‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 116 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

miUGLES DE SAINT MARTIN RACONTÉS PAR SAINT GRÉGOIRE

DE TOtJRS.

Nousvsommes arrivés à Tépiscopat de saint Grégoire qui commença en 565. H fut lui-même Tobjet du premier des miracles qu'il raconte dans son second livre.

Le second mois de son ordination , comme il était à la campagne , il fut pris par une dyssenlerie accompagnée d'une fièvre violente. Déjà il avait perdu tout espoir de revenir à la santé, car les remèdes n'avaient apporté aucun adoucissement à ses souffrances. Il appelle Armentarius , son premier médecin , et lui dit : « Tu as , pour moi , épuisé toutes les ressources de ton art. Tu as essayé la force de tous tes remèdes ; mais le monde ne me peut sauver de la mort. Une seule chose me reste à faire , je vais te révéler un remède souverain. Prends de la poussière du très-saint tombeau du

seigaeur Martin et fais m'en une potion. Si ce remède demeure sans eJet, il n*est plus possible que j'en récbappB.»

Un diacre est donc envoyé au tombeau du bienheureux. La poussière sacrée qu'il en rapporte est délayée dans un peu d'eau et présentée aux lèvres du moribond. Gréjgoîre prend le breuvage , et bientôttoute sa souffrance s'est apaisée. Un tombeau lui a rendu la vie. La guérison fut prompte , car ce que nous venons de dire se passait à la troisièma heure c'est-à-dh^e h neuf heures du matin , et à la sixième , ou midi , le saint évêque se mettait en marche pour aller prendre son repas. Saint Grégoire nous a encore laissé le rédt de plusieurs autres bienfaits qu'il dut k l'intercession de son glo* rieux prédécesseur.

«Mais, dit-il*, quel exposé ma petitesse pourra-t-elle faire de ces miracles, puisque le saint dé Dieu, bien que ravi au monde , est cependant encore prédicateur dans le monde? Il ne peut se montrer ouvertement aux peuples, mais sans cesse il se manifeste par d'éclatantes merveilles ; il éclaire les aveugles , il guérit les paralytiques , et rend h la santé toute sorte d'infirmes. Quant à moi, je"me crois indigne de publier les miracles d'un si grand homme. Cependant, puisque j'ai tant fait , j'en demande pardon au lecteur. L'amour du saint patron me presse; je l'ai désigné comme faisant encore la fonction de prédicateur , je vais dire ce qui est arrivé dernièrement. »

Sisulfus, homme pauvre du pays des Cénomans, s'était, au milieu du jour , endormi dans son jardin. On ne sait par suite de quelle influence maligne il se réveilla tout à coup , les doigts contractés contre là paume de la main. La douleur même qu'il éprouve le replonge dans un nouveau sommeil.

in

♦ il voit debout . devant lui , un homme aux vêtements

. à la tète blanche -, qui lui dit : c Qu*as4ii à pleurer

?— Voilà, vénérable seigneur, répond le pauvre, qu€

e sois endormi , puis, je me suis réveillé avec une grande

eur, privé de Vusage de mes mains; je ne sais quel crime

commis. — Ton infirmité , dit le personnage , annonce h

tioii qui' attend un peuple pécheur. Ta donc par les bourgs

^ $ châteaux , avance jusqu'à la ville , prêche à tout homme

L ait à s'abstenir des vols , des parjures et des usures

personne , le dimanche , n'ait d'autre occupation que celh

sister aux solennités mystiques. Car, voilà que nous

'mes prosternés avec larmes devant le Seigneur , deman-

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