis au séjour des cieux, il ne , par des bienfaits , de pourvoir au salut de son peuple, i ce que vous me racontez est vrai , dit le roi , que mes es amis se rendent en toute hâte k son temple et y perde riches présents. S'ils obtiennent la guérison de mon i)t , je me ferai instruire de la foi catholique à laquelle il a > et j'y croirai aussi. » Il envoya donc au saint tombeau une me d'or et d'argent d'un poids égal à celui de son fils, messagers arrivent, offrent leurs présents et prient pour le ^^'^^^Vide devant le tombeau du bienheureux. Mais, dit Thisto- ^î^n « l')iérésie qui dominait encore le cœur de sgn père, ^P^p^kiha p'il ne reçût de suite une entière guérison. Les

^Bffvgéi, à imr r»t9Uf • rusMUtriBl «u tqï qs'ito wttH» m

de nombreux onracles s'opérer au tombeau du bienheur^^H^c/jr.

« Nous jgqorpas » «'youtèrent-iU « pourquoi ton fils Q*a pa^^^ été

guéri,» Gpmprenant que son fils ne pouvait être guéri «^ s'il

ne crQyait Iç Glirist, égal à son Père* le roi bâtit une é^^^Ii;se

en riionneur du bienheureux Martin. Lorsque cet édifice ^d 'un

travail admirable fut terminé, il dit solennellement: «ce Si

j'obtiens ^des reliques de l'homme juste , je croirai tout^c^ ^uc

les prêtres m'annonceront.» Cela dit, il envoie une sec^i:^ :*i<î*î

députation avec des présents plus considérables. Arrivô-

saint lieu, ^ ses gens demandèrent des reliques. On do

alors ce nom à d^e simples linges ou morceaux d'étoffe

avaient été laissés quelque temps sur les tombeaux des sa

C'est ce qui se pratiquait en particulier à Rome aux tomb

des Apôtrejs. On offrit donc , selon la coutume , de ces

ques aux députés galliciens. <[Nous n'agirons pas ai

dirent-ils., mais nou^ demandons qu'il nous soit permis

placer nous-mêmes sur le tombeau ce que nous voudro

pour l'y repreudrç ensuite.» Alors, ils déposèrent, sur

tombeau une partie d'un voile de soie que d'avance ilsavaie

pesé ; ils ^jsaîçnt * « Si nous trouvons grâce devant le patr

que nous implorons, ce que nous avons déposé deviendrait

plus pesant et sera pour nous la bénédiction demandée par 1

roi. » Ils veillèrent donc une nuit et au matin pesèrent l'objet

qu'ils avaient déposé. La grâce du bienheureux s'y était ré- ^^*^

pandue avec tant d'abondance que le voile de soie enleva le ^%

bassin de la balance aussi haut qu'il put monter. Comme on ^î-

élevait ces reliques en grand triomphe , les prisonniers de la ^ ^

ville entendirent le chant des psaumes , et , admirant la dou- ^ * ^

ceur des sons, demandèrent aux gardiens ce que c'était. ^f

Ceux-ci leur dirent : « On emporte en Galice les reliques du ^ ^

seigneur Martin , et c'est pourquoi l'on chante ainsi. » Alors , j ^

ces malheureux se mettent à invoquer» en pleurant/ saint

^Aart,iii et à le prier de les délivrer par sa vkîle dès ôHlraves ae leuT 'pWi(oti.' Soùdanies girdé^ épdùvatflièk pP^iïéiit' la Fuite , toutes les entraves sont bfiséës; la 'Wôupè'*^^^^ niers se lève délivrée de se^ fers. Ils vîenhei'i't 'aiiisi , 'à' la Vue du peuple , jusqu'aux saintes reliques , bdikéhl éii ' i[yletirant les bienheureux ga^es et rendent en métùe tàépTUe^ alètfdhs de grilce au samt dont la bonté lès à sàiiVés. / L'fevëqtiè 'de Tours ayant ensuite obtenu leur pardoridli' ju^, ils Airent ^^nvoyés sains et saufs. Témoins de cet événement , cêtkqui portaient les reliques ert furent remplis de joie. «Mâmteriant, disaiont-ils, nous reconnaissons que le bieiihéui'èux évéque ^^'Snc se iriontrer propice h nouk pauvres pécheurs.» Aîrtsî, ^pi*è s avoir rendu leurs actions de grâce ad Ciel , ils ''■ s'erabar- ;nt sous la garde du saint patron. Dés Vagues diaress, des vents tempérés qui enflaient doucement leurs voiles, une mer tranquille lés eurent bientôt conduits' dahs un P^ï^t; ^e la Galice.

-*^n même temps qu'eux y arrivait, uh saint homme, appelé pussi Martin. Conduit sans doute pat là ï*rôvîdeiice''àïVîne. ^^"^^ ait quitté ^on pays qui étùît aiisàMa Pàhiàonie , lé jour c oh se faisait à Tours la levée des rèliiiïies et entra ^nne elles daiis le même port. ' '' "'

ss précieux gages sont reçus avec uile âuprêmé vénérait des mirJàcles île tat^dent pas à venir c'dnWriia'e^ ti foi. ré de toute maladie, le fils dû rot acé8ùruï'au devant aintès reliques. L'étranger , iiommë liîârtih , ordonné peu 5 évôqiie de cette contrée \ composa dçs 'ver§ q^ûi furent ^

its sur la porte méridionale de là basilique de saint

in.

« roi des Suèves, alors , confessa l'unité du Pi^re, et du

et du Saint-Esprit, puis reçut l'onction, c'ést-à-dire

iait catéchumène avec toutes les personnes de sa cour.

AriMitOt lâ lèpre cessa d*affliger le peuple; tous eeux qui èu étaient atteints flireUt guéHs , et pendant longteïnp6 on n'en vit aucun cas dans le pays. Le Seigneur , à Tarrivée des saints gages , versa sur cette nation une grâce si puissante , que , dit Thistorien , il serait trop long de raconter les miracles dont ce jour fut témoin; maintenant encore, ils ont tant d'amour pour le Christ , que tous ils seraient disposés au martyre , si le temps des persécutions revenait. On avait déjà vu en Espagne , dès la fin du v^ siècle , plusieurs églises magnifiques dédiées k saint Martin.

Nous empruntons encore au premier livre des Miracles, les deux suivants , dont le premier * a rapport au trait le plus populaire de la vie du grand saint.

A cette porte d'Amiens, où autrefois le bienheureux avait couvert , d*un morceau de sa chlamyde , un pauvre transi de froid , un oratoire avait été bâti par les fidèles. Là , maintenant , des vierges religieuses étaient établies en Thonneur du saint évêque. Elles auraient eu de la peine à vivre sans la piété des dévots qui, bien souvent, les nourrissait. Cependant , elles eurent une fois quelques ruches qui leur avaient été données. Un envieux les regarda et se dît en lui-même : « Si je pouvais enlever quelque chose de ce qui est dans ces vases ! » La nuit suivante , poussé par le démon , il enlève les trois vases et les charge sur un bateau. Son intention était de passer la rivière pour s'approprier plus facilement ce qu'il avait dérobé. Mais , je crois , dit l'historien, que ce vol l'en empêcha. C'est ce que la suite fit voir avec évidence. Au lever du soleil leô gens se rendaient en hâte au port pour passer l'eau. Ils voient au rivage un bateau, des abeilles s'échappant en foule de leurs ruches , et un homme à l'écart étendu par terre.

^^^ croient endormi , et comme déjà ils ont appris des reli- 9^>i&es le vol commis à leur préjudice , ils se précipitent sur "^ pour le lier , le malheureux était sans vie. Aussitôt on informe les vierges de Tévénement et Ton restitue à la pieuse ioaison les objets dérobés , non sans admirer la promptitude avec laquelle s'était exécuté sur cet homme Tarrêt de la vengeance divine. — Nous reviendrons dans nos récits à ce lieu honoré par la dévotion des peuples.

L'autre fait nous ramène à la basilique de Tours ^ Sous le pontife saint Eufrône, voici ce qui arriva au prêtre Wiliacharius.

Dans un temps où ce prêtre de Tours avait encouru la colère du roi Chlotaire , il s'était enfui à la basilique de saint Martin qui, dès lors, jouissait du droit d'asile. Là. on b gardait enchaîné, quand, par la vertu du bienheureux pontife , ses chaînes se rompirent et tombèrent. Plus tard , on ne sait par suite de quelle négligence , il fut pris hors du parvis. Chargé de fers , les mains liées derrière le dos , il est conduit vers le roi. Alors , criant à haute voix , il prie le bienheureux Martin d'avoir pitié de lui et de ne pas laisser emmener prisonnier un de ses dévots qui s'était réfugié dans son temple. Tandis qu'il parle ainsi et que le bienheureux évêque Eufrône prie du haut de la muraille de la cité qui regarde la basilique, ses mains sont déliées et tous les anneaux de ses chaînes tombent en morceaux. Amené devant le roi , il est de nouveau mis sous garde , les fers aux pieds et aux mains. Mais il invoque le nom de l'illustre patron et tous ses fers se brisent en mille pièces comme s'ils étaient d'argile. Ce qu'il y avait en tout cela de remarquable , c'est que tant qu'il n'invoquait pas ce nom sacré , le prêtre restait enchaîné ; au contraire , sitôt

qu'il l'avait prononcé, tous ses liens se rompaient. ,I^e roi £ut assez. d'intelljigencp pouf.^yqir dai;if,çeMje.wervQiUe la .pujissante Intervention de saj[nt M^tm. ,Il,piei yoylut.p^^ faire reprendfç ses çliâînes^auprjspni^içr etlp rçnçljt;îi.|^î liberté. « C'est^ dit i'bistoriqi^. djcla bjoucbe ipôme. ^e^j^iji^dh^rius que j'ai appris ces faite qu^^ eu présençp 4e;n<«n-

breux témo^h^., Puisse \^, s^pt confesseur se QianllÇest^ ^.moi par un prodige semblable ei délier les entraves de mesjpécbés , comme il br^ Içjs pei^anites chaines dont, . ce prêtre était chargé.» , , .

L'Italie ^ se distinguait aussi à cette époque p^r la culte qu'elle rendait au grand saint. Elle surpassai^ joM^q en cela, au dire de l'^ii^torien , lesliejiix ou reposaient les membres de l'illustre cofifesseur. Au§si , y faisait-i|taat de miracles qu'on n'eût pu les écrire tous. Il y guérissait surtout des pustules. Sitôt qu'une personne éta|f atteinte de ce mal,, op k portçût au plus prochain oratoire du saint, Là, on enlevait ^elque morceau du yoMe de la porte p^ des tapisserie^ de la itturfulle . on le plaçait sur le malade et il guérissait.

Saint Fprtunat , plu3 tard évéque de Poitiers , atteint d'un mal d'yeux qui lui ô^ait la Viue, fut guéri en les touchant avec l'huile d'une lampe allumée, devant une image de saint Martin, dans une église de Ravenne. Deux de ses amis obtinrent la même grâce, et son père fut ^auvé d'une ^maladie mortelle par l'attouchement d'un objet pris dans un oratoire du saint. C'est sur le témoignage de Fortunat lui-même que, notre liistorien raconte ces faits. La dévotion de Fortunat pour son bienfaiteur l'attira en France . et il écrivit eu vers la vie de saint Martin, environ m siècle après Paulin de Périgueux. Ces deux poètes sont ceux que nous avons çilés souvent dans la première partie de cette histoire.

i. PauliD, Vit. B. M., 1. C. --Fort, ibid., 1. 4.

mm en revenir à la sainte basilique , dès le temps de saint E^mj^l^^dé, un grand nombre de pauvres y furent inscrits qui

ient recevoir tous les jours leur subsistance des jprésents qim £~ ss*y disaient. C'est ce que nous appren'id notre auteur d^tns mm. *3LTattiati^'uè récit^ . Poiir réjprimér , dit-fli Vàudàce dé^ jgens sax:» ^^ foi , il veut raconter la manière dont la vengeance divine trr« A-C^^ QDt honhne qui avait fait un faux sertnent dans le saint por*^^:-iqtie.

y iivâit là une matricnlé que nonrrfêsaient les bienfaits au , c'est-à-dire les aumônes de ses dévots. Car les âdèles y '^:t^ j)ortaScnt chaque jour ce qui était nécessaire à la subsista «tm^^^ des indigents. Ces pauvres bénis avaient coutume, l*^*^^<9|u*i!s se retiraient , de laisser un gardien chargé de recepour eux les offirandes. Un dévot donc , en vue de la recense céleste , offrit un trians , pièce de monnaie dont n'avons pu découvrir la valeur qui était apparemment * ifievêé. Le gardien ne craignit pas de cacher ce don à )s. A l'heure de sexte, les pauvres s'étant rassemblés, ^■^^^andèrent à ce gardien ce que la bonté ordiriàre du bien- '^^^^^eta pasteur leur avait envoyé. Car ils avaient appris ^ ^ * Waè offrande avait été faite : « Par ce lieu saint, dit le gar- ^^^*ï , SA lés miracles du seigneur Martin , je jure qu'il n*a rien ^Oûhéici, y ce n'est un seul argenteus. * C'était une 'd'argent d'une valeur sans doute de beaucoup inférieure ^ *^^lle du trians. Il avait h peine achevé ces mots , et la ^^^ol^ pendait encore h ses lèvres que , saisi d'un tremble- ^^*it: soudain, il tombe à terre. Porté sur son lit par les ^î^în^ de Ses compagnons, il se prend k sangloter avec force. Cexi3^ qui Tentourent lui eu demandent la cause. « J'ai fait un P*'^rjtJre, répond-il, au sujet de ce trians que les pauvres

^- IMis. S. Mari., 1. T c. 81.

réclamaient, ce que je souffre est un châtiment. Donc, je vous en prie , prenez cette pièce de monnaie et la rendez à la matricule. » Le gardien restitua le trians et expira.

Cependant , le pèlerinage au tombeau de saint Martin était devenu aussi fameux que ceux de la Terre-Sainte , de Rome et de Saint-Jacques en Galice. C'est pourquoi, quelques années après rétablissement de la matricule , on bâtit , aux environs de la basilique , deux grands hôpitaux où les pèlerins et les malades étaient reçus et traités. L'un était réservé aux personnes nobles ; mais dans l'autre , tout le monde était également bienvenu. L'aumônier qui était encore, dans les derniers temps , un des dignitaires de la basilique , avait l'administration de ces lieux de piété et était chargé avec quelques autres du soin des malades.

Dès les premiers siècles de la fondation de la basilique , les moines qui la desservaient se rendirent illustres par leur science comme par leur sainteté. A l'époque où nous en sommes, il y avait déjà la une école nombreuse où l'on enseignait l'Écriture sainte, le chant des psaumes , les cérémonies et la discipline de l'Église*.

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