Brev. S. Blart., in fest. Subvent
tombe sous le glaive, une partie est ramenée prisonnière ; le reste parvient à s'échapper. Les Turones poursuivirent les Danois jusqu'à la sixième pierre hors la ville. Us rentrèrent ensuite portant, avec des hymnes, le corps de celui qui triomphait pour eux et à qui revint tout l'honneur de la vie* toire. Neuf cents Danois avaient été tués.
Pour perpétuer la triomphale mémoire de cette guerre , au lieu même où s'arrêta le corps du saint , on bâtit en son honneur une église que cette circonstance fit nommer Saint- Martin-de-larGuerre, Ecclesia sancti Martini belli. Un bourg s'y est formé depuis , appelé de nos jours Saint*Mârtin-le- Beau , fausse traduction du titre latin de l'église.
Quant à l'endroit où son corps resta toute la nuit sur la muraille et donna le signal de la victoire , il était marqué par des débris d'anciens édifices. C'était là, disaitron, que se trouvait jadis le palais où Valentinien avait été contraint miraculeusement à se lever devant le saint. Le roi Louis-le- Bègue fit don de cet emplacement à l'église de SaintrMartin. Là, l'archevêque avec le peuple fidèle restaura, en l'honneur du saint , une église appelée la Basilique-de-Saiot-Martin , aujourd'hui Saint-Martin-de-la-Basoche.
A cette occasion , l'archevêque et d'autres prélats s'étant assemblés, célébrèrent un synode où il fut résolu que , désorsormais , tous les ans , dans tout le diocèse , la fête de cette délivrance serait solennisée le 4 des ides de mai. On ne pouvait lui donner de nom plus convenable que celui de Subvention, sous lequel elle se célèbre encore aujourd'hui, le 12 mai , jour auquel la ville fut délivrée. L'office, au dernier siècle , s'y faisait aussi solennellement que dans les plus grandes fêtes. La messe y était chantée à deux chœurs , par les chanoines , d'un côté , et de l'autre , par les moines de Marmoutier, venus processionnellement.
ttinze ans s'étaient écoulés depuis les incendies d*Hastin-
• Alors , paratt pour lui succéder un homme de la même
ns^tion , et que la même destinée exile de son pays. C'est
0, guerrier intrépide, ennemi déclaré des chrétiens; il
soutenu par une multitude de fantassins , un nombre con-
i*abl6 de cavaliers, et une foule immense de soldats de
sorte. Les habitants de la Flandre , de la Normandie et
Bretagne , sont par lui défaits en plusieurs rencontres ,
s villes et places fortes , ainsi que leurs églises , sont
en cendres. Le vainqueur fait d*innombrables vic-
• Ensuite il met le siège devant le Mans.
I^endant ce temps-lk, il fait partir pour Tours des officiers
^OB armée avec mission de détruire la ville , d'en enlever
^^^*^ l'or et tout l'argent avec ce qui s'y trouverait en outre
Ae i>r^cieux , d'enchaîner les habitants et de les lui amener.
^^îs Dieu fit agir sa clémence. Le Cher et la Loire se trou-
^^■^^i^t tellement débordés que leurs eaux réunies offrirent
'3^1>^ct d'une mer. Cette inondation ferma l'abord de la
^■-^ sux bataillons ennemis.
^^oiitefois, Marmoutier qui, comme on sait, n'est pas loin 'i^CDurs , fut entièrement détruit. L'épée des Barbares y fit P^^i^>^ cent seize moines. L'abbé et vingt-quatre religieux qui
^^^'^^ient cachés dans des cavernes parvinrent seuls à s'é-
^ ^î>j)er. Encore l'abbé est-il bientôt retiré de sa cachette.
/^ essaye, par les tourments, de le contraindre à déclarer
^^ ^ciint les trésors de l'église et à ramener les moines cachés
^^^ les cavernes. Mais cet homme de Dieu, qui s'appelait
^■^ ^me , brava toutes les tortures , et ne révéla ni l'endroit
*^*^saient les trésors sacrés , ni les lieux obscurs où ses fils
^^nt cachés.
tielque temps après, les eaux étant rentrées dans leur » les citoyens de Tours eurent la liberté de sortir de la
ville. On apprit alors la ruine de Marmoutier , les tortures endurées par l'abbé , la mort précieuse des moines. Cette nouvelle jeta un voile de deuil sur la joie commune et affecta surtout les chanoines de Saint-Martin. Ce ne fut partout que soupirs et que larmes.
Prenant donc un air et des vêtements lugubres , les chanoines se rendent en pleurant à Marmoutier. Là, leurs gémissements redoublent et leurs larmes coulent plus abondantes. Quant leur douleur est un peu cahnée, ils tirent de leurs cavernes ténébreuses les vingt-quatre moines restés vivants , les réunissent à l'abbé , et les emmènent avec honneur à leur église. Dans la suite , ils les défrayèrent de tout , et leur donnèrent une maison contiguë à la basilique dont une porte secrète leur permettait rentrée.
Six mois après cet événement , les chanoines apprennent que, maître du Mans, RoUo se prépare à venir aussi prendre Tours. En conséquence , ils tiennent conseil avec les citoyens et se décident à enlever cette perle précieuse , cet inestimable trésor , c'est-à-dire le corps de saint Martin , et de renvoyer à Orléans. Les porteurs et gardiens de la sainte relique furent Héberne, abbé de Marmoutier, avec ses vingtquatre moines et douze chanoines qui devaient , jour et nuit, servir Dieu et Martin , le confesseur du Christ. On chargea de les accompagner sans cesse douze bourgeois de Martinopole, nommée alors Châteauneuf. Ceux-ci devaient pieusement servir les serviteurs du saint et les pourvoir du nécessaire.
Apprenant plus tard que les Danois sCs sont avancés vers les parties supérieures de la Gaule , les porteurs de la relique se retirent , avec leur trésor , à Saint-Benoît-sur-Loire , village situé à sept lieues de Gien. Peu de jours après , la renommée leur annonce que RoUo est arrivé à Orléans.
Alors, ils se rendent à Chablis, petite ville à quatre lieues d'Auxerre.
C*était en Tannée 877 , comme l'indique uue patente de Charles-le-Chauve. Cette pièce datée de la troisième année de son règne en France et de la deuxième de son empire , porte confirmation d'un échange de terres fait entre Hugues , abbé de saint Martin de Tours , et les moines de Chablis. Il y est inséré que le corps vénérable de saint Martin reposait alors dans le monastère de ces derniers.
Cependant , le séjour des porteurs dans ce lieu ne fut pas long. La crainte les chasse encore de cet asile , et , avec leur précieux trésor , ils s'avancent vers Autissiodorum , aujourd'hui Auxerre. A la nouvelle de leur approche , l'évêque avec toute Ig ville , courent au devant de la sainte relique , reçoivent avec l'honneur qui lui est dû un hôte si grand , conduisent le pieux cortège à l'église de Saint-Germain, et déposent auprès de son tombeau celui de Martin son égal en sainteté. Aussitôt , grâce aux mérites du bienheureux Martin , des miracles innombrables s'opèrent dans ce lieu. Les aveugles recouvrent la vue , les boiteux l'usage de leurs jambes, les fiévreux la santé; les estropiés, les lépreux, les paralytiques, sont guéris de leurs maux et infirmités. Le bruit s'en répandit dans tout le pays , et l'ont vit arriver à Auxerre , de jour en jour , une telle multitude de malades qu'on eût cru à l'invasion d'une armée. Comme la ville ne pouvait contenir tant de monde , les pèlerins étaient obligés de se répandre dans les bourgs voisins pour y trouver un logement.
Or, toutes les offrandes des malades guéris par les mérites de Martin revenaient à la famille de ce saint pontife , c'est-àdire à son escorte. La quantité de ces dons finit par produire une telle somme d'argent que les clercs de la ville en furent jaloux. Pressés par l'aiguillon de la cupidité et de l'envie , ils
s'adressent en ces termes aux serviteurs de Martia : < Comme
les miracles qui s'opèrent sont dus autant à notre pontife qu'au vôtre , il est juste que , s'il en résulte quelque profit » il soit partagé entre nous. »
Ceux-ci leur répondirent : c Avant que notre Martin vint ici » malgré la présence de votre Germain , il n'était question d'aucun miracle. Mais à l'arrivée de notre évéque on vit , grâce à ses pieux mérites, éclater une foule de merveilles: c'est la reconnaissance excitée par ses bienfaits qui nous attire de tels bénéfices. Nous voulons cependant ôter de votre esprit toute ombre de doute à ce sujet. Yoici devant nous un lépreux , qu'on le place entre les deux pontifes ; s'il se trouve guéri dans la partie qui est du côté de Martin , et que la lèpre reste sur celle qui touche Germain, il faudra regarder, Martin comme l'auteur du miracle. Si, au contraire, du côté de Martin il n'est pas guéri , et que , de celui de Germain il le soit , évidemment le miracle devra être attribué aux mérites de Germain. »
L'épreuve est acceptée de part et d'autre. Le lépreux est placé entre les deux évêques. On passe la nuit en veilles et eu louanges. Au point du jour, les deux partis se réunissent. La moitié du corps du malade qui regarde Martin est trouvée parfaitement saine ; par un secret jugement de Dieu , la guérison de l'autre partie est différée.
Mais afin qu'un miracle plus évident fît briller avec plus d'éclat la vérité , on tourne vers Martin le côté du lépreux qui reste à guérir. Le lendemain matin cet homme , aux yeux de tout le monde , apparaît totalement guéri. La querelle fut ainsi assoupie , et depuis , les serviteurs de Martin recueillirent en paix toutes les offrandes des malades.
« 0 admirable courtoisie du pontife Germain, s'écrie ici l'historien. Il avait eu autrefois assez de puissance pour res-
susciter des morts ; mais » dans sa maison , il cède tous les honneurs à son hôte et consent à lui paraître inférieur dans l'accomplissement des miracles- 0 mérite sublime du thaumaturge Martin ! Conservant partout, même dans Texil , la prérogative de la dignité pontificale, il illustrait , par la grâce de ses miracles , la cité qui lui avait donné l'hospitalité , et, à regard de ses disciples , se montrait toujours bienfaisant , large , magnifique. »
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Mafe quittons un !feomènHâ'*infe *! 'GfermkW po#^?^ènl?^'* h lî* ^ité, veuve de sf^-^pèntife bieBMâitié!^ PÉSWâht^cliièlë"^'
Bamv capitaioes'dèS' ©aftôfe , vinré&t-^pllkr ^tfft * églfeè' é<»y:^' • mettre lé feu. Cet îfiei^ndîè , qui eutiîettmOOSV-Wt lé*^^»cruel qu'elle àH jiimafe 90i*ffiefrt: t^^^ ViBPaè ^
Châtteâunéttf et viûg^hiift églises' y •ftfënt'ëilï^eW^^^ '■"
Quand il s'agit de restaurer la basilique , a^î'èiWitrfdé^'''** sastriB", lés fonds^aii chapitre de saint^Mafti** sfe"^r4v%ïëiii insuffisants: On sollicita à^-ceifetfcdi^ën'fet Rliér*ll6é^«'Af^' " phonscv roi rf'Espsfgtih' Ce-ptince/^àr i^^^ tQfeiise*^<)bff-*' ' géante, tànoignabeaùcôiiq> de yiénérâfem fioirf'-lé sàiirt êl de ''
1 Gerv., p. 3(9'.
• iii*: 'î '♦ ; .' i
lai
<^vm^£dération pour son clergé. Cependant on ne voit pas que ^ loonne volonté ait eu aucun effet. Mais Dieu pourvut d'une aiVEt.i*e manière à la détresse de ses enfants.
Cjvi*and nombre d'années s'étaient écoulées depuis l'arrivée
de Isi sainte relique à Aiixerre. La paix avait enfin été rendue
^ l'église par la conversion de RoUon à la foi chrétienne.
C'était sous le règne de Charles-le-Simple. Alors, les citoyens
de Tours députent vers Auxerre pour redemander leur
seî^ocur et patron. Les envoyés se rendent auprès de Janvier,
év^ôqiie de cette ville , et le prient de leur permettre de rame-
ï^r leur pontife. Celui-ci leur fit cette réponse : « Je ne veux
que mon église soit frustrée d'un si grand trésor dont je
"trouvée en possession lors de mon élévation à l'épis-
oyant qu'ils ne pouvaient rien gagner sur cet évéque , le^ Sens de Tours espérèrent que le roi des Francs leur serait P^^*^ favorable. Ils s'adressent donc à lui, et le supplient "***x^l)lement d'ordonner qu'on rende à la ville de Tours son ^™^*:* Martin, et de convertir ainsi en une joie extrême le où la plonge l'absence de son pasteur. Le roi leur dit : mme les deux villes relèvent pareillement de l'autorité e et que toutes deux nous servent également bien , nous ions faire une injustice en dépouillant violemment d'un trésor dont la possession lui est acquise, pour ^:tivestir votre ville de Tours qui en a depuis longtemps u la propriété. »
^us de leur espérance , les députés tourangeaux revienchez eux. Un concile se forme alors à Tours. L'archee de Tours Adaland, Rémon d'Orléans, Mainold du s, et saint Loup d'Angers avec une multitude de clercs et iîcs sont rassemblés. On délibère sur le parti à prendre, in ce tcmps-lk vivait un homme illustre. C'était Ingelger ,
comte deCatioais, petit-fils d'Hugues, duc de Bourg<Hfue« gneur de Lorraine et d'Amboise. vaillant guerrier, célèbre sa probité et sa puissance. Il avait reçu depuis peu, du roi, gouvernement de l'Anjou, et possédait précisément à Auxer^^oi même un palais, avec des vignes et des fermes dans Im^^ environs. Ce grand personnage se trouvait donc dans les mex^^^ leures conditions pour venir à bout de cette affaire. Austi i0f concile résolut par acclamation de la remettre entre ses numui Ou était sur le point de lui envoyer une dépulation à ce sujet, lorsriue sans doute , par l'effet d'une providence de IHeu t le voilà lui-même qui entre dans l'église de Saint-llartio • pour prier selon sa coutume.
A sa sortie du temple, il reçoit un accueil plein de joie; chacun lui rend les honneurs et le respect qui lui sont dus. Pour lui , il s'assied au milieu de l'assemblée , et coaune s'il eût été averti d'avance par l'Esprit saint; c Hommes de Tours, ditril tout d'abord, hommes opulents , vous qui jouis* sez d'une veine d'esprit si riche , vous qui brillez par U prur dence et le courage , je suis tout à fait étonné , je suis profondément surpris de voir que votre joie , la lumière de la patrie, je veux dire votre pontife ]\flartin, soit ainsi délaissé par vous dans un si long exil, et que vous ayez jusqu'ici, par défaut de zèle , négligé de le ramener. »
Les Tourangeaux lui répondent en pleurant : « Nous te rendons grâces, et, avant toi, à la Divinité qui t'a mis au aeur la pensée de nous entretenir sur ce sujet et de prévenir ainsi l'expression de nos désirs les plus ardents. Non, mon Seigneur , ce n'est pas , comme tu le crois , notre négligence qu'il faut accuser. La lâche indolence du roi des Francs nous empêche d'agir, et l'opiniâtre violence de Tévêque d'Auxerre nous refuse notre cher Martin, malgré nos pressantes requêtes et nos laborieuses démarches. Le cceur de ce pontife
oba4Â.ici.é seiit endurci et il est devenu comme un autre Phat^^i^ • ■ C'est pourquoi il ne veut pas laisser sortir dé cher hii Vkonamedô Dieu et ne cédera qu'à la force. Toi dotic, Seî- ^ qm as en partage la noblesse et la bravoure , là prola puissance, nous t*en conjurons humblemetit tous ^soïnble : pidé par le zèle de Dieu et Tamour du bienheu- ^Martin , charge-toi de cette affaire , rends-le , et avec lui, la joie à ce pays infortuné. »
'■ Voyant' donc que tout ce peuple met en lui, après Dieu , ***i^ esffërance i Tillustre Ingelger est touché de leurs larmes €if * fl^ leùr^' |n*iètes. 11 leur promet de s'emptoyer tout entier ^ l'exécution de Tentreprise qu'ils lui confient. En consé- ^P^otice, il rassemble une armée nombreuse formée en partie *^ 'i^es propres vassaux, en partie de soldats étrangers. Au aîr-e -^'irii' auteur*, l'église de Saint-Martin leva aussi des ^^^^ipes, caip* elle pouvait mettre sur pied une petite armée P^tJii* défendre ' ses biens. Celte armée était ordinairement ^^**» Jwôée de tous ses vassaux et commandée par les comtes "^-'^ïljoti. Le seigneur de Preuilly en portait l'étendard. Ingel- XH*énd<énsuite avec lui environ six mille hommes d'élite, piétons que cavaliers, et se rend à Auxerre. Pendant ^ t.eûip»', lés Tourangeaux, par l'ordre de leur évéque,
une semaine entière dans le jeûne, et adressent à t-dé continuelles et ferventes supplications pour obtenir ^^^ leùt* cher Martin leur sôit rendu.
~ï^a riïé d' Auxerre est dans la stupeur en se voyant tout k
^^t^ rèttiplie d'hommes armés. C'était au son*. Le lendemain,
^^ ï^^t du jour , sans pei'dre un instant, le comte se rend
*J^5>wdà réglise. Là, il prie avec larmes devant le corps du
^^^^Hmné pontife Martin , et acquitte les vœux de son pèle*
^« Gerv., Vie de S. Hart. , p. 818.
- 4f)4riiiage. EasuiU; il va trouver l'évéque pour traiter avec lui dè'là'resdtudon quilëDfitsiJcrè?,
tf lui dit: «On t^appélle pôûtiie et, l'on flionore comme t«l Pourquoi donc, oumia'ntt'étymotogïe de ce nom, détruistu le pont des .vertus, au lieu! de le faire? Pourquoi cs-lu i devenu ' pour ton " troupeau |iin inôdSlé de tromperie el de fraîiide, entraînant ainsi hors de la sublime voie de la vérité ' celiii ([ûi'te suit , pour lé jeter dans lé précipice de la perdition? Pourquoi, sous prétexte de dévotion, refuses-lu de réiidre un trésor cdnRé à ta bo&nè' Toi dans un temps de^ péril? Choisis donc entre ces deux partis. ' Oii bœii iestitû^, sur-le-clwnip aux Tourangeaux leur saint Patron,' ou V^B.^ nettement que tu ne veux pas le rendre. » ;, ' ', ^ ^j;
L'évéque , plein de dépit , fit cett« repose : « Un^wfcr'Çflî ne doit pas venir visiter les lieux saiiits à'maîn'arniée',",nijM*«r, teiidre s'emparer par la force des reliques des saiiiis. CâK^?';. dant patienta aujourd'hui avec les tiens: deniam,tu,s»ijiiias,'=^ que j'ai résolu à ce saiet^ > ï^'évèqiie communlgiui eusid A^' l'affaire à plusieurs de ses ebofrères qui se trouvaient '^MÎT^. chez lui, et tes consulta sur t'issue que pouvait avoir, ç^, démêlé. -■ i- . ■■ . -■••■■'^^ ^
Svagrius d'Autun et I)omnoIus de Troyes lui firent iirs<B, réponse uniforme et sage : « Il n'est pas bienséant Ji^lb^^ évéque, lui dirent4iyd'enleverlebiénd'atjtm,niWT0iw»r s'attribuer par fraude ou violence le dépôt de qûf ffliè'o* soit. Nous savons que les 'Tourangeaux, pressés par, le glaive de l'ennemi, ont apporté ici le corps du faietilieiire«.»s Martin, et t'en ont fait dépositaire. Rends donc de bonne foi ce que des fidèles t'ont confié de bonne, foi. Répare l'offense que tu as faite îi la fidélité : accordé au comte l'objet ,<% sa demande, llest exaspéré: adoucis-le par de douces .paro^cis et des bons offices. Si tu ne xciids de bonne grâce et j)roni>;
Qt ce dépôt, tu vas bientôt, pour ta.hoote et ton désnpQr te le voir enlever malgré toi. Fais donc de nécessité ,. Sois assez prudent pour te m^iotrer libéral avant, .que lemint ne.te, force la mam. »
évequeâ*Àuxerre sq rend à ces conseils. Le courroto du
^I^erne, qui, d^ns la suite, fut archevêque de ,Tour$,. venu aussi avec Ingelger. Mais il n*avait plus avec lui mgt-cmtr^ compa^^^^^ Par T^ffet de la providence ^ et grâce à Tintercession du bienheureux Martin, ils It tous été pourvus, en diverses parties de h Bourgogne, ps d'évêchés, les autres d'abbayes. Ainsi venus en. ce Comme exiles âvéç le saint ^ ils, avaient été par lui, sur rré même de leur éxil, comblés d'honneurs et de
;ses.
Îm)é1ïeberneïeur avait mandé pafcourriefs.de se trouver ^ërre tom lever lé coirps du Pontife, resté seul en exil; voulait que le saint «amené jadis de chez lui en exil par opïes moines aussi exilés, fût reconduit chez lui par les is devenus évéques et a,bbés. , C'est ce qui fut exéou^é. ilébra solennellement la messe propre de saint Martin. Inmger d'Angers et Abnarius d'Auxerre chargent sur épaulés le noble fardeau, et réprennent le chemin dé la ). Les pontifes présents accompagnent avec des h^noanes nouanges, les reliques du saint prélat. Ils sont imités par ïfké plein de dévotion , et la foule du peuple accourt de j parts. Cette première escorte s'en étant retournée, éè dis saint Martin, continua seule sa marche triom-
f éhâsse placée au centre , était portée alternativement
es seigneurs qui avaient suivi ingelger. L'abbé et les
moines, âh»i que les clercs, s*aoqUitcMént trèa-déybtèéieiït chaque jour de rofficé divin. Tous les matfAS on célébrait ttlve messe solennelle dans les églises où la relique* Èrvail été déposée pendant la nuit. Les soldats y assistaient; et ;t6ùt le jour, les airs retentissaient des hymnes et des' caAtfqties quils chantaient à la louange du saint, tant ils étaient tmment touchés du pieux exemple de leurs chefe ât diËâ mirâdës que le saint opérait partout où il passait. Dani? cette noble armée on n'eût pu trouver un seul homme lâche ni efféiooinlé. On n'y connaissait ni la débauche ni le vol. Chacun y vivait de ce qu'il achetait. • ... ... ..
Or, disent les auteurs du temps S aussitôt quef le Cdirps'du très-saint évéque Martin eut touché les frontière^' de son diocèse, ce fut chose merveilleuse de v»ir comment- l^s ouailles sentirent la présence du pasteur , et commàit le pasteur montra sa prédilection pour ses ouailles.- Au mffien des étrangers, il s'était illustré par de nombreux miracles. iMais, au milieu de son peuple , de ce peuple que Dieu lui aVuit'plus particulièrement confié, sa puissance de guérison se manifesta plus étendue, et, si l'on peut le dire, sa bienveillance plus àfifectueuse. A ce moment donc, tous ceux qui souffraient de quelque maladie , même sans qu'on les apportât devant la châsse, sans qu'ils fissent au saint aucune prière; fhrent guéris merveilleusement à droite et à gauche, dans tonte la province. Il y en eut même qui le furent malgré enx. Tant était grande la clémence du saint, et tant est vraie cette parole du Sauveur: « Les œuvres que je fais, celui qui croit en moi les fera aussi et en fera encore de plus grandes. »
En effet , tandis que tous ces prodiges s'Opéraient et que
4. S. Odo., Tract, de Revers. B. M. — S. Adelbold, ibid. — Chroniq. de Tours et de Limoges.
le bruit s'en répandait partout , dans un village appelé Hederaou le Lierre, se trouvaient deux paralytiques; ils vivaient des aumônes qu'ils demandaient aux passants. L'un cl'eux dit à Tautre : « Frère, nous vivons dans une douce oisiveté. Personne ne nous inquiète ; tout le monde a pitié de nous, nous n'avons d'autre peine que celle de demander, nous dormons tant qu'il nous plaît; du reste, nous sommes toujours en repos : enfin , nous coulons des jours heureux. Tout cela nous le devons à notre infirmité. Si nous en étions guéris, il nous faudrait travailler des mains, chose à quo^ nous ne sommes pas habitués ; car alors il serait inutile de mendier. Or, voici , nous ditron , que ce Martin , dans le diocèse duquel nous vivons , et qui revient de son exil, ne laisse pas un seul infirme dans toute l'étendue de son diocèse. Frère, rend&-toi à mon conseil : fuyons promptement Martin. Sortons de son diocèse , pour éviter que sa puissance ne nous atteigne. >
Certes, le conseil était nouveau. Cependant l'autre infirme adopte l'idée. Ils placent donc chacun leurs deux béquilles sous leurs aisselles , et les voilà qui , se traînant plutôt que marchant, se mettent à prendre la fuite. Mais la puissance de Martin les poursuit, les atteint, les saisit et leur enlève, malgré eux , leur infirmité.
Revêtus, pour ainsi dire, de ce prodige, ils ne pouvaient le dissimuler, et n'osaient pas le taire: car ils savaient que celui qui les avait secourus contre leur gré pourrait bien aussi dévoiler leur ingratitude. Ils proclament donc à haute voix le miracle, et invitent les habitants du lieu où il est arrivé à rendre hommage à Martin. Ils ne furent satisfaits qu'après avoir porté à la grande église du saint leurs béquilles, indice de leur infirmité. Ils racontaient à tout le monde, et leur fuite honteuse, et la clémence dont Martin avait usé à leur égard et malgré eux
.%fRkl^ }^Ml^iK|ièi^ts^ati(di^^ one^égMie
ifeadw ^rAmSlt^viHaganipii l'aidDive^ aojanrQ'bife[0D<|uiÂi
une sculpture représentant les deux boiteux dans l'aolioaiiiKle
i .rliQ.'biâitoreu^ pontifé:, j(;001hiu£i.i'l»stinaivoitaiil)^^^ rfigfii'^i^r lQi![ii|et^rias4e<!«}9^4iooèfl»vjlbBii^ nimées se montrent sensibles à sa venue , et luiïftn| fi$tèi|MEr d&;gr|$i«^]|r{M^g{ij. Snr déi»| j^4fbiy^niiA(^loiBJ la na|iir^v/^Q^^:;li^faii}jres<;4etuijiribr}^^ coouw
att[p9iQteiiq[)jii )jd» fçnllite^ott ^ flbuESifiiSDfteliei j <aitosiabr,
mérites de ce père qui revient dans la patrie. .ndim'iMi r-U ..Ç^.naièEûe, à, droite ;et 4' galnêhevïdansjles égli^ dmdiocèfiô^: leei.£loches i^^aieitt^^àos' que .luinaÉnâql^hamme^rf tou^iiâtr des Imnkiairei&if cieifges et ilàmpeis iS('âiluinai«t« d'eiuif m^lioe^/»' p^r Vwàmâffiim. /^Ge4ie)a&nYeito:ei^t!iMe«rp«TtH' ciilièreméQt en.^}^ égli^s «dédiée&jàiKNi nonft^JtopneBafè esjLq^ 'd^rM^rii[»Hi)i^r'^^^
jour et nuit, dans la lecture , la^nédita&njliKlvéilles'v^.le»' jeAn^:et;leis oraisons. L'aiitre^tieélle qw^^Ubonmiaiti^é^se
été enlevé qufand ii s'enfuit devant RolloniO i ^' ^b -în.n:*- Ëiififi^ le seigneur Martin-ientreVavi^sonOàriAéS'daD^ s* cité jde TottTs.: Toutela YrBeéo>pré€îpite/Qu^deifaiil'dei»Juii* Adaland, archevêque dé^ouror'» son'fi^re Mmbu'tfOriéa»; Mainold du Mans et S^y^yj^L^^* Angers, avec tous les évêques sufifragants de la province, courent pleins de joie
iforipentocortégell Lô^i^iàriBiBi f^tSk^^^^ MnMtià ioiio!é$^ba::awc( Asjlcieli^ ev^iei i^iiÉ ^ ^ec des fbymflfiSHèt^/de» rdsintiquâg,' ^st! rdpkeé^ dsbsr siM aàeièflAê •dmfKre lu^ tous fes-tioquéùi^^Bt Idyi l6)^Tés|^^^
Ainsi parlent les historiens du temps. Nous TéttdrMis pottvcûrt^uteff jme(éux^tii(Ife^ làiqu^tt 68t ëOdèiNs < vériéré etiqu^ilieuuee 'iibondàmmenti s«Im ih ooMûnié> ^con^ue ¥iqM:te prièr;>^ "■» ,-i'i?*-sv î;^; £ <'OJi;:i tr' ^j-t^iinotsf ••- •./)•
.1 (Ietté:iéeéptfonteut'lielil'aàiSt87'âé llBd«r»itfon^^d«i Së<giwuirv tnoile apeës/fierier iiint eiH ) été pCH^té^ à Auxéi^t^ hàsàxAÙœt, leH éféqaesiM \k pomhê;^Y4kn\%m4yt!i(si^è , àéavéÊàMHii'qaBl h Itte/oi serait célébréedédannâis aux ides de décembre. .•>.i*)-«j *:• rA^Jf ]}V}'.r.^ ]^^u -. i-\q •>:•..:' v;':-.
' iSaiiit ôddo^ «iteur 'du>péeitr te ternlide^ par t^df prière quOiiiûnBldépétinKttvec lupdo^toidi du'^^ vi Noii^ t'idW^ quonâ> doBôvràlbôn <M{iTliù 4 viendra > pèrei iM)rë'|»âsté«r et jMi»[patibnyiiocisiqui«oil)iBès^t^^ Ifcffirridsdiis
efe'ltesficrri&ursv^^cofilinuel^ d«riM6ni' éloigne dé
BoiiS I1& dai^ërs, et/ ipar ' tes' instantes» 'priènesj^biien^ous les'jpieëiderl^rneûeniSeAÏ».^:; . :M0."/.n r: hh;-?» .Sî'j-' ^ •'
: Q|»tt%t.8ainl<> Ode», abbéi de dlany^è lesii^hroniques de Tûuvs ët<dé'Limo^at£d^âdtres:!autéurii<;(iatémp(tfain6vSont' garants des faits queDtin^fvenoiiÀtde rapporter: Us^sonl aussi atteslé&ipar kl féie< Jn»ti4iiée.pouDiénrjp^rpélii|çr mémoire , etiif(|ud:<lai.$m{ftû!basiiiqii6ieétô^ demi^ siècle
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Lft fidélké de tous ceux qui avaient accompagaé la châsse de saint Martin en Bourgogne reçut dès ce monde une récompense. Nous avons vu celle des vingt-quatre moines. L*abbé Hébeme fttt » peu de temps après , fait archevêque de Tours. Les bourgeois de Chiteauœuf ou Hartinopole se ressentirent aussi de la reconnaissance du sjunt , par les charges et magisiraUires auxquelles ils furent <^vés.
Le chapitre de la basilique ne fut pas non phis ingrat à I égard d*Ingelger et des autres seigneurs qui l'avaient suivi. La Trésorerie se trouvant alors vacante, on la lui conféra avec tous ses honneurs et émobments» pour qu'il la possédât UHile sa vie« avec le titre de Défaueur àt ¥ Eglise ik Mimsmgmur Smnt-M&r^ ^ On y joigph une prâiende