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i. Ni. tt* $» 4ek BUiatk. d'AucM.
du Palais-de-Justice. G-est Ih l'emplacement de Tancientie église et par conséquent de l'ancienne porte , témoin de Taclion du r^aritable catéchumène. Les bâtiments adjacents sont ceux des Célestins, autrefois de Tabbaye, et maintenant affectés au service du tribunal civil. De l'autre côté de la rue est l'église collégiale de Saint-Nicolas.
Quant au monument appelé le Pas^de-Saint-Martin , tran^ré de la vieille église dans la nouvelle , il y demeura jusqu'à la révolution , pendant laquelle il disparut aussi bien que le reliquaire de vermeil , don de Louis XI. Enfin , l'église paroissiale de Saint-Martin-au-Bourg, après avoir servi de lieu de réunion au club révolutionnaire , fut vendue et démolie en 1797. L'emplacement de l'édifice forme aujourd'hui une place à Test et à peu de distance de la cathédrale. Deux rues voi^nes portent , l'une le nom de Saint-Martin , l'autre celui de rue Basse-Saint-Martin.
Maintenant revenons à Tours.
Louis XVI venait d'accorder » à l'église de Saint-Martin de Tours , un don annuel pour rerabellissement du chœur. Les travaux commençaient lorsque les premiers troubles de la révolution les firent suspendre. Bientôt il ne s'agît plus de restaurer les églises , mais de les dévaster. Toutefois , les reliques du saint patron furent sauvées.
Voici en effet ce qu'attestent les procès-verbaux. C'était le 21 novembre 1793. Le citoyen André Fournier, orfèvre de la ville , le même dont nous avons parlé plus haut , fut chargé par la municipalité de Tours, de retirer de h basilique toutes les matières d'or et d'argent qui pourraient s y trouver. Il était accompagné, dans celte triste mission, par le citoyen Carreau , aussi orfèvre municipal. En conséquence , il se fit ouvrir le trésor de cette église. Elle avait alors pour clerc d*œuvre et nftattre sonneur le nommé Marth Lhomnain.
Forcé» parla immieipaUté 4e faire romertnrè du trésor de Saint-Marlin» Lhomiiiais vit arec une douleur profonde qo*on se disposait à enlever les châsses qui conlenment les saintes leliques. De concert avec sa oousîAe , qu'animaient les niéines seutiments, il résolut de sauver au moins les restes renérables de son saint pation.
Entres autres objets, l'orfèvre Foui'uier trouva dans le trésor la châsse de vermeil doré, en forme de buste d'évêque, couleoant les reliques du chef de Saint-Martin. Cette ebisse, dont les sceaux furent par lui reconnus entiers, était celle qu*on avait coutume d^exposer aux fêtes : sdennelles: L*or*fèvre en brisa lut-métne^ les sceaux , et v tiXKuva trcûs <>6sements de crâue posés sur du coton et sur un morceau d'étoffe de soie couleur orange, dans une coquille d'argent. Au mooient où l'orfèvre retira les reliques et leurs accessoires de la châsse, Martin Lhommais s'en saisit, et abandon, liii en lot fait par le citoyen Foumier, qui empoiia seulement la châsse avec la coquille daigent. Toutefois, le pieux sonneur ne put so procuivr les auiheutiques et procès-verbaux joints aux reliques. I/orlevre les enleva selon Tordre qu il en avait reçu de la nuîiiioipaliié. Le clerc d'œuvre déposa aussitôt les pré* cieuses reliques dans une boite de bois appartenant à la basilique. Il eut pour témoins, dans tout ce qui venait de se passer, sa amsiue. Mariç-Madelaine Brault, femme de Frauvois-Toussaint Curé, grand bâtonnier ^e Tiosigne église. A elle aussi, il était résené de sauver sa part des saints gages.
Appelée en uiénie temps que sou cousiu. par la municipalité de Toui^, pour assister à Touverture du trésor, elle s'attacha particulièrement à observer le mom^t où Ton riuupvait les si'i^aux du reliquaire qui contenait Tavanlrbras de saint Martin. Ce reliquaire était de cristal en forme de
pyramide, garnie de vermeil, ou, comme s'expriment d'autres documents, en forme de colonne surmontée d'un cristal, ou en forme de colonne à jour ou en colonne ciselée en grappe de raisin , au travers de laquelle on apercevait le taffetas vert qui enveloppait l'os. Ce reliquaire était le même qu'on exposait aux fête§ solennelles, sur le maître-autel de la basilique, comme contenant la relique de saint Martin, appelée le Radius, Le citoyen Carreau , enleva , en présence de la femme CaiTé, l'os du reliquaire dont il avait trouvé les sceaux entiers. Au même momeut , ce commissaire de la munici* palité tira de dessous le taffetas vert qui couvrait l'ossement un limbe de papier ou de parchemin écrit qui contenait sans doute l'authentique. La femme Carré demanda qu'on lui en fît lecture, ce qui lui fut accordé, mais elle n'en put retenir que le mot Martinm , dont plus tard elle se souvenait clairement. Cependant, s'étant saisie de la relique, elle la déposa au moment même dans une petite boite de bois qu'elle se procura dans la sacristie. L'abandon lui en fut fait par le citoyen Carreau. Lhommais vit remettre à sa cousine la relique au moment où l'on venait de la retirer du reliquaire. .
Lhommais et la femme Carré conservèrent les saintes reliques religieusement et secrètement, chez eux, sous clef, sans les communiquer à qui que ce fût, ni en distraire la moindre partie. Celles que gardait le sonneur étaient enveloppées dans un damas de couleur orange, et un peu de coton avec quatre cédules de parchemin relatives à ces reliques.
A la même époque, c'est-à-dire vers la fin de 1793, on démolit le petit dôme élevé au-dessus du tombeau de saint Martin. Il tomba alors de la coupole de ce monument une petite boite en bois, scellée, sur laquelle était écrit : Reliquiœ
satidomm lUiccU et Gie^oriu Ifortia Lhoeaaiais 4|ui se trouvait là, uniassa aussitôt cette boite qu'il serra el garda précieusement jusqu'au l""' mai 1795.
Que votre mémoire soit bénie, vous à qui imis devons de posséder encore les restes sacrés du patron de la vieiHe France !
Remarquons-le aussi : moins impies que les sectaires de 1562, les révolutionnaires de 1795 se contentèrent d'enlever Tar^enterie de la basilique, sans jeter dans les fourneaux les ossements des saints.
Donc, environ deux ans après, le l'^'mai 1795, Martin Lhommais et la femme Carré parurent devant M. Bieot, prêtre, chanoine de la noble et insigne église de Saint-Martin de Tours. Tous deux lui présentèrent les boites où ils avaient déposé les reliques qu'ils avaient sauvées. Le chanoine les reconnut parfaitement pour être , les unes celles qui étaient exposées à l'église dans le chef de vermeil doré , et l'autre pour celle qu'on exposait à la vénération publique, dans h châsse de cristal. Ayant demandé aux dépositaires par quels moyens ces reliques leur étaient parvenues , il apprit d'eux les faits racontés plus haut , qui lui furent assurés sous serment. Le chanoine dressa du tout un procès-verbal quils signèrent tous trois.
Dans un^utre acte, le chanoine Bizot s'exprime ainsi :
« Après avoir vérifié avec toute l'exactitude que la cir-^ constance des temps a pu permettie, les reliques de saint Martin de Tours, dont les reliquaires ont été brisés, nous jes avons rehgieusement renfermées en deux boîtes scellées d'un cachet joint à ce pi^ésent procès- veilud, dont l'une en bois rembruni et sculptée sur un des cotés, renfenne le crâne de saint Uartin, et est deiueurée en dépôt entre les mains di> Mania Lbouunais^, càurc donivre 4e saint Manio, pour la
représenter tontefe et quantts' (bi^ Il en sera* requit jjàir Tmitorhé ecclésiastique; et Fautre en bols conimiiti SJfns couverture, enveloppée d'une serviette de toile '1i)làhéliè également scellée du cachet susdit, laqueWe est demeurée en dépôt entre les mains de Marie -Madeleine Brault, femme de François Carré, à charge également de la représenter* à là première réquisition de rautôrîté ecclésiastique.
«r Ce dépôt fait ainsi séparément pour plus grande 'sûreté^ vu la difficulté des temps , déclarons avoir déposé eh chacune desdites boîtes une copie du procès-vei*bal delà représentation desdiles reliques muni d*un cachet pareil à celui qui est placé sur la copie par nous retenue, et sur les deux boîtes : lesquels pièces et cachets seront représentés à l'examen des supérieurs ecclésiastiques, pour en constater Tauthenticité dès que les circonstances pourront le permettre.
« Enfin, déclarons sous serment avoir apporté toute la diligence dont nous étions capable afin de procurer aux scfîntes reliques de notre auguste patron , la vénération qui leur est due , en contribuant de tout notre pouvoir au rétablissement de leur culte public.
« Déclarons en outre avoir replacé dans la botte qui est entre les mains de Martin Lhommais, quelques reliques de saint Martin et des saints Brice et Grégoire, archevêques dé Tours, munies de leurs authentiques, et, dans celle qui est déposée chez la femme Carré, quelques reliques aussi provenant de VÉglise de Saint-Martin de Tours , mais qm nous n'avons pu reconnaître assez certainement pour en eonstatci*
l'authenticité. v
« Fait à Tours, le 4 •* mai 1795.
« Signé: Bi^ot, prêtre-chstaôlhë. »
Cependant , l'Église de Saint-Martin . encore très-solide ,
malgré 8(m attciemieté , ne pouTait éti'e facilement détruite. Da.re8te> il n*eftl ps» été* saiis danget de tente^tuné isem^ bhèle 'entreprise ; âu milieu d^nnegirattidë popntation âttacbée par Ip respect et k^ Teconnaissauee à son saidt |rt^eittenr/ Pour arriver à cette fin, les impies recoiiraiievi àde^ 'Voies détottfnéosc '■' : . • -i • . T'-'^" ■■ ■■■■ ■ • '• - ■•:'••■ i
On employa diabord la baiiliqoe à 4'iftâ^^s «sageB.- Aiusi, die fut convertie en bivouac poor jies troupesv'H^iô^ en écurie pour un régiment de cavalerie. A cette occaâiM,> voici ce qu'on rapporte : A peine des chevaux eurent-ib^ëté placés dans l'église, qu'une lumière étrange en éebirji' voAtes. Dm^nt plusieurs nuits, ces animaux épouvantes) cessèrent d'inquiéter leurs gardiens, c Ce lait, dît réerivaiit» à qui nous l'empruntons , serait attesté au besoin par A» contemporains encore vivants et tons dignes de M K » :î ; • :
Eutin , Téglise fut dégradée dans l'ombre et une psulie des voûtes s'en écronla , le 2 novembre 1797. La rame lotafeid» monument fut ensuite consommée par ceux ménies4ontl')aM«{ torilè eût pu le conserver. . i»j i
Les cidtes étaient libres. Dqà les chrétiens se pressaient auUair de 1 égbse dn patron de la France* et demandaient à la réivurer à leurs frais. Les chefs de l'administration loojile dëddèrent alors quelle serait jetée par terre.
11 n'est pas sans intérêt de considérer la marche suivie^ par les destnicieurs- - :
Cinq octobre 1797. arrêté de Tadministration départemen** taie qui onlonne la vente d une partie de FË^ise de Sandt^ Martin. Le para^nraphe 4 des. cwsidêfants annooce que les réparations à Ew^. pour la rendre an cuite, s'élèrcsi à tr^le mille francs, maïs il ne dit p««^ qot ks habîtanis de TvHirs otfraient tic les fiHtreir.
défilarapf.qitQi,jVM.)fuygônce (etiÇueU^iwgjewceS), il nlestspnQ
et^iOrdûi^Q^t i«tii^ codii^queaca h (kstru^^^ de la.<lpiasUique.el^
Treize novembre 1797, arrêté de radministrationiWiiitti cipale^ 'qui adjuge lau sieiiur ;Pr<r,i<M)uvr6iun>etprê1iernom, la déK^liUoqid'ane partie; derenceiote poupiitreiJ^iimUe.îtroiÀ
.isUa démolitions kitériettr6& ¥|6imientd*{âtre faites par^ les adjudioataires : alorsion répanditi le bruit j^ ruad'euX'Se proposait^. ; difiait^il , d!offirk ua bouquet h '<saint M^trtiii.' £n Q(fj&K k IQnovembre 1798,iyetUe de lafôtedu saintipatron, stitles.(dîx heures du matin ^le^ feu fut. mif .aux aiinesj;>yne portion de l*ëdifice entr^iffea. dans :sa4)buie plusieurs ipaisons vojsioes; , Le i malheureux ouvriei^r' don tj Je ndjîi avait été emprunté ior3 dd rajtfdicattonv^t quile premiepi avait .osé portée lia (maini sur ces irmrs saeréfiy demeura enseiteli* sous des ruines. " < '.'»>..■! •;? [)■■- :•.•■ ..? i..-
Seize uiars i 799, arrêté de la même \ administration , qui vient! au secours des iadjudieataires et. leur acèorde 'une indeduitéde sept mille aeuf cent quatre^-vingtls frsncsr^
Ce que la mine avait épar^ fut démoli, et dés matériaux ainsi que d'une partie de remplacement!, les admifiistraléurs formèrent seize lots qu'ils vendirent au vil prix de qtmtori^e mille six cents quinze francs. Il existe sëistë procès-^verbaux d'^udication du l*raoût 1802^ signés Potamereail, préfet, et W. G., directeur des domaines: Jl^esti à ren^rqtier ^e ce dernier figure domme acqttéreur du seizième) lot ;, moyennant dôuzéi -cents francs, sans autre endhère que la sientiei Ge lot touchait sa maison.
De la vaste basilique, il ne reste plus aujourd'hui que la
tour dite de Gharlemagne , au nord, et une an couchant dite du Trésor où Ton a transféré l'horloge.
Un dos démolisseurs, comme pour immortaliser son crime, voulut donner son nom à la nouvelle voie ouverte entre les ruines sacrées. Ce nom malheureux fut, en efifet, inscrit en lettres d*or sur les murs de l'enceinte vénérée; mais la conscience publique fit justice de ce satanique orgueil. Elle rendit solennellement h ce quartier le nom de Saint-Martin. La sculpture vint à son aide et représenta sur l'un des piliers mutilés l'action du charitable catéchumène envers le pauvre d'Amiens. Ce bas-relief était dA au ciseau de M. Lecomte , entrepreneur de bâtiments.
chaHtre XX.
uss RKUQvs» DK mjm^hàbtus hv^èm% 9t wmmm,
C'était le 7 novembre 4803: le diocèse de tours avait pour archevêque Jean-de-Dieu-Hayraond de Boisgeliu , cafdînal-prêtre de la sainte Église romaine.
Ce prélat commit M. Georges -Pierre Raboteau, son vicaire général , et M. Nicolas Simon , curé de la paroisse de Saint-Martin, établie dans l'église cathédrale, à l'effet de vérifier les reliques de saint Martin de Tours, et généralement à faire sur ce sujet tout ce que leur prudence et leur piété leur suggérerait pour la gloire de Dieu, l'édification des fidèles et l'accroissement du culte du glorieux saint Martin. Cette pièce est datée de Tours , 15 brumaire an 12 de la République française.
En conséquence de cette commission, le vendredi 11 novembre 1803, MM. Raboteau et Simon se transportèrent avec
plusieurs téraoios dans ua des appartements de la maison occupée à cette époque par le cardinal-archevêque.
Ce fut alors une chose touchante de voir Tancien msitre sonneur de la basilique , Martin Lhommais et sa cousine Marie- Madeleine Brault, se présenter avec les précieuses boîtes dont ilsétaient dépositaires depuisdixans;le chanoine Nicolas Bizot apporter aux commissaires les procès-verbaux dressés par lui en 4795, Torfèvre André Fournier venir attester tous les faits qui lui étaient personnels au sujet de ces saintes reliques; puis comparaître les anciens chanoines de Saini^ Martin, MM. Joseph Geslin, François Dumond, Fran^QÎ^ Bodineau , Moreau , Dunoyer , Le Taillandier , Papin, Cabaratv Guillaume Beaufils, celui-ci ancien cellérier en dignité' de Saint Martin, et Jacques-Emile Formy, ancien maître de latin en la Psalette de la noble église, tous reconnaissant le^ ossements sacrés du patron , pour les avoir vus et remarqués, soit lorsqu'ils furent extraits de leur châsse en 1790, so|t lorsqu'ils étaient exposés à la vénération des fidèles^ M. Dufrementel , ancien prévôt d'Anjou , convoqué à cette séance, n'ayant pu s*y rendre à cause de ses infirmités,. 1q$ commissaires se transportèrent chez lui le lendemain. Le vénérable chanoine attesta sous serment qu'il reconnaissait les reliques pour être les mêmes qu'il avait vérifiées et constatées, à deux fois différentes, d'abord le 2 septembre 1789 et ensuite le 13 avril 1790.
Le vendredi 18 novembre 1803, 26 brumaire an .12, les commissaires se transportèrent avec Simon-Antoine Gabarat, secrétaire ad hoc, dans un des appartements de la demeure archiépiscopale. Là, M. Gabarat leur présenta le registre des délibérations du chapitre de Saint-Martin de l'année 1790. Ils y trouvèrent la copie des procès- ver baux dé l'extraction d'une petite portion des reliques, destinée à
l'Église de Saint-Martin de Villeneuve-Solar. Cette pièce fut lue entièrement, et les commissaires remarquèrent qu'il y est fait mention des anciens procès-verbaux relatifs aux mêmes reliques renfermées jadis dans la châsse , procès-verbaux que les sieurs Foumîer et Lhommais leur dirent avoir été enlevés et supprimés par ordre de la municipalité. Ce procès-verbal s'accordait parfaitement avec les témoignages reçus les 11 et 12 du même mois , et confirmait puissamment là vérité des reliques de saint Martin soumises à l'examen des commissaires. Ils décidèrent donc qu'une copie entière en serait extraite du registre et annexée au procès-verbal de reconnaissance.
Enfin, statuant sur l'objet de leur examen, les commissaires déclarèrent que la preuve résultant des pièces à eux présentées et des dépositions des témoins par eux entendus, était suffisante pour en constater sans aucun doute l'identité -, qu'en conséquence, il y avait lieu de permettre de les exposer publiquement à la vénération dés fidèles. Aussitôt ils rendirent leurs hommages religieux à ces saintes et précieuses reliques en les baisant respectueusement et les présentant à baiser à tous les assistants.
Les reliques furent ensuite placées dans un reliquaire doublé de velours cramoisi, sculpté et doré dans ses deux montants, surmonté d'une petite statue d'évêque en bois doré, ayant une vitre dans toute la face antérieure. Les Gdrdonnets d'or qui tenaient la relique attachée, et dont les extrémités étaient passées derrière le reliquaire furent scellés en cire rouge du sceau du cardinal.
De tous ces faits, les commissaires de son éminence, dressèrent procès-verbal en présence de MM. Joseph Geslin, sous-diacre, Guillaume Beaufils, prêtre; François Dumond, pnHre; Louis-Auguste Bounult, prêtre; Abel-Philippe-Cuil-
laume Denis, diacre; ToussaintrJoachim Jahan, prêtre; Pierre-Henri Dunoyer, prêtre; Toussainl-Charles-Françms Bodinenu, prêtre; Joseph Moulin, prêtre; Joseph-Jacques Martin-Moreau , prêtre ; Pierre Le Taillandier , prêtre ; tous anciens chanoines prébendes de TÉglise de Saint-Martin de Tours; Mathurin Papin, prêtre, ancien chanoine semi-prébendé de la même église; Jean-François Vasseur; Jean- Baptiste Mandreville, André Fournier, orfèvre; Martin Lhommais , ancien clerc de Vœuvre de Saint-Martin ; François Carré, ancien bâtonnier de Saint-Martin; Marie-Madelefaie Brault, femme dudit Carré; Pierre-Denys Machillot, prêtre, Jean-Baptiste Chichereau , sculpteur-doreur et Alphonsine- Victoire-Rodolphine Normand , qui signèrent avec les com missaires.
A cet instant le cardinal-archevêque parut, et les anciens chanoines prébendes de Saint-Martin manifestèrent hson émînence le désir ardent dont ils étaient pénétrés et Tespérance qu'ils ne pouvaient perdre que Dieu , dans sa grande miséricorde , en consolidant le rétablissement dé la religion en France , permît Térection en cette ville de Tours d'un nouveau temple dédié spécialement l\ l'honneur de Saint-Martin et rétablissement d'un clergé appliqué à son culte. Ils la supplièrent donc que, dans ce cas, elle consentît que la relique du chef de Saint- Martin, dont rauthentieité venait d'être heureusement reconnue, fût rendue a cette église et a son clergé. Le cardinal donna son consentement ii cette demande, a condition que la moyenne des trois portions déposées dans le reliquaire qui venait d'être scellée, serait alors laissée à l'église cathédrale dans laquelle il allait être placé et conservé.
La dernière pièce concernant celte reconnaissance des reliques du saint pontife est une ordonnance de son succesîseur le cardinal, pour déclarer Tauthenticité des reliques de
saint Martin, et permettre qu'elles soient exposées publiquement h la vénération des fidèles. Cette ordonnance datée du 19 novembre 1803 se termine ainsi : « Nous ordonnons qu'aujourd'hui samedi, veille de la fête solennelle qui doit être célébrée en son honneur , elles seront portées processionnellement dev.'>nt nous et déposées dans notre église cathédrale, sur Tautel que nous avons permis d'y élever provisoirement sous l'invocation de saint Martin. »
Cependant, coniinc aux premiers temps du christianisme, la piété avait transformé à Tours une simple maison en chapelle où les fidèles invoquaient saint Martin. Prosterné aux pieds des autels, l'un d'eux crut y recevoir Tordre de relever son temple. Fortement poursuivi par cette pensée , il en fit part h monseigneur du Chilleau, archevêque de Tours en 1817. Le prélat s'empressa d'accueillir ses vœux et, dès qu'un premier registre eût été ouvert pour cette pieuse entreprise, s'y inscrivit pour une somme très-considérable. Un grand nombre d'habitants imitèrent cet exemple et firent inscrire leurs offrandes, soit pour une somme fixe une fois payée, soit pour une somme annuelle. Des ouvriers de tous états offrirent, les uns leurs épargnes, les autres un certain nombre de journées. Les sommes recueillies par cette association spontanée devaient être employées, soit pour le rétablissement entier de la magnifique église, soit pour la construction d'un temple moins considérale rattaché à la tour de Charlemagne ou placé dans le voisinage sur un terrain libre , soit enfin pour une chapelle. Dans tous les cas le tombeau de saint Martin eût été relevé. Ses reliques y eussent été replacées et les saints mystères y auraient pu être célébrés. Les choses étaient en cet état en 1822. Nous ne savons pourquoi la réalisation a manqué à ces précieux projets. Toujours est-il que le lieu où fut le glorieux tombeau était
et est encore livré à la voie publique; mais à Theure où la nuit mettait fin à cette profanaion, les amis de la religion allaient naguères y verser des larmes.
En 1827 feu monseigneur de Montblaa&> arctaevêqme de Tours, fit un voyage à Rome, od le nom Je saint Martin le rendit l'objet d'un respect particulier. Présenté au saint père, il s'agenouillait devant lui, quand celui-ci Tattira sur son sein, la seule place, dit-il, qui convint au sueeesseur de saint Martin.
Le 31 octobre 1828 le même prélat voulut extraire les reli-, ques de son glorieux prédécesseur, de la châsse où elles avaient * été en dernier lieu renfermées et les fit placer dans un reliquaire de ferblanc peint en rouge, qui fut renfermé lui-même dans le socle d'un buste de saint Martin, où elles se trouvent encore aujourd'hui. Le procès-verbal de cette cérémonie porte entre autres signatures, celle de François Dumond, chanoine de* l'ancien chapitre de Saint-Martin.
Enfin , une nouvelle et dernière reconnaissance des ossa^i ments sacrés eut lieu le 12 août 1843. Quelques légers^ fragments du chef de saint Martin furent alors distraits, et l'on mit en réserve la poussière que la scie fit tomber, pour, à l'occasion, pouvoir enrichir d'autres églises de ces vénér râbles reliques. On jugea préférable de ne plus exposer enveloppées d'aucune étoffe ces reliques à la vénération des fidèles, mais de les renfermer dans la châsse, à découvert autant qu'il fut possible. En conséquence , on plaça sur un coussin en drap d'or, posé dans la châsse, l'os du 'bras, le grand morceau du crâne et les autres recouverts par celui-ci. Tel estle dernier acte officiel concernant les reliques de saint Martin.
Nous allons en reproduire un autre qui, pour n'avoir point ce caractère, n'en est pas moins édifiant. Il montrera la dévotion pour le grand saint dans le cœur d'un de ses fils.
Voici ce qu'écrivait, le 11 novembre 1845, à run de ses amis de Tours , un jeune religieux.
« C'est aujourd'hui la fête du grand Saint-Martin. J'ai choisi ce jour pour vous répondre , parce que les sentiments de vénération et d'amour que m'inspire une mémoire si glorieuse pour notre vieille France et la Sainte-Église , s'associaient tout naturellement à ceux que mon cœur qui ne vous oublie pas ne cesse de ressentir pour vous. Vous voilà comme le gardien de ce saint tombeau auquel , autrefois , accouraient en foule de tous les côtés du monde tant de pieux pèlerins. A l'ombre du grand évêque des Gaules , vous étudiez la science des saints , recueillant le doux parfum qu'exhale encore , après quatorze siècles, l'empreinte ineffaçable de ses pas. En priant saint Martin , souvenez-vous de moi : il a été le père des religieux, demandez -lui qu'il m'instruise comme son enfant. Qu'il m'obtienne du Christ Jésus, son bien-aimé Maître , un peu de cette charité ardente qui brûlait son cœur , de son zèle pour la défense et la gloire de la sainte Église, de sa patience, de la douceur qui le fit tant aimer et par laquelle il triompha sî miséricordieusement de saint Brice, comme vous aimiez tant a me le raconter. Hélas ! pauvres chrétiens , que nous sommes loin des vertus de nos pères ! Pouvons-nous , sans rougir , nous souvenir que nous sommes leurs enfants ? »
Le même jour oii arrivait à Tours cette pieuse et touchante épitre , nous lisions , non sans émotion , dans un journal * , la nouvelle suivante :
« Mardi, 11 novembre, la société Fraternelle-Militaire, sous l'invocation de saint Martin , a fait célébrer dans la cathédrale de Saint-Louis , à Versailles , une messe en musique en l'honneur de son patron et d'après l'article 24 de ses statuts*