Déf. des Privil. de S. Marty passim
Gaules souscrivirent à cette décision et les rois l'autoriserez^ ^ait par leur patentes.
Âgiric, abbé de saint Martin, se rendit à Home et p senta au pape Adéodat une lettre de recommandation Grotpert avec le privilège d'exemption dont il demanda confirmation. Ayant connu la qualité de ce privilège , le p fit d'abord difficulté de le confirmer. En effet , ce n'était la coutume de l'église de Rome de démembrer ainsi diocèses les monastères et lieux religieux pour les soust absolument a la juridiction épiscopale. Cependant , parce Grotpert, évéque diocésain , et les autres évéques des Ga avaient consenti à ce privilège pour la sainte basilique , pape le confirma.
Ainsi la dévotion de la France envers saint Martin fiL cause de cette concession. La basilique et son territoire meurèrent soumis immédiatement au saint siège pou spirituel , et au roi des Francs pour le temporel.
Cinquante ans après , c'est-à-dire vers l'an 720 , !!► évéque de Tours , pénétré du même esprit que son pr^ cesseur , voulut avoir part au mérite d'une concession avait un principe si saint. Il en reconnut la vérité et Y prouva par une charte , en forme de concession nouvelle » souscrivit et fit souscrire par d'autres prélats.
Cependant, le grand et continuel concours des pèlerinstombeau de l'illustre Thaumaturge , attira bientôt des m chauds qui s'établirent aux environs du cloître et sur le t ritoire de l'église de saint Martin. Il s'y forma une popula considérable et une ville qui fut d'abord appelée Martinopi^ On trouve même qu'il y avait dans cette ville vingt-d^ églises bâties par les moines de saint Martin.
Ces faits donnèrent lieu d'établir dans !a basilique évéque chargé d'y exercer les fonctions du 4usaetfei:e ipi^
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Eopal . sous rantorlté de l'abbé , d*y administrer les sacrcments et d'annoncer la parole de Dieu au peuple et aux pèlerins qui y abondaient de tous côtés. On a vu aussi un évéque propre, dans Tabbaye de Saint-Denys, sous Tautorité de rabbé.
Cel établissement n'avait rien de contraire au canon du concile de Nicée qui défend de placer deux évéques dans une même cité. Martinopole et Tours , quoique proches l'un de l'autre , étaient deux villes distinctes habitées par deux peuples différents. En outre , cette institution édifiait les fidèles et augmentait leur vénération pour l'église de Saint- Martin. Aussi, dans les premiers temps, les évéques de Tours et leur église cathédrale, remplis d'un même esprit, la virent sans envie et la grandeur de l'église de Saint-Martin ne leur fit aucun ombrage. Il y avait, au contraire , une véritable union et une parfaite correspondance entre ces deux ^lises , l'une épouse et l'autre fille du grand pontife.
Âvee le huitième siècle nous apparaît , dans les Annales de la Basilique , le grand nom de Charlemagne^ Les lettres patentes de ce prince, datées de la première année de son empire , nous apprennent qu'il lui avait donné, dans le c(»nté d'Asti , autrefois partie du Milanais , et aux environs de Pavie ; un collège de chanoines et une église dédiée à Dieu sous le vocable de saint Perpétue, sancti Perpeiui degolaris, avec plusieurs parusses qui en dépendaient.
D'autres lettres patentes du même prince , datées de k vmgt*deuxième année de son empire, font mention des églises qui étaient en Allemagne de la dépendance de celle de Saint-Martin. Il parle aussi, dans ses capitulaires , delà fête du Passage de Saint-Martin; il l'appelle, et avec lui nos
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anciens historiens, Missa sancti martini. Cela prouve que cette fête a été , en France, observée comme d'obligation , dès le temps où elle a commencé à s'y solenniser. Car, c'était ainsi qu'on appelait autrefois les solennités des saints où le peuple devait s'assembler pour assister à leur messe. Cette assertion est, du reste, confirmée par le premier concile de Màcon , qui donne k cette fête le nom de Férié , c'est-à-dire le jour où l'on doit s'abstenir de travailler. De plus, Jean, archevêque de Rouen , autrefois métropole de h seconde Lyonnaise, dont Tours avait fait partie, nous apprend que, dans cette province , la fête de Saint-Martin tenait le même rang que celle de saint Jean-Baptiste , et des apôtres saint Pierre et saint Paul.
Une autre fondation * atteste encore la dévotion de Charlemagne pour saint Martin. Ce prince, ayant vaincu et subjugué les Avares , bâtit à Sabarie une église dédiée au grand saint qui avait illustré cette ville par sa naissance , et qui , maintenant , porte le nom de Szent-Marton ou Saint-Martin.
Le précepteur de Charlemagne , le bienheureux Alcuin , à qui cet empereur donna l'abbaye de Saint-Martin % en rendit l'école très-florissante. Il y enseigna publiquement, pendant plusieurs années , toutes les sciences en vogue dans son siècle. Sa doctrine , jointe à une grande piété , y attira plusieurs personnes de mérite et de distinction qui devinrent illustres dans l'église. Grâce à l'instruction qu'ils recevaient à l'école de Saint-Martin , les Francs , au dire des historiens , furent bientôt comparables aux anciens habitants de Rome ou d'Athènes.