‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 151 sur 155 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

DERNIÈIIES ANNÉES DE l'ÉGLISE DE SAJNT-MARTIN DE TOURS.

Vers la même année où Louis XIV prétait serment coranir. abbé séculier de Saint-Martin, l'abbé OUier. fondateur du séminaire de Saint-Sulpice , de Paris , mettait sa communauté sous la protection du grand saint et demandait pour elle au chapitre des lettres d'association de prières. On dit qu'il sentit depuis des effets très-particuliers de la protection du saint pontife.

Cet exemple engagea dans la suite les directeurs du sénainaire des Missions étrangères à demander la même grâce pour leur maison de Paris et pour toutes leurs missions. Le chapitre la leur accorda d'autant plus volontiers qu'il s'y crut luimême particuhèrement intéressé dans la personne de François Pallu, évêque d'Héliopolis et vicaire apostolique en Chine , l'un des chanoines prébendes de Saint-Martin. On peut

regarder ce zélé prélat, avec quelques jésuites, comnie le premier mobile de cette grande entreprise des missions de la Chine.

En 1661 , on fit part de la sainte relique h Téglise métropolitaine de Lucques, dont saint Martin est le patron. Cette faveur lui fut accordée à la sollicitation du roi et aux instances du cardinal Bonvisi, archevêque de cette église. Jusque-là, elle avait toujours été refusée à toutes les puissances qui avaient interposé leur autorité pour Tobtenir. Ces reliques furent mises dans une boîte d'argent, marquée aux armes du chapitre de Saint-Martin. Le sous-doyen fut chargé de les porter à Paris, où il Iq$ remit ealre'les>mains d*un vertueux ecclésiastique , agent du cardinal. Celui-ci , à son tour , les porta à Lucques où elles furent reçues avec beaucoup d'honneur. Le cardinal et son chapitre en écrivirent , peu de temps aprèis , leurs lettres de remerciement au chapitre de Saint- Martin.

François Marie Florentini , noble Lucquois , dans une des notes dont il a illustré le Martyrologe de Téglise d'Occident imprimé par ses soins, fait mention de la réception de ces reliques. Ainsi, au 4 de juillet, sous Tannotîce de la fête de l'ordination de Saint- Martin , il ajoute : «Diisaussoy ^e plaint de la perte des reliques de saint Martin , lofs du pillage de son église par les Calvinistes. Mais il est certain que cette perte n'a pas été entière et qu'on a conservé quelques-uns de ses ossements. Depuis peu, l'église de Lucques, ma patrie , à la sollicitation du roi très-chrétien , en a obtenu un qui était resté de l'incendie pour servir de reproche à la rage de ces rebelles et de témoignage à la pitîé du clerjgé de Tours. » i^; En 1673, une glorieuse page de rHislotre dé Pologne nous àtl^te la dévotimi particulière èe cette France du Nord pôiif saioi Uàrtui» :

Les Turcs étaient campés à Chociiu , sur la rive droite du Dniester: Il s'agissait de refouler té tôrrëfatdévastaièur qui menaçait la chrétieiïtè. Sobieski comtiiandait lés Pôtonâis.

C'était le 14 novén*re; jour dë'k' fêtè'dë Sàîtit-Mattinf. Les chefs fondaient titi grand espoir sur sa puissandé ; lèfs'WDgieux qu'ils avaient amenés parcouraient la ligiié, Yappèlàtât les grandes actions de cet illu^tte apôtre et tout ce t(ti%t devait attendre de son zèle connu pour la foi. Il était Slave dé nalsslance. Comment douter du triotnphe quand ^ gloire était plus que jamais intéressée dans un tel jour à faire dès miracles? '

Sobieski avait poiissé une deniière recotmaîssarice le long des retranchements ennemis ,"11 revint portant sur ses traits la victoire. Il avait reconhu que le point su)r leqiiél il coniptàit fra];)per les coups décisifs n'éfâît défendu que 'jJar qiielques

troupes à moitié assoupies; ordoùnant donc "plusietrrsfaus^s attaques pour disti^aire ' tatténtioh de l'ennemi', il pointa sur les palissades qu'il voulait franchir une batterie déjà dressée, tous les soldats se souvinrent alors qu'on avait voulu traîner cîs pièces ailleurs et qu'une puissance surhumaine les avait clouées au lieu d'où maintenant elles foudroyaient henreusement les obstacles. Qui pouvait, 'pensaient-ils, méconnaître dans ce fait la main de saint Martiïi de Tours ? La défaite des Turcs fut complète. '

Parmi les c6m1)attânts s'était signalé aux côtés de Sobieski, son jeune beau-frère , le comte de Malighy. Les Polonais entouraient le frère de madame Sobieska en le félicitant de la gloire que saint Martin de Tours et Jean Sobieski s'étaient acquise. Modestes dans la victoire, tous en reportaient l'honneur à l'apôtre de la France et au grand duc. Dé cette immense armée ottomane qui tenait la Mdscovie , la Pologne , la Hongrie , l'Allemagne en alarme , rien ne restait que le chà-

teau de Çhocim et des moncepifx de ruipes. L*Euro{]|e, instruite de ces merveilles, rendit grâces d^ns to^l^ les temples de la plus mémorable bataille qui 3e fût gagnée , disait-on , sur les infidèles depuis trois cents ans. La chré,lienté. s'émut tout entière de joie et d'admiration comme si elle échappait tout .entière à Tignominie du tribut et h des chaînes de servitude.

Le nom de saint Martin a donc présidé aux plus grands événements de Thistoire européenne. N'avait-il pas déjà triomphé avec celui de Glqvis à la bataille de VouîUé ? Revenons à des faits moins retentissants.

Le 4 juillet 1696 , le cardinal et prince de Furstenbjerg. évêque de. Strasbourg , vint visiter Iç tombeau de saint Martin et prendre possession de la place de chanoii^ qu'il ^vai^ demandée pour lui et ses successeurs, Jl fut reçu et installé avec les honneurs dus à son rang. Après Toffice^ on lui présenta la pièce d'or qu'on avait coutume de remettre aux nouveaux chanoines honoraires.

On vit encore dans ce temps Michel Lepelletier , évéque d'Angers ♦ Antoine Girard , évêque de Poitiers , Louis Milon , évéque de Gondom , et plusieurs autres venir implorer k son tombeau le secours du patron de la France, et prendre* parmi les chanoines d'honneur, les places attachées à leurs sièges, ou celles qu'avant leur promotion à l'épiscopat, il^ avaient eues en qualité de chanoines prébendes.

L'antique amitié établie entre les deux églises de Saint- . Martin de Tours et de Saint-Martin de Liège fut aus^i renouvelée dans ce même temps. Les chanoines de Liège envoyèrent à ceux de Tours une copie de la charte de leur fondateur , l'évêque Héraclius. Lorsqu'ils venaient au tombeau de saint Martin , leurs confrères leur donnaient place au chœur parmi eux , ils avaient part aux distributions ordinaires et étaient traités avec toutes sortes d'honneurs. Pour entretenir cette

ttpioo, la coutume voulait que ceux de Liège ga(;Bi8^Dt les fruits de leurs prébende«/ sans être obligés d'asi^ter à l'office , pendant Tannée où ils avaient visité la basilique. Les guerres survenues depuis ne purent interrompre ce commerce d'amitié: Dans celle qui , sous Louis XIV, affligea toute PEu* rope , on leur envoya encore les modèles d'habits dé cfa<£ur tels que les portaient nos chanoines de Saint-Martin et qu'ils avaient demandés pour s'y conformer.

Tous les chanoines honoraires avaient leur place marquée au chœur et une portion des bicps de l'Église. Quelques-uns en étaient feudataires et lui payaient une certaine somme. Ainsi , les ducs de Vendôme payaient un marc d^argent , lors de leur réception ; le prieuré de Saint-*Martin-des-Cbamps payait tous les ans deui marcs d'argent à l'église de Saint- Martin de Tours.

Plusieurs églises collégiales et paroissiales , des abbayes et des prieurés étaient de la dépendance de cette église , 1? regardaient comme leur mère et formaient avec soq clergé une nombreuse congrégation. Elle avait même eu des vassaux à l'étranger , Téloigneraent et les guerres les lui firent perdre. En somme, si les incendies , les guerres étrangères et domestiques ne lui eussent enlevé une partie de ses biens, elle eût été jusqu'au bout une des plus riches églises du monde entier. Ses aumônes achevèrent de l'appauvrir. Elle dota plusieurs chapitres , abbayes et monastères qui étaient encore, au dernier siècle, dans sa dépendance. Elle en secourut d'autres tombés dans l'indigence. De ce nombre furent les abbayes de Marmoutier et de Saint-Julien de Tours. De toutes ses propriétés hors de France , elle avait seulement conservé , aux environs de Bruges , quelques héritages pour lesquels cette ville lui faisait une redevance annuelle de vingt livres.

Toutefois , la basilique s^ib^istait toujours et brillait encore

d'ua certain écUt^Sebm U^e^itre 4/t]mv i»f I^fi»a^dçi yéuieiit eocore guéris , les dfSig^ y recevaiept la cpq^qin^ lion: , les justes la grâce de la perséfrérauKte^ le^f pé^fa#qrs i^alle de leur conversion. D^ jaiiapes y brulai^U j<>»f «t PWt térm^ignage de la recoiuiaia^qce de persQpnagf^^ distingués P9r leur £amille ou leur rapg dans Tiéglise.

Le 11 novembre, fête du passage de saint Martin , était encore un jour solennel. Il .n*y avait point , dans tftute TÉgli^ç , (le fête qui se célébrât avec plus de pompe et d'é4ifîcatipn. La basilique retentissait tout le jour et toute la nuit da chants ininterrompus. Car , plusieurs communautés ecplési^^tiques et régulières s'y sucoédaient les unepi aux Autres df^ns la célér bration des divins offices.

Ces derniers détails nous sont, fourni^ par Nicolas Gervaise, qui publia , en 1609 , la Vie de Saint-M||rtin, Il était prévôt de Suèvre , prévoté déperidante de la basilique. Soii ouvrage fait honneur k sa piété et à son érudition. Mais sa critique trop étroite et sqn aversion pour les moines furent cause quHl rejeta nombre de faits traditionnels et même d^s détails donnés par Sulpiçe Sévère. Gervaise fut dans la suitjs évéque missippnaire , et périt de la main des Carabes , un 13 novembre, c'estrà-dire un lendemain de fête de Saint- Martin.

Puisque nous avons dit un mot de la liturgie de Tinsigne église , ajoutons qu'elle se distingua par sa fermeté à conserver ses anciens usages. Au commenceipent du xvui* siècle , lorsque d*audacieux novateurs expulsèrent de la France la liturgie romaine , seule la collégiale de Saint-Martin de Tours, donnant en cela la leçon à nos cathédrales les plus fameuses, osa réimprimer, en 1748, son beau bréviaire romain-français , et seule , au jour du désastre , sucçoqaba avep la; gloire de n'avoir pas renié ses traditions.

Dans le même siècle , Mathieu Isopé dllérvault , archevêque de Tours, fit révoquer par le Parteraent les privilèges dladépendance de l'église et du chapitre* de Saint-Martin , et Tantique collégiale rentra sous la juridiction de f ordinaire. Les chanoines ne se résignèrent jamais dd boti gré à ^tte humiliation, contre hiquelte ils ne cessèrent dei protesteronsqu*alafin.

A cette époque eurent lieu différentes distractions des saintes reliques. Ainsi , le 25 janvier 1727 , on sépara une petite portion des précieux fragments qui fut envoyée au pape* llenoit XIII, pour satisfaire à la dévotion de ce pieux pontîfe qui avait demandé de ces reliques* avec beaucoup d*instaiicè;'

Le 24 novembre 4758, se fit une* séparation dès précieuses reliques, cen faveur, ^t le proeès^erbalv^enos trèschers confrères et fils les vénérables doyen , chanoines' et chapitre de Téglise de Saint-Martin de la ville de Liège, auxquels nous les avons accordées comme dépôt sansrquUls puissent s*en dessaisir ni les partager avec d'autres qu'avec nousi , en cas que , par quelque accident, nous vinssions à perdre ce que nous possédons d'un si graiid trésor. » '

Le 28 avril 1704 , une parcelle des mêmes reliques ftit déposée dans un petit cœur d'or pour en être- feit <îon à sa majesté Marie Leczlnski, reine de France , par déférencr aux pieux désirs de cette auguste princesse. Enfin, par commission de Tarchevêque de Tours monseigneur de Conzié. M. Dufrementel , dont nous reparlerons bientôt , vérifia et constata les saintes reliques, le 2 septembre 1780:

Maintenant , arrivons k Tannée i 790 , et nous serons témoins, avant les derniers désastres , d'une cérémonie consolante. Nous en trouvons le récit dans un extrait du registre des délibérations du chapitre de l'église de Saint-Martin.

L*an 1790, le 4 fiSrier, une réquisition destinée au cha-»

pitre de SâinWMafUn ^te/.ToursiiéUit&iteii Tarai, par MesîMC^ Louip Joseph: SoJar , vîiwuxittWi {de XiHeneuvenSoIai^ ; « et d^me M^rieiA^tgéliqueSobrs de ¥iUeneuve-Sokun^ née^Closta d^^nlïiaitié),.L€ii6:^a;iBémë mois, 'dans la mêjiié ville; celte reiq^ê^ é^jt,fûif ifiée4urt4ém9ignage4a révérendissime.prélat J^c^sv-abbéduSaiot^Bénigae de Fk^uotuèuxj'Getémaignûge fut lui-même certifié par haut et puissant seigneur Léim Marie.GabsiaibXi)ésap«.èai^ide)Ghoisetii'i» ambassadeur' def sa n^aje^tétlr^siiàréli^aiie ipréfi.ile'^iiide'âapdaigae, ceptificat d^ti, d^ Smm , h\Qii fé^viier^v .$igDéi:GiK)iseul:«t:Lalaiide, sQcf4U4re.4(ambailsadj9v etHsdeUé^idtt-sceaaf'dç Atï arme». EpOn >, 1^ requête^ ittti lei 20> du oiénie • m(Às v là^fo^e eu suffrage ;e|;,djd. b.reeommandatioo dfHrusstrissime et i'évér^diss^. > iDons^igfieiir •jiQadMi'tMamert^FraBçeiB'^dë Conaié , «vcbei/^Me de TQu^Ëi, qui eA>écrivit;uae lettre aaxbapiU'ek

Qliel^'âtïit dodû la demande a(h»6sée au ehs^îire a^^ (jaiH de fi^inpUt^?G'é.tâit^u'il;luif lâtaocorderiaux Fe<|[uéranta nu fragment de^rO» du* bienheureux sâistMartiff'; pour i en faire don à Vég}iéec paroissialdi située dan& ledi£ lieu ^e YiUfneuve- Solar, province de Salucestieu Piémont-^ fondée» de temps ituipiéioori^ souâ 1^ Utre ^1 Viuyocation ' âe fiàint-Màctiu-de T^u^rs, lU)|reîglorieux pât^an'^où ces saintes reliques seraient e>piosée^ J| toivénéralion des .fidèles^ . iiv I '.'W. t

l^ ,<îhapitre^ dttOP sa délibération: du QT:^ lebns^tit à' ee qu'ilfûl détaché ir^^f^tueusamént une^.pârcelbâe Tos'du (-rine de^son smi pajtronpour'étre.&it^don à ladite église , et étendre ainsi fDn cultei'.p^-larvéqératioA\des)f fidèles du lieu ej.desautte* q^i poivrtaiootjyj être atiirés.par ce prédfeux

dépôt. . -.(.l-.' .^:' ..• '-t.' '• '. «•'>•.-■.■•. >!M!Ui't'.>i« * !{•/;. . ■■.\ V

Dooçv le 13 avrils siHwai)t;doj'eiN trésorier, chanoines et rhapitFo de/ la .noble etiiisigne égliseJ de^Saint-Martin* de Tours i extrabpdinairement convoqués*, le surplus^ <iu clergé,

«pécialemeDl averti , étaient assemblés , à Viuue de la messe canoniale ea la chapelle Saint- Jean , éans les galeries oà se tenaient anciennement les assemblées capitulaires. Il s*agis* sait de procéder à la cérémonie solennelle de rextraction des saintes reliques.

A cet effet, Tun des quatre marguilliers de Téglise ^ revêtu d'une étole , entra dans la chapelle Saint^Jean , teBani entre ses bras la châsse de saint Maitin , et précédé par deux enfants de chœur qui portaient des flambeaux allumés. La chasse faite en ferme de buste d'argent doré représentant au évêque* fut par lui décemment posée sur une table couverte d'une nappe et ornée de deux chandeliers d'argent avec deux cierges allumés.

ATinstant, M. Jacques Dufrementel, chanoine prébeiïdé et prévôt d'Anjou , en l'église Saint-Martin , vicaire généi^al et officiai du diocèse , fit l'ouverture de la châsse dont les siieaux furent reconnus sains et entiers. Il y trouva trois fragments du crâne du bienheureux saint Martin avec un morceau du drap d'or qui enveloppait anciennement son corps. Il y trouva en outre, renfermé dans une boite de fer blanc, des procèsverbaux en bonne et due forme, attestant les translations et distractions des reliques faites les années précédentes.

Lecture faite des procès-verbaux , on tira de leur châsse les saintes reliques du crâne de saint Martin. Tous les assistants purent alors les voir et les remarquer. Parmi eux se trouvait le chanoine Bizot qui les observa de manière h pouvoir plus tard les reconnaître comme nous le verrons bientôt. Les reliques authentiquement reconnues et révérées, h l'ouverture de la châsse , par le baiser respectueux de tous les témoins, on présenta au sieur Dufrcmentel un petit reliquaire d'argent en forme de tombeau, long de 57 lignes en la base sur 24 lignes de hauteur totale , et large en la base de

ISli^oes. La couverture, en forroe de petit tojt, en était dorée , et il avait de chaque côté une ouverture ronde fermée d'un cri3tal. Sur un de ses côtés étaient gravées les armes du chapitre, et sur l'autre on lisait ces mots aussi gravés : Particula capitis beati Martini episcopi Turonensis.

Le sieur Dufrementel , revêtu d'une étole , bénit ce reliquaire avec les prières accoutumées. L'orfèvre André Fourmer scki l'un des trois morceaux qui était le moyen, pour en extraire une petite portion. Le chanoine Bodineau tenait le papier destiné à recueillir la poudre produite par la sciure de l'ossement. Ce papier fut plié et cacheté du sceau du chapitre, dont le secrétaire, M. Cabarat, y mit cette inscription: «Poudre résultant d'un morceau du crâne de saint Martin qui a été scié le 15 avril 1790.» Le chanoine Dufrementel mit dans le reliquaire, sur une plaque de vermeil, un morceau de drap d'or trouvé dans la châsse , puis le morceau détaché de l'un des précieux fragments. Dans Tintérieur du même tombeau il déposa une notice en latin de l'extraction de la relique faite ce jour-là ; cette notice , signée de M. Dufrementel et du secrétaire du chapitre, était scellée du sceau des armes capitulaires.

Après cela , le couvercle du tombeau fut fermé par l'orfèvre , et M. Dufrementel l'entoura d'un ruban violet qu'il croisa de plusieurs tours , et dont il noua ensemble les extrémités sur lesquelles fut empreint le sceau des armes du chapitre de Saint-Martin , en cire rouge , et celui de l'archevêque de Tours. En cet état, le reliquaire fut remis entre les mains de M. Hervé, chanoine prébende, commissaire du chapitre, pour être envoyé par voie sûre aux sieur et dame de Solar , qui devaient demeurer garants , eux et leurs ayaqts-cause, de conserver précieusement ces reliques dans l'église de Villeneuve^Sol^r» sans pouvoir s'en des^i^ir ni les par^iger avec d'autres qu'avec l'église de Saint-Martin de Tours.

De toute cette cérémonie , on dressa le procès-verbal dont le chapitre lit faire deux copies sijcnées et attestées par M. Dufrementel et par tous MM. les dignitaires , prévôts , chanoines prébendes et autres bénéficiers et officiers de réglise , alors présents , et du secrétaire du chapitre. Une de ces copies , renfermée dans une boîte de fer blanc, fut mise dans la châsse avec les anciens procès-verbaux. L'autre devait être remise , scellée des armes de l'archevêque de Tours et du sceau du chapitre, aux mains de M. Hervé, pour être jointe à la relique.

Le procès-verbal fut signe : Dwfrw^wf^/ , chanoine prévôt d'Anjou, vicaire général du diocèse de Tours-, Garnier » grand chantre et chanoine; Vidal , -sous-doyen; D^nj/s , chanoine et cellerier ; Garnier , chanoine granger ; Sérié , chambrier; Goulard, chanoine prévôt; Duchamp, chanoîHe et prévôt; Duperche , chanoine et prévôt de Milex; Pierre François Quinquet ; Joseph Geslin ; Louis Jean-Baptiste Rover , chanoine ; Drouet, chanoine; Dumand , chanoine fabricier; Delavau , chanoine , procureur du chapitre ; Simon, chanoine ; Gauthier Taschereau, chanoine; Bouault, chanoine; Ghevrier Favier, chanoine; Garnier, chanoine et chefcier ; Patas , chanoine ; Jahan , chanoine ; Hervé , chanoine commissaire ; Dwnoj/^r , chanoine; Bizoty chanoine; Demorainville , chanoine ; Bodineau , chanoine ; Crémière , chanoine; Moreau, chanoine; Letaillandier , chanoine; Violhi , chanoine ; Thuillier ; Papin , chanoine semi-prébendé ; Leroy, maître de musique; Jean François Vasseur; Jean- Baptiste Mandrcville ; Jean François Robert; Foumier- Lebrun, orfèvre. Par chapitre, signé Cabarat , chanoine secrétaire. Dix-sept de ces noms étaient destinés à reparaître treize ans plus tard pour constater l'authenticité des reliques du saint patron échappés à la tourmente révolutionnaire.

Page 1