‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 12 sur 155 · ÂctaSS.i 3 sept 9 V. S. Ma&sueii · texte numérisé non relu

ÂctaSS.i 3 sept 9 V. S. Ma&sueii

mée Âbra. Depuis cette époque , il s'était appliqué avec tant de zèle à former ses mœurs sur les règles de l'Église, qu'il semblait posséder déjà la grâce du sacerdoce. Plein d'amour pour la vérité , il l'annonçait partout. 11 instruisait les uns de la foi en la Trinité, il animait les autres à la vertu par les promesses du royaume des Cieux. Tel était Hilaire dans l'état laïque. Attiré par sa réputation, Martin se rendit auprès de lui. Assez longtemps après , le peuple de Poitiers demanda Hilaire pour évêque. C'était vers 353*. Hilaire succéda sur ce siège à saint Maixent , frère de saint Maximin de Trêves.

L'évéque de Poitiers , qui avait apprécié bien vite le trésor que Dieu lui avait envoyé , résolut de se l'attacher plus étroitement, et pour cela, de le vouer au ministère sacré.

Une fonction qui avait alors dans l'église une grande importance , était celle de diacre. On le voit , par les canons des conciles de cette époque , qui condamnent les prétentions de certains diacres , prétentions nées de l'orgueil que leur inspirait leur dignité. Ainsi, les conciles d'Arles et de Nicée défendent aux diacres d'offrir le saint sacrifice , comme ils faisaient en divers lieux, ou de donner la communion aux prêtres, ou delà recevoir avant eux. Les diacres de la ville épiscopale sont en particulier rappelés à l'ordre. 11 leur est interdit de rien s'attribuer de ce qui appartient aux prêtres, ou de le faire sans leur participation. En effet, les diacres avaient alors l'administration des offrandes et de tout le temporel des églises; c'était donc par leurs mains que les pauvres recevaient les aumônes , et les clercs leurs pensions. Ces prérogatives leur attiraient une grande considération , et leur donnaient une espèce d'autorité sur les prêtres les moins désintéressés. Telle était la dignité qu'Hilaire voulut conférer

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à son disciple , mais il échoua devant riiumilité du saint jeune homme. Mainte fois il revint à la charge. Toujours Martin criait avec force qu'il en était indigne.

Homme d'un génie supérieur , son maître comprit que le moyen de le contraindre à céder , c'était de lui imposer une fonction présentant en elle-même quelque chose d'humiliant.

Il lui enjoignit donc de se préparer à recevoir l'ordre d'exorciste. Car on recevait alors les quatre ordres mineurs en différents temps , mais on était admis de bonne heure à ceux de lecteur et d'exorciste. Martin craignit , en refusant encore, de paraître mépriser cette fonction comme trop basse : il l'accepta. Mis.au nombre des plus jeunes clercs, il commença dès lors , au nom de l'Église , cette guerre contre les démons , qui fut celle de toute sa vie. On montre encore aujourd'hui à Poitiers l'emplacement probable de la cellule qu'il occupait dans la communauté des clercs de saint Hilaire.

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