‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 124 sur 155 · Ch. AH · texte numérisé non relu

Ch. AH

il n*en est pas ainsi de la seconde , dont toutes les circonstances ont été publiques. Du reste, quel que puisse être le jugement de la critique sur ces histoires , on ne saurait leur contester un certain intérêt; elles nous introduisent au milieu de ces générations , dont la foi était la vie. Elles ne nous racontent pas les hauts faits des rois et des princes , mais nous initient à la connaissance de ce pauvre peuple si oublié par tant d'écrivains. La forme en est simple , mais le fond pathétique. On y retrouve la source de ces émotions douces, pures, relevées , qui faisaient battre les cœurs de nos pères et leur arrachaient des larmes. Pour nous , chrétiens , hommes du peuple , ce sont des histoires de famille.

Le bruit des miracles de Candes y attirait des pèlerins , non-seulement de la province de Tours, comme nous avons pu le remarquer , mais encore des provinces voisines , principalement du Poitou et de T Anjou.

Au village deCraon*, situé sur le territoire d'Angers, vivait un homme appelait Floridus . dont les mains et les pieds étaient contractés. Apporté h la sainte cellule de Candes , il s'y applique durant quelques jours aux veilles et à la prière. Bientôt ses membres se redressent et il s'en retourne parfaitement guéri.

Une femme, originaire de Tours, était aveugle. Toucher la balustrade , qui entoure le saint lit , lui semble devoir être pour elle un gage de salut. Guidée par son mari , elle se rend à ce sanctuaire. Depuis bon nombre de jours , elle y répandait sa prière avec componction. Enfin, cette miséricorde qui en avait secouru tant d'autres, jeta sur cllo. un regard de bonté et rendit à cette femme l'usage de la vue. Il en résulta, dans le cœur de la miraculée une telle ardeur de foi , que le

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