‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 122 sur 155 · ilh. II · texte numérisé non relu

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coutume , Remigia nourrissait les pauvres. Elle implore le secours du saint pour sa domestique. Pendant quatre jours, elle demeura prosternée devant la bienheureuse cellule , dans une prière et un jeûne continuels. Au bout de ce temps la jeune fille était complètement guérie de sa fièvre, et la matrone s'en retournait, avec sa suite, glorifiant Dieu,

C'est en pratiquant les mêmes œuvres * qu'un nommé Vînastc recouvra la vue. Affligé depuis plusieurs années d'une entière cécité , il avait coutume de venir de son pays h la cellule du saint. Là , il célébrait dévotement des veilles et rassasiait largement la faim des pauvres. Il les servait même autant qu'il le pouvait. Un jour, son vœu accompli et son service auprès des pauvres terminé, il se prosterne devant la balustrade du lit sacré , faisant des prières et des adieux , car il voulait s'en retourner. Sa prière achevée , il se lève , ouvre ^^ peu les yeux. « Je vois, dit-il, comme un- rideau de soie suspendu ici.» C'était le voile de soie suspendu à la balustrade. Ses amis lui répondent : « Ce que tu vois est la réalité.

Vinaste recommence à pleurer et a prier le bienheureux confesseur qu'il daigne achever son œuvre. Tout en priant ^insi , avec plus d'ardeur que jamais, il s'endort. Un homme, alors , lui apparaît, qui lui dit: c Va-t-en h la basilique du ^^gneur Martin , c'est là que tu obtiendras ton entière gué- '''son . » Vinaste ne perd pas un moment. Conduit par les '^^^îns de ses serviteurs, il se dirige vers le temple du bienheureux confesseur , à Tours. Sitôt qu'il en a touché le seuil , ** Recouvre une vue parfaite.

Si ces miracles sont surprenants , les sentiments de ceux ^^i les ont obtenus ne le sont pas moins. On dit de notre ^^naps : Pourquoi n'y a-t-il plus de miracles? Pourquoi,

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demanderons-nous, n*y a-t-il plus de foi» plus de charité? C'est rind,ifféreQce de l'homme qui a contraint le ciel à se fermer. Il laisserait encore pleuvoir sur nous ces douée» mer^ veilles si nous avions assez de foi pour les demander.

Le trait que nous aUons raconter n'a pas eu Gand6$ pour théâtre. Il appartient cependant à l'histoire de son ég&e, car, il montre la foi d'un de ses clercs. Ce clerc , nommé Pidus ^ , avait , en naissant , apporté à cette vie laborieuse des mains fermées , inhabiles au travail. Lorsqu'i leut dix ans» ses ongles, en croissant, lui firent endurer de cuisantes douleurs. N'y tenant plus, il se rend à Tours, au seuil du bienheureux confesseur. Il y passa un grand nombre de jours dans un jeûne rigoureux , et en revint enfin les doigts redressés et les mains guéries. Environ cinq ans après , il tombe dans une infirmité non moins déplorable. Une fièvre violente lui ôte l'usage de la parole. La fièvre le quitte , mais il demeure muet. Ses organes étaient même tellement paralysés qu'il ne pouvait faire entendre le moindre cri. Pour y suppléer, il lia ensemble avec une courroie , trois petites planches. Il les portait à la ^ain , et en les choquant Tune contre l'autre , il rendait le son que lui refusait sa bouche. Ce pauvre jeune homme retourne donc à la basilique du saint , à Tours. C'était la nuit de l'Epiphanie , minuit était passé , Piolus s'endormit. Un songe vient lui offrir l'image d'un danger. Dans son effroi, il ouvre cette bouche, auparavant fermée, et pousse un cri : c Seigneur Martin , delivre-moi ! » Avec ces mots , le sang s'échappe de son gosier, et il recouvre à la fois l'ouie et la parole. Tout le peuple de Tours eut connaissance de cette guérison.

Saint Grégoire raconte ensuite avec simplicité une mysté-

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